Pages Menu
RssFacebook
Categories Menu

Posté le 20 mai 2009 dans Tendance

Bientôt un brevet fédéral de sommelier?

Bientôt un brevet fédéral de sommelier?

Un «brevet fédéral»
de sommelier sur les rails
Enfin ! Dix ans après sa fondation, l’Ecole du Vin de Changins prend le leadership pour la reconnaissance d’un brevet fédéral de sommelier.
Pierre Thomas
Actuellement, aucune formation du service des vins n’est reconnue au niveau suisse. Seule exception, un brevet cantonal tessinois délivré par l’Ecole supérieure d’hôtellerie et de tourisme de Bellinzone. L’Association suisse de la sommellerie professionnelle (ASSP) avait organisé, ces dernières années, en Suisse romande, une formation ad hoc, conduite par Myriam Broggi. 56 personnes ont obtenu ce diplôme de «sommelier ASSP».
Mais cette année (2009), le cours n’a pas eu lieu, faute de la douzaine d’inscriptions minimum. L’ASSP s’est donc approchée de l’Ecole du Vin de Changins, la filière non-professionnelle de la haute école fédérale. Celle-ci dispense, depuis dix ans exactement, pas moins de 42 modules de cours. En dix ans, un peu moins de 2'000 personnes les ont suivis… et dégusté de façon analytique quelque 10'000 vins. Un tiers des participants sont des professionnels, certains en reconversion entre deux emplois, et les autres des amateurs qui sont curieux d’apprendre à connaître les vins par la dégustation.
Des diplômes non reconnus
En 2008, sur 213 participants, 33 ont obtenu un diplôme sans reconnaissance officielle. Ces «papiers» sanctionnent cinq formations, de la dégustation de base (160 heures de cours) au commerce des vins (324 heures), en passant par la sommellerie de base (416 heures) et un cours de perfectionnement en sommellerie. Ce dernier diplôme peut s’obtenir moyennant un important investissement en temps (520 heures de cours) et en argent (près de 20'000 francs), certes échelonné dans le temps…
Selon Conrad Briguet, directeur de la Haute école spécialisée de Changins, la nouvelle formation pourrait être sous toit d’ici deux ans. «Le dossier devrait être bouclé pour novembre de cette année.» Outre l’ASSP, Hôtel & Gastro Formation est impliquée. Il s’agira de définir si la nouvelle formation nécessite comme prérequis un certificat de formation (CFC) ou si, comme pour les paysans, le brevet fédéral peut être obtenu sans passer par une filière préalable.
Changins s’était du reste approché de la plate-forme nationale (Agrialiform) qui pilote toute la formation de la branche agricole, y compris les viticulteurs et les cavistes. Mais comme tout ce secteur est en pleine mutation pour le 1er septembre 2009, c’est Hôtel & Gastro Formation qui va travailler sur le règlement de base et le plan d’études, à soumettre à l’Office fédéral de la formation et de la technique (OFFT), cet automne.
Un brevet fédéral à valoriser
D’ici là, les étudiants de l’Ecole de vin de Changins devrait pouvoir être admis aux examens du brevet cantonal tessinois — des examens passés en français, s’il y a suffisamment de candidats. Que le Tessinois Gianni Moresi soit président du conseil de fondation de l’Ecole de Changins et directeur adjoint de la formation professionnelle du canton du Tessin n’est pas étranger à la relance de ce dossier.
Reste à savoir si les titulaires du futur brevet fédéral pourront valoriser leurs connaissances dans un emploi, auquel cas le métier de «sommelier» devrait être couvert par la convention collective (CCT). On observera que la plupart des restaurants gastronomiques suisses, quand ils ont recours à un sommelier à part entière, engagent des ressortissants français, formés dans des écoles hôtelières, dont celle de Tain-l’Ermitage, reconnue en sommellerie. Il y a donc une tendance à inverser pour permettre à des Suisses ou des résidents en Suisse d’accéder à un métier exigeant et passionnant, enfin reconnu au niveau fédéral.
Ce que, soit dit en passant, les journalistes professionnels n’ont pas encore obtenu…

Paru dans Hôtel Revue du 28 mai 2009.