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L’état des chantiers ouverts

Avant les concours Mundus Vini, ces jours dans le Palatinat allemand, puis les Vinalies internationales à Paris, à fin février, j’ai pris le temps d’aller à Vérone, qui fêtait les 50 ans du nom de l’Amarone, la poule aux œufs d’or de la Valpolicella (article à venir), et aux Anteprime du Chianti Classico, à Florence (commentaires ici).

On a eu la confirmation de la très petite année 2017 en quantité, où les Valaisans ont moins produit de vins que les Vaudois, pourtant sur 1100 ha de moins. Au total, la Suisse affiche 79 millions de litres. C’est 28% de moins que l’année précédente (même baisse dans le Chianti Classico!). Et surtout plus de 20 millions de litres de moins que la consommation de vin suisse en Suisse, bon an, mal an

Pas de stocks, donc, et les temps paraissent propices pour ouvrir le chantier du passage des AOC modèle suisse aux AOP-IGP eurocompatibles. A en juger par un débat lors d’Agrovina à Martigny, les réticences paraissent nombreuses et le chantier, avec mise en pratique à l’horizon 2022, paraît mal parti… (article à venir). En obligeant les interprofessions à se prendre en charge elle-mêmes, ces nouvelles AOP permettront des recours: un exemple aux portes de Genève. Où la petite appellation Cerdon a obtenu que la Clairette de Die n’existe pas en rosé!

Autre dossier épineux, l’usage des pesticides dans l’agriculture et la viticulture. Une initiative populaire fédérale vise à les interdire, mais à moins de 2 mois des 18 mois de récolte de signatures, elle doit encore en obtenir près de 30’000 d’ici fin mars. Et c’est le samedi 10 mars que le premier salon de vins nature aura lieu à Fribourg: quatre domaines suisses contre autant de domaines auvergnats et davantage de français que d’italiens. Comme si, là aussi, les producteurs suisses avaient un coup de retard! Mais au fait, ça a un goût, les pesticides dans le vin? C’est ce que prétend un petit livre rouge… explosif!

Juste avant Noël, on a appris que le nouveau président de Swiss Wine est un homme du tourisme, le Fribourgeois Pierre-Alain Morard, 51 ans, directeur de l’UFT, et que le successeur de Pierre Keller, 73 ans, à la présidence de l’Office des vins vaudois sera un homme de l’hôtellerie, Michel Rochat, 61 ans, directeur général de l’EHL.

La (petite) Suisse qui n’exporte qu’1  % de sa production, veut faire parler d’elle sur la scène internationale: à Pékin en mai prochain, le Concours mondial de Bruxelles devrait annoncer que le CMB, se tiendra à Aigle en 2019. Et Lausanne est candidate à rejoindre le cercle très fermé de la douzaine de «capitales du vin» — une seule ville par pays!

Bonne lecture!

 

Pierre Thomas, journaliste indépendant (d’esprit!).