Pages Menu
RssFacebook
Categories Menu

Vins suisses: une vision plus large

2017 aura été, sous réserve de chiffres définitifs, l’année où les moins de 15’000 hectares du vignoble suisse auront produit le moins de vin, la faute au gel, à la grêle localisée et à un été aride. La production annuelle ne devrait pas couvrir la consommation des vins à 99% en Suisse — soit une part de marché autour de 35%. Pour une exportation à un petit pour-cent…

Il n’empêche, la Suisse veut faire parler d’elle sur la scène internationale: à Pékin en mai prochain, le Concours mondial de Bruxelles devrait annoncer que le CMB, se tiendra à Aigle en 2019. Et Lausanne est candidate à rejoindre le cercle très fermé de la douzaine de «capitales du vin» — une seule ville par pays!

En cette fin d’année, les palmarès et concours continuent de livrer leur verdict. Le Schweizerische Weinzeitung publie la liste de ses 100 «plus jolis vins de Suisse». Le gagnant de l’année, le Castello Luigi, de Zanini, vient, coïncidence, de passer sous le contrôle de Transgourmet, une société du groupe Coop. Il faut dire que 2015 est un millésime d’anthologie pour le merlot du Tessin. Coop est aussi un gros client de la ligne Bibacchus, des Celliers de Sion, qui viennent d’inaugurer aux portes de la capitale valaisanne, un «œnoparc» didactique.

Les Valaisans viennent de désigner leurs «étoiles» pour 2017. Un cornalin brille au firmament! Et les Vaudois avaient désigné leur meilleur chasselas, Lauriers de Platine de Terravin. Auparavant, au Grand Prix du Vin Suisse, les frères vaudois Dutruy, installés à Founex dans une cave (presque) toute neuve, s’étaient parés du titre envié de «Cave de l’année».

En Valais encore, le Clos de Tsampèhro, symbole d’une forme de nouvelle viticulture où un citadin fortuné investit dans les coteaux, se renforce. Il est aussi un exemple de la «prémiumisation» des vins rouges suisses, avec quelques autres, entre Valais et Tessin. Et Paolo Basso nous donne son avis sur les vins suisses chers.

L’actualité est aussi intense autour des grandes tables: Frank Giovannini a été élu «chef de l’année» par le guide GaultMillau 2018 — il figure au 5ème rang mondial dans La Liste.

Et si vous avez un livre à mettre sous le sapin, le dernier opus de José Vouillamoz docteur en génétique… viticole, consacré aux cépages (vraiment) suisses vous apprendra deux ou trois choses à savoir avant de boire un verre d’amigne, d’arvine, de diolinoir, de galotta. Ou de Divico, cépage passionnant de l’avenir sans traitements phytosanitaires!

Enfin, je reviens des montagnes du Tibet, dans le Yunnan chinois, où je suis allé voir comment le groupe LVMH produit un vin rouge de luxe à 2400 m. d’altitude, Ao Yun, dans le paradis éternel de Shangrila: les vendanges s’y sont terminées le 22 novembre, «témoin d un millésime humide, frais et tardif», nous dit Maxence Dulou, l’œnologue responsable de cet audacieux projet.

Bonne lecture et en route pour les fêtes de fin d’année!

Pierre Thomas, journaliste indépendant (d’esprit!).