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Posté le 24 octobre 2005 dans Vins suisses

Champions suisses 2005 privés de note!

Champions suisses 2005 privés de note!

Vins suisses — Concours national 2005
Des champions privés de note
Samedi 21 octobre 2005 à Berne, à la Berner Weinmesse, a eu lieu la distribution des prix du Concours national des vins. Surprise : un seul vainqueur par catégorie. Et Swiss Wine Communication refuse de révéler les pointages des 300 meilleurs vins du pays. Le titre de champion va à un gewurztraminer genevois.
Berne, Pierre Thomas
En principe, une telle compétition devrait avoir lieu tous les deux ans. Le Grand Prix du Vin suisse, l’an passé, s’était terminé par un gala, organisé à Berne par le magazine Vinum. Une liste des vins primés, sans note ni commentaire, avait été publiée par le «Guide des vins suisses», un répertoire officiel des encaveurs suisses. L’exercice sera reconduit l’an prochain, selon un calendrier serré : les vins sont dégustés trop tôt dans l’année!
Eviter les comparaisons
En 2005, Swiss Wine Communication, l’organisme chargé de promouvoir les vins en Suisse et à l’étranger, sous le contrôle de l’Interprofession suisse du vin, a relancé la lourde machine. Près de 3000 vins ont d’abord été dégustés dans les régions, qui ont envoyé 998 vins, «ambassadeurs régionaux», devant un jury national, siégeant à Sierre en début d’été. De cette dégustation sont sortis quelque 300 vins pointés à plus de 87,5 pts sur 100. Ce sont les «ambassadeurs nationaux», qui serviront, en priorité, à la promotion des vins suisses. Restait à couronner les meilleurs. Le suspense a duré jusqu’à hier… L’an passé, Vinum avait fait redéguster les meilleurs vins pour désigner finalement 48 vainqueurs. Cette année, Swiss Wine Communication a préféré la formule «un devant, tous derrière». Son directeur, Jürg Bussmann, s’en explique : «Nous voulons éviter les comparaisons de points. Chaque dégustation, au niveau régional et national, a lieu dans son contexte. Comme dans tous les concours, il y a une part de subjectivité.» Mais chaque producteur a reçu la note des vins qu’il a présentés…
«Un nivellement par le bas»
Le fait est qu’aucun champion suisse ne s’était imposé auparavant dans sa propre région (lire ci-contre). Absent de Berne, le directeur de l’Interprofession de la vigne et du vin du Valais, Pierre Devanthéry, regrette la manière de présenter les résultats du concours national : «C’est un nivellement par le bas, une standardisation du goût, puisqu’on prétend que tous les vins sont égaux sur un seul large podium. On se moque des vignerons qui ont payé pour participer. Dommage pour les artisans qui essaient de donner le meilleur d’eux-mêmes à la vigne et en cave.» Bref, on fera mieux la prochaine fois, pour la crédibilité des vins suisses.

Les champions suisses 2005
*Chasselas (68 classés, dont 50 vaudois)
Dézaley Les Embleyres 2004, les Fils Rogivue, Chexbres (VD)
A la dégustation régionale Office des vins vaudois-Guillon (OVV-Guillon), ce vin a été noté 87,8 points, au-delà du cinquantième rang des chasselas vaudois, loin derrière l’Yvorne de Charly Blanc et fils (96,8 points), qui, lui, ne figure pas parmi les ambassadeurs du vignoble suisse. Il reste un tiers des 7'000 bouteilles, 17,10 fr. Attention, en 2005, à cause de la grêle du 18 juillet, 30% de la récolte seulement !

*Assemblages blancs (1 seul classé !)
Aagne 2004, Pinot blanc et chardonnay, Erich et Irma Gysel, Hallau (SH)
Si les pinots noirs de Schaffhouse ne sont guère présents dans leur catégorie, l’unique assemblage blanc classé parmi les 300 meilleurs vins suisses vient de Hallau…

*Spécialités blanches (38 classés)
Viognier 2004, Pierre-Maurice Caruzzo, Chamoson (VS)
A obtenu un Nobilis d’argent en Valais. Le seul viognier au palmarès du concours national et une première pour cet encaveur de Chamoson. Ce cépage de la vallée du Rhône, d’implantation récente en Suisse romande, très aromatique dans sa jeunesse, s’impose au nez et à la barbe des petites arvines, amignes, humagnes blanches, etc. 1'000 bouteilles (il en reste un peu…), 14 fr.

*Vins blancs demi-secs (7 classés)
Petite Arvine 2002, Le Banneret, Jean-Charles Maye, Chamoson (VS)
Une authentique vendange tardive, récoltée à mi-décembre, puis laissée en barriques durant trois ans. Donc un liquoreux, classé par erreur dans cette catégorie ! 1000 demi-bouteilles (il en reste un peu…), 35 fr. les 37,5 cl.

*Vins blancs doux (13 classés)
Gewurztraminer 2003, Maurice Dupraz, Vignoble de l’Etat, Lully (GE)
Un vin liquoreux issu de raisins séchés sur paille (passerillé). Ce vin s’était vu voler la politesse par un vin doux obtenu par concentration mécanique, aux Sélections de Genève. C’est aussi le vin suisse le mieux noté du concours national (95,6 points, mais ne le répétez à personne !), et donc «Prix spécial». 500 bouteilles, 26 fr. les 50 cl. Epuisé.

*Pinots noirs (63 classés)
Pinot noir 2004, Cave du Paradou, Nax (VS)
Ce petit domaine cultive 4 ha de vignes et produit une trentaine de vins ! Son pinot noir, cultivé entre 700 et 900 m., a obtenu un Nobilis d’Or en Valais. Dans cette catégorie, les vins (réputés) de Schaffhouse et des Grisons sont quasi absents. 6'000 bouteilles, 10 fr. Epuisé.

*Spécialités rouges (38 classés)
Gamaret 2004, Cave du Paradou, Nax (VS)
Coup double pour ce propriétaire valaisan, chercheur à Changins, Jean-Laurent Spring, et son œnologue d’origine péruvienne, Augusto Magallanes, en Suisse depuis 16 ans. Ce gamaret lui a valu un Nobilis d’argent en Valais. A Berne, ex-aequo avec un gamaret tessinois. 2000 bouteilles, 13,50 fr. Epuisé.
Ex-aequo : Costa da Ranch 2003, DOC Ticino, Latini SA, Tremona (TI)
Peut-être le seul pur gamaret tessinois, élaboré par un vigneron original, Edoardo Latini, également président des vignerons de Monte San Giorgio, une curiosité géologique inscrite au Patrimoine universel par l’UNESCO.

*Gamays (15 classés)
Gamay Crescendo 2003, d’Alain Rolaz, à Gilly (VD)
Consécration pour un des meneurs de la «marche des tracteurs» des vignerons romands en colère sur Berne en septembre 2001. Son gamay en barriques a obtenu 91,2 points à l’OVV-Guillon, soit le 4ème rang du canton. 1300 bouteilles, 16 fr. Epuisé.

*Merlots (19 classés)
Lénéo Riserva 2002, Fratelli Corti, Balerna (TI)
C’est sans beaucoup d’illusions que Nicola Corti, œnologue formé à Changins, avait envoyé tant au Concours national qu’à Expovina, cette année, cette réserve 2002, millésime moins riche que 2003. Eh bien, ce merlot longuement cuvé dans le bois (25 jours), puis élevé en barriques neuves durant plus de deux ans (25 mois) est sorti champion suisse et a fait le meilleur score des merlots tessinois à Zurich ! Le 2003, au nez kirsché, très rond, aux tanins fondus, mais à la matière riche, sera prêt pour Arvinis à Morges, au printemps 2006, où les Corti rencontrent leur clientèle romande…

*Assemblages rouges (29 classés)
Le Jardin Secret 2003, Alain Neyroud et Gianni Bernasconi, Chardonne (VD)
A l’OVV-Guillon, cet assemblage de gamaret, garanoir, merlot et diolinoir, élevé en barriques a été noté 90,7 points (9ème du canton). Beau-père et beau-fils cultivent 5,5 ha, durement frappé par la grêle (500 litres de vin rouge d’assemblage en 2005 !). Cette cave a obtenu le Prix Vetropack 2002 et a mis à disposition des autres vignerons du village une bouteille exclusive, fabriquée à Saint-Prex (VD), appelée à contenir les têtes de cuvée de Chardonne. 2500 bouteilles (il en reste 300), 19 fr.

*Vins rouges «spéciaux» (4 classés)
Doina 2000, vin de dessert rouge, Fredi Clerc, Nuolen (SZ)
La surprise schwytzoise du concours : un vin muté («vin de liqueur») dans une catégorie confidentielle… Et une manière d’inclure la Suisse centrale à cette revue des vins suisses, cuvée 2005.

*Liste complète des vins sur www.swisswine.ch