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Posté le 17 juin 2013 dans Récemment dégusté

Valaisans hors de leur pré carré

Valaisans hors de leur pré carré

On a lu, naguère, dans une brochure du Somontano, région viticole récente du pied des Pyrénées, versant espagnol, que seuls la Californie et le Valais présentaient des similitudes de climat si propices à l’épanouissement de la vigne. A Fribourg, à l’occasion du dernier «marché aux vins» de la Charte Saint-Théodule et de l’Union des vignerons-encaveurs du Valais, on a dégusté plusieurs vins intéressants de cépages dits internationaux. Notre sélection… à la volée.

Chez Dominique Passaquay, de Choëx, mais qui cultive la plupart de ses vignes à Saxon, sur la rive gauche du Rhône (la moins ensoleillée, donc…), les vins sont souvent originaux. Ainsi le pinot blanc 2012, au nez floral, vif, un peu amylique, avec une légère amertume finale, moins flatteur que l’excellent viognier 2012, au nez d’abricot, de pêche de vigne, vif, frais, avec une finale saline. Des blancs sans malo, comme le chardonnay 2011, vanillé au nez, gras, avec une touche mentholée. Au fond, le gamay est aussi un cépage international ! La sélection de vieilles vignes de plus de 45 ans d’âge, 2012, avec son nez un rien viandé, est fraîche, avec de la mâche, et une corbeille de fruits rouges croquants. Qu’ils soient en version cuve (2012) ou barrique (2011), les pinots noirs expriment une belle fraîcheur, sur des arômes, intenses, floraux, de framboise, et un peu d’épices, et un très joli vanillé pour la version fût de chêne. Deuxième millésime du vigneron-œnologue, le merlot 2011 exhale des arômes puissants de café ; rond à l’attaque, il est bâti sur la fraîcheur et l’acidité, avec un joli grain tannique.

Plus haut dans la vallée du Rhône, et du bon côté (droit), le Sierrois Maurice Zufferey est un des vignerons valaisans les plus solides. Le Müller-Thurgau est-il un cépage international ? Sans doute, et exotique en Valais, marié avec du sauvignon et du pinot gris, pour l’assemblage Zirouc 2012, avec un nez floral et légérement fermentaire, du fruité, de la fraîcheur et une bonne acidité. Maurice Z. (il ne faut pas confondre les Zufferey: le prénom les distingue!) signe un chardonnay réputé, Les Glariers (2011), au nez toasté, puissant, avec du gras, mais le boisé est loin d’être fondu… Gamay pur, en 2012, Les Tsans, épicé, gras, souple, à la fois tendu et amène, un bien joli vin ! Comme ce pinot noir 2011, Clos Combettaz, à la belle trame, gras, frais, avec une finale légérement toastée, sur la fraise bien mûre. Depuis peu (2006 quand même…), le vigneron produit une syrah : la 2011 est expressive, florale, avec du genièvre, de la viollette, du poivre, d’une grande élégance, sur des tanins fermes et fins. En 2011, son assemblage Orchis 2009, créé avec Jacques Perrin, du CAVE à Gland, Sierrois d’origine, avait remporté la palme du vin le mieux noté au Grand Prix du Vin Suisse à Sierre, avec 94,6/100 (le GPVS ne donne jamais l’information, un peu comme si vous aviez une amende pour excès de vitesse, mais ans qu’on vous communique à quelle vitesse vous rouliez…). La version 2011 est complexe, sur les fruits rouges, bien représentative du style de la cave, qui préfère l’élégance, les tanins fermes mais fins, la buvabilité. Bien malin devinerait les composantes de l’assemblage — signe d’un mariage réussi… entre le merlot, la syrah, l’humagne, le cornalin et le pinot noir.

Retour au centre du Valais, à Pont-de-la-Morge, chez Thierry Constantin, avec une belle syrah 2010, l’Odalisque, qu’on pourrait placer en Saint-Joseph, voire en Côte-Rôtie jeune sans rougir : beau nez bien ouvert, belle matière suave, sur des tanins serrés, avec une finale poivrée à souhait. Joli assemblage Les Bacchanales 2010, 85% merlot, 15% cabernet, souple, avec une touche de cabernet perceptible, et une finale sur la fumée froide. Pour se refaire la bouche, on a terminé avec un Sauvignon blanc 2011 d’Henri Valloton, de Fully, élevé en barriques, un très joli vin blanc qui plaît hors de la Suisse, mentholé, frais et très joliment construit… Jolie humagne rouge 2012 des Follaterres: zut, cette fois, ça n’est pas du tout un cépage international, pas plus que le magnifique cornalin (cuve ou barrique) de Maurice Zufferey!

©thomasvino.ch