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Posté le 24 février 2016 dans Tendance

Quand la Bourgogne brave l’Engadine

Quand la Bourgogne brave l’Engadine

Deux fois par année, l’hiver et l’été, depuis quinze ans, l’historique hôtel Waldhaus, de Sils, invite des vignerons à présenter leurs crus. Mi-janvier, une douzaine de Bourguignons avaient rallié l’Engadine en affrontant, pour certains, une tempête de neige sur le Jura (français).

Par Pierre Thomas, de retour de Sils-Maria.

L’alchimie fonctionne depuis quinze ans, entre l’hôtelier Felix Dietrich et Stefan Keller, journaliste zurichois, fondateur de la Mémoire des vins suisses (projet dont il s’est retiré). «Je me souviens que lorsque j’ai succédé à mon beau-père, il y a quarante ans, nous avions encore nos propres tonneaux à la cave», rappelle Felix Dietrich. Dans la cave de l’établissement, construit en 1908, sommeillent 30’000 bouteilles sous 500 étiquettes différentes, mises en valeur par le fils aîné, Claudio Dietrich, 38 ans, et le sommelier Oscar Comalli, originaire de Chiavena, outre-Maloja, sur le versant italien. «Aujourd’hui, les vins suisses, particulièrement des Grisons et du Tessin, sont très apprécié de la clientèle, notamment étrangère. Surtout quand on peut raconter l’histoire de ces vins, d’où l’importance de connaître les vignerons», commente Felix Dietrich.

Le bourgogne: bon pour le collectionneur…

Et le bourgogne, alors? «Sur une carte de restaurant, ces vins sont devenus trop chers. Ce sont des bouteilles d’investisseurs ou de collectionneurs. On en boit moins, aussi en Engadine», confie l’hôtelier. C’est dire que l’opération ressemblait à une réhabilitation, montée par Stefan Keller, avec l’aide de passionnés, comme Patrick Mayer, un importateur qui sélectionne ses producteurs sur place, et l’Anglais Paul Liversedge, second Master of Wine installé en Suisse.

Après une dégustation libre, qui rassemblait des clients de l’hôtel, mais aussi des restaurateurs de Saint-Moritz et quelques people incognito (et même un ancien conseiller fédéral zurichois), les producteurs sont passés à table, avec leurs bouteilles. Chaque table ronde de ce repas de gala accueillait un vigneron et un journaliste et une demi-douzaine d’hôtes. Venu en voiture de Meursault, Dominique Lafon, une des icônes de la Bourgogne, se félicitait de cette occasion de rencontrer des amateurs de vins : «Trop souvent, à Paris ou ailleurs, je me retrouve dans un milieu rôdé de professionnels.» Entre un Berlinois très soucieux de savoir comment se transmet le goût du (et dans le…) bourgogne, et un Parisien d’origine anglaise, qui avait aussi fait venir ses deux jeunes fils passionnés de grands crus, la discussion fut à bâtons rompus. Avec l’appréciation dans la plus joyeuse convivialité de quelques flacons mémorables.

Au programme à venir du Waldhaus, une dégustation et un dîner de gala autour des vins du Tessin, le 22 août 2016, puis, en hiver, les meilleurs vins portugais — trop méconnus dans la gastronomie! — et, l’été 2017, une sélection des meilleures «femmes du vin» de toute la Suisse.

Paru dans Hôtellerie & Gastronomie Hebdo du 24 février 2016.

©thomasvino.ch