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Posted on 21 janvier 2021 in Actus - News

L’AOC Champagne déboutée!

L’AOC Champagne déboutée!

L’idée d’introduire une AOC Champagne dans la législation viticole vaudoise a été déboutée par la Cour constitutionnelle cantonale, en avril 2021. Une telle proposition, retenue par le Gouvernement est contraire aux accords bilatéraux, qui assurent aux champagnes français “une protection exclusive”. Un recours peut être interjeté au Tribunal fédéral.

La «Commune de Champagne», uniquement pour le chasselas en vin tranquille, aurait pu avoir droit à son AOC propre, selon le projet de règlement des vins vaudois du 13 janvier 2021. L’acte n’aurait dû avoir aucune influence, aussi longtemps que le conflit entre la France et la Suisse à propos du mot «champagne» ne soit tranché…

En 2009, les AOC communales vaudoises étaient supprimées, remplacées par six AOC régionales (Chablais, Lavaux, La Côte, Côtes-de-l’Orbe, Bonvillars et Vully), puis Dézaley Grand Cru et Calamin Grand Cru sont venus s’ajouter à cette liste. Aujourd’hui, c’est la «Commune de Champagne», pour le seul chasselas non mousseux, avec une exigence de teneur en sucre minimale identique aux AOC Bonvillars, Côtes-de-l’Orbe, Vully et La Côte (64 degrés Oechslé). Toutefois, le chasselas de Champagne doit être récolté exclusivement sur la commune et ne peut être coupé (comme pour les deux Grands Crus, Dézaley et Calamin). Le Chablais et Lavaux sont à 1 degré de plus (65) et le Dézaley et le Calamin Grands Crus à 71 degrés Oechslé. Les vins en AOC «Commune de Champagne» doivent (ou plutôt devraient…), en outre, comporter la mention «vin suisse» dans le même champ visuel que celui de l’appellation, précise le règlement amendé.

A Champagne, le chasselas ne représente que 5,3 ha (20% de la surface), contre 9,5 ha de pinot noir et 7 ha de gamay, 2 ha de gamaret et 1 ha de garanoir, soit une majorité de 75% de rouge, qui a droit à l’AOC Bonvillars. Au quotidien 24 heures, l’ancien préfet Albert Banderet a déclaré: «Nous devons faire admettre cette AOC au registre fédéral (réd: en principe, les cantons sont souverains pour les AOC…). (…) Puis nous irons à Bruxelles invoquer l’article 22 de l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) et l’exception d’homonymie. Je suis confiant: notre action se base sur un droit qui existe!»

La bisbille franco-française de la Côte-Rôtie

Le monde des appellations est très susceptible! L’excellent magazine Bourgogne Aujourd’hui, dans son numéro 157 de février 2021, rappelle la bisbille qui oppose le cru Saint-Véran (50 ans cette année), voisin de Puilly-Fuissé, et l’appellation star des Côtes-du-Rhône septentrionales. A main gauche, un «climat» (qui pourrait devenir un 1er cru…) La Côte Rôtie, 11 ha, plantés en chardonnay. A ma droite, l’AOC Côte-Rôtie, 280 ha, plantés en syrah (et un peu de viognier en complantation). Un blanc, un rouge, pas de confusion possible! Le climat de Saint-Véran figure sur une carte du cadastre de 1830, l’AOC Côte-Rôtie fait remonter l’origine de son vin, le Vinum pitacum à Pline l’Ancien et Columelle… Réputé dès le Moyen-Age, le vignoble aujourd’hui le plus prestigieux des Côtes-du-Rhône septentrionales a été «ressuscité» dès les années 1970. Il ne produit que du rouge. Malgré une étude produite par un spécialiste du droit européen, qui affirme le bien-fondé de l’utilisation du nom par les vignerons de Saint-Véran, l’organisme qui chapeaute les AOC, l’INAO, a sommé «les vignerons bourguignons de cesser toute revendication du nom de climat», écrit le magazine. Les Bourguignons ont demandé une nouvelle étude à des spécialistes des AOC. Cinq vignerons mentionnent le nom de ce climat sur leurs étiquettes. «L’enjeu n’est pas économique, mais symbolique et il est dans l’ADN de la Bourgogne. Avec la Côte-Rôtie, nous ne souhaitons pas voir disparaître pour des raisons très discutables une partie de notre histoire et un climat qui existait bien avant les AOC et la création de l’INAO», conclut Kevin Tessieux, le président de Saint-Véran.

Des mousseux en AOC

Autre modification du règlement vaudois, les vins mousseux élaborés avec des raisins vaudois pourront porter le nom d’une AOC, mais pas les vins (légèrement) «perlés ou pétillants» (avec ajout de gaz carbonique, à la mode actuellement, entre 1 et 2,5 bars…). Pour les vins mousseux, le texte ne précise pas s’il s’agit de «méthode traditionnelle» ou de cuve close et la législation fédérale considère sous «mousseux» les produits obtenus par première ou deuxième fermentation alcoolique, pour une production de mousse («surpression») mesurée au minimum à 3 bars.

Le texte règle l’usage de la mention «Réserve», prévue par le droit fédéral, qui devient possible pour les vins AOC vaudois dont la période de vieillissement, soit du 1er octobre de l’année de récolte jusqu’à leur mise en marché, est d’au moins 12 mois pour les vins blancs et 18 mois pour les vins rouges. Finalement, afin d’adapter les méthodes de culture à l’évolution du climat et d’harmoniser les règles entre les cantons, il est dorénavant possible d’arroser les vignes vaudoises jusqu’à la véraison sans autorisation préalable.

©thomasvino.ch