Pages Menu
RssFacebook
Categories Menu

Posté le 13 mai 2005 dans Adresses, Restos

Genève (GE) — Les 5 Portes

Genève (GE) — Les 5 Portes

Les Cinq Portes, Genève
Les Pâquis branchés
Des restaurants ouverts le dimanche, il n’y en a pas des mille et des cents à Genève. Dans son édition de mai, «Baboo Time» les recense. «Les 5 portes est devenu un rendez-vous privilégié par la jeunesse genevoise branchée, aussi bien la journée que le soir», écrit le magazine de la compagnie aérienne homonyme basée à Cointrin. Œufs au plat, lasagne de légumes, pancakes, tomme chaude sur salade sont servis de 11 h. à 17 h., le dimanche donc, détaillés de 2,50 fr. à 16 fr., avec jus frais d’orange, de pomme et de carotte.
La frénésie des bistrots
Mais ce «5 Portes», qui en comporte évidemment six, est aussi un restaurant de bon aloi, midi et soir. C’était, à l’angle de la rue de Zurich et de l’ex-rue de Bâle, rebaptisée rue Léon Nicole, un café à raclette, La Valaisanne. Et c’est un Valaisan de Genève, Patrice Bayard, qui l’a transformé. Cet ex-juriste sexagénaire se retrouve à la tête d’une PME d’une quarantaine d’employés. Le virus, il l’a contracté en Asie. Et le voilà qui ouvre le Sam-Lor, un restaurant thaï, puis le Sumo, pour son épouse japonaise, L’Eléphant, qui vient de se reconvertir d’asiatique à français, sur le modèle du «5 Portes», et Le Scandale, autre haut-lieu branché des Pâquis. En attendant de transformer, au cœur de Sierre, la maison familiale en centre culturel, pour cet automne ou pour le printemps prochain…
«J’adore monter des trucs, mais je me fais parfois piéger et quand ça coince, je dois revenir aux affaires», explique l’entreprenant patron. On le voit volontiers aux «5 Portes», souvent complet, le dimanche comme le soir, où l’on se dispute les soixante places de la terrasse qui mord le bitume. Entre les hauts bâtiments de la ville, on se croit volontiers à Naples, Lisbonne ou Barcelone… Juste à côté, des dames de petite vertu vous adresse un «Tu viens chéri ?» et les bars à champagne bricolent derrière leurs obscures devantures. De là à dire que le restaurant est du genre canaille, il y a un pas… Un poêle en fonte ultramoderne dans un coin, des chaises bistrot à accoudoirs, des canapés «lounge», des bougies rouges sur les tables, à part la musique, fortement nulle, le soir de notre visite, pas de fausse note.
Des plats pas surfaits
Une ardoise tient lieu de carte. Tartare de bœuf, steack de cheval, carpaccio de thon rouge, salade de crevettes : le resto a déjà ses classiques, apprêtés par un chef japonais, Teshirogi Hisashi, qui a travaillé quelques années avec Philippe Chevrier, à Châteauvieux. Si les intitulés sont simples, le résultat dans l’assiette dépasse ce minimalisme: avouons-le, c’est plus souvent l’inverse qui se vérifie! Ainsi, les crevettes bénéficiaient d’une ravigotante rémoulade de céleri aux câpres et poivre rose ; le thon rouge, délicieux, était posé sur une «caponata» (ratatouille froide à l’italienne) ; quelques asperges accompagnaient une dorade, un brin trop cuite sur sa peau, et les épices orientales dynamisaient de grosses crevettes, sans excès.
Ces plats s’échelonnent entre 18 et 35 francs, les desserts de 6 à 8 fr., comme un moelleux au chocolat fidèle à son intitulé et un tiramisu au biscuit imbibé de café, servi dans un verre. Verres encore, mais à boire, d’un choix éclectique de vins en bouteille, servis au déci. Pas étonnant que la formule plaise…

La bonne adresse
Les Cinq Portes
8, rue de Zurich
Genève
Tél. 022 731 84 38
Fermé lundi et samedi midi

Le vin tiré de sa cave…
Un rosé de tempérament
Entre Valaisans, enfants de Sierre, on se comprend: pour les vins, Patrice Bayard fait confiance aux choix de Jacques Perrin, fondateur du CAVE SA, à Gland. C’est lui qui importe les bouteilles du Château Puech-Haut, un vaste domaine de plus de 100 ha, non loin de Montpellier, dans les coteaux du Languedoc. Son propriétaire, Gérard Bru, a mis le paquet pour lui donner une image haut de gamme, notamment par le biais de «Têtes de cuvée», bien valorisées, au niveau de leur prix de vente aussi. Le rosé, très gras, savoureux et long en bouche en 2004, tire le meilleur parti du cinsault, un cépage peu tannique et plein de finesse, qui lui est traditionnellement destiné dans le Sud de la France, complété par 40% de grenache, autre vedette locale. Arômes de fruits rouges, belle fraîcheur, malgré l’étoffe, et finale agréablement épicée, en font un rosé qui n’a pas peur de dialoguer avec la cuisine méditerranéenne.

Chronique parue dans Le Matin-Dimanche du 22 mai 2005.