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Posté le 2 avril 2013 dans Vins suisses

Dézaley et Calamin: retour officiel parmi les grands crus vaudois!

Dézaley et Calamin: retour officiel parmi les grands crus vaudois!

On l’avait déjà écrit ici : Dézaley (moins de 54 hectares, exactement 53,8, y compris le Dézaley-Marsens, 3,8 ha) et Calamin (16 ha) allaient revenir dans le giron des AOC, mais sous la forme d’un Grand Cru «automatique». Une sorte de compromis à la vaudoise, pour tenir compte de la hiérarchie des crus, où ces deux terroirs renommés de Lavaux figuraient. 

Par Pierre Thomas
A l’époque, ils étaient seuls au sommet, depuis 1949, soit bien avant l’adoption d’une réglementation d’AOC. Avec la réduction des AOC régionales à 6 pour le canton de Vaud, en 2009, ces deux Grands Crus d’office perdaient leur rang. Ils ont été rétablis par le Conseil d’Etat le 20 mars 2013, par le biais d’une modification du règlement sur les vins vaudois.

Restés Grands Crus en 2012

Le nouveau texte fixe les limites des grands crus d’office rétablis : avec la législation de 2009, ils n’avaient du reste pas perdu leur rang de «lieu de production». En 2012, la totalité des 36’000 litres de Dézaley-Marsens (99% de chasselas) avaient atteints les normes de Grand Cru, comme, pour le Dézaley, 397’000 des 401’000 litres (90% de chasselas) et pour le Calamin, 124’000 des 128’000 litres (98% de chasselas).
A eux trois, ces Grands Crus d’office représentent moins de 2% de la surface du vignoble vaudois : 1,41% pour le Dézaley, 0,10% pour le Dézaley-Marsens et 0,43% pour le Calamin.
Les trois Grands Crus ont été confirmés à un taux naturel de sucre de 71° degrés Oechslé, pour le chasselas. Une exigence qui ne pose aucun problème, avec le réchauffement climatique, puisque, en réalité, en 2012, la moyenne du chasselas récolté aux normes Grand Cru en Calamin atteignait 80,3° degrés Oechslé, 80,18° en Dézaley et 76,42° en Dézaley-Marsens…

Puristes déboutés

Restait à connaître le droit de coupage : le règlement l’interdit… mais tolère l’assemblage de 10% avec des vins de l’AOC Lavaux. S’il suffit, pour les autres Grands Crus du canton, qu’ils atteignent 5° degrés Oechslés de plus que les minimas, pour le Dézaley et le Calamin, «toutes les vendanges mises en œuvre doivent respecter les teneurs en sucre» de 71° (donc y compris l’assemblage, si on comprend bien…). C’est donc une demi-victoire pour les puristes qui espéraient dans les bouteilles du 100% Dézaley et Calamin : il pourra y avoir du Vevey-Montreux ou du Pully-Lutry, mais de la même richesse en sucre (à Lavaux, seul Vevey-Montreux n’a pas atteint en moyenne les 71° Oechslé en 2012, avec 70,57 en vin AOC).
Autre conséquence, logique, si les teneurs en sucres prescrites ne sont pas atteintes, le vin portera l’AOC (forcément régionale) Lavaux.
Ainsi, grâce à ce compromis, Dézaley et Calamin «remontent» dans la hiérarchie, en cumulant l’obligation du Grand Cru, figurant comme AOC. Il serait amusant qu’un autre lieu de production, comme Yvorne, affiche la même ambition… Et, rappel, il y aura même un 1er Grand Cru en 2012 en Dézaley.

Un peu d’ordre dans les rouges

Et chaque propriétaire est libre de présenter un dossier pour accéder à ce nirvana du chasselas vaudois, mais aussi, désormais et possiblement, du pinot noir, du gamay, mais encore du merlot, du gamaret et du garanoir. Et la liste n’est pas exhaustive, puisque l’Interprofession peut proposer d’autres cépages, à condition que leur «importance qualitative» soit démontrée…
La modification du règlement vaudois met aussi un peu d’ordre dans les vins rouges : un seul cépage peut figurer sur l’étiquette, à condition que 85% du vin en soit issu (comme le dit aussi la réglementation européenne). En cas de mention de plusieurs cépages, chacun doit entrer pour 30% dans l’assemblage et l’ensemble de ces cépages doivent représenter 85% de l’assemblage. Ai-je bien compris ? Cela veut dire que l’étiquette est limitée à trois cépages mentionnés et un quatrième d’appoint… à hauteur de 10%.
©thomasvino.ch