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Posté le 21 août 2008 dans Vins suisses

Grand Prix du Vin Suisse 2008 — Le palmarès dévoilé

Grand Prix du Vin Suisse 2008 — Le palmarès dévoilé

Grand Prix du Vin Suisse 2008
Les champions en puissance
sont connus

Ils ne seront officiellement adoubés que le 7 novembre à Zurich, mais les champions 2008 des vins suisses sont connus. Analyse d’un palmarès qui met en exergue 66 vins parmi les 1860 dégustés fin juin à Sierre.
Pierre Thomas

Les concours de vins, c’est, comme les Jeux olympiques, d’abord une question d’arithmétique. Ainsi, 460 encaveurs ont envoyé des flacons à Sierre, où l’Association Vinea avait organisé les dégustations (120 jurés). Les vins rouges présentés (970) étaient un peu plus nombreux que les vins blancs (890) et les crus valaisans (824) presque deux fois plus abondants que les vaudois (430). Grosso modo, le palmarès du troisième Grand Prix du Vin Suisse (GPVS) reflète les forces en présence, avec, sur les 66 nominés des 11 catégories, 30 vins valaisans, 10 vaudois et 6 schaffhousois, 4 grisons, genevois et tessinois, etc.
Des nominés inégaux
La dégustation était à deux vitesses: d’abord, le concours national qui a attribué quelque 260 médailles d’or (soit à 14% des vins dégustés), et qui seront dévoilées dans le «Guide des vins suisses», édité par Ringier. Parmi cette «crème», le magazine Vinum, coorganisateur du concours, en a sorti six par catégories (la liste des 66 nominés). Ce sont les vins au pointage le plus haut. Trois d’entre eux seront sur le podium. Mais il faudra attendre le 7 novembre pour que le palmarès soit révélé. Les producteurs n’ont, pour l’heure, reçu que l’avis de leur médaille et, pour les meilleurs, l’invitation à se rendre à Zurich…
Toutes les catégories, et donc les 66 nominés, n’ont pas le même poids. S’il y avait 302 chasselas au départ, il n’y avait que 42 Müller-Thurgau, une concession faite à la Suisse alémanique ; pourtant, ces deux catégories ont droit toutes deux à six nominés, comme les discrets assemblages blancs (47), les gamays (46), concession aux Romands, les merlots (71), concession aux Tessinois, ou les rosés (76).
Des poids lourds valaisans

Restent cinq catégories au poids plus conséquent: les autres vins blancs (356), les assemblages rouges (238), les autres rouges monocépages (223) et les vins doux (145). Le Valais affiche sa domination dans tous ces secteurs. Ainsi, dans les autres vins blancs, trois petites arvines (Denis Mercier, Sierre, Domaine du Mont d’Or, Caves Orsat) n’ont pour rivales qu’un païen (La Leyraz, de Rouvinez), un gewurztraminer genevois (Cave des Oulaines à Bernex) et un chardonnay vaudois (Clos de la George à Yvorne, de Hammel). Le Valais fait mieux encore dans les assemblages rouges, avec cinq vins nominés, laissant une petite place au Merlot-Cabernet de la sélection Philippe Chevrier, de la Cave de Genève. Copie conforme dans les vins doux, où cinq liquoreux valaisans sont en compagnie du fameux gewurztraminer passerillé de l’Etat de Genève. Scénario à peine différent dans les monocépages rouges, avec quatre syrahs valaisannes, contre deux gamarets vaudois.
Chasselas, chasse gardée vaudoise

Et c’est une surprise : sur les onze catégories, les Vaudois ne parviennent à glisser de nominés que dans quatre. Leur présence est écrasante dans le chasselas : cinq crus (dont le Domaine des Faverges à Saint-Saphorin appartenant à l’Etat de Fribourg) et un seul valaisan, le fendant des frères Bétrisey, de Saint-Léonard. Alors, rois du chasselas, les Vaudois ? En 2004, lors du premier GPVS, les cinq finalistes vaudois s’étaient fait coiffer au poteau par un fendant de Vétroz de Jean-René Germanier et Gilles Besse ! On ne peut exclure que l’Histoire repasse le calice jusqu’à la lie…
En gamay, deux producteurs vaudois, le Satyre (Noé et Noémie Graff, à Begnins) et l’Association vinicole d’Aigle, sont face à quatre valaisans. Dans les pinots noirs, aucun vaudois, ni aucun neuchâtelois (qui sauvent l’honneur avec un œil-de-perdrix de la Cave des Coteaux à Boudry-Cortaillod, en rosé), mais trois vins grisons, dont deux de Hansruedi Adank, de Fläsch, et le «réserve» de Peter Wegelin, de Malans, face à deux schaffhousois, dont le célèbre ZWAA du duo Baumann-Meyer, et un seul romand, de la Cave Saint-Georges, à Sierre (groupe Schenk). Quant aux merlots, il sont l’apanage des Tessinois, avec le duo Sassi Grossi de Gialdi et Platinum de Guido Brivio, vinifiés par le même œnologue, Fred de Martin, formé à Changins. Un Valaisan, Jürg Biber, de Salgesch, et un Vaudois, Pascal Fonjallaz, d'Epesses, avec des raisins valaisans élevés en barriques à Epesses, complètent le sextuor final.
Madeleine Gay sur orbite

Ces deux producteurs sont parmi la dizaine, seulement, qui réussissent à placer deux vins au moins parmi les 66 finalistes (le Vaudois est aussi sélectionné pour son dézaley L’Ermite et le Valaisan pour un assemblage, Cuvée rouge No 4). Seules deux grandes caves valaisannes font mieux : Provins-Valais, avec quatre vins, et le Nouveau Salquenen, avec trois vins. Comme le précise le communiqué de presse officiel, «la cave ayant placé le plus grand nombre de vins dans les vins nominés» décrochera le titre de «vigneron de l’année». Le quatuor de Provins (Défi blanc Les Titans 2006, assemblage blanc, Clos Corbassières 2004, assemblage rouge, et les deux liquoreux, Domaine Tourbillon 2004 et Grains de Malice 2006) prend des tonalités symphoniques. Et l’œnologue Madeleine Gay, qui signe trois de ces quatre vins, pourrait bien devenir la première «vigneronne suisse de l’année», succédant, précisément, à Diego Mathier, du Nouveau Salquenen. Mais chut, cela ne devrait être dit que le 7 novembre!

Lire également sur www.grandprixduvinsuisse.ch


Paru dans
Hôtel Revue le 21 août 2008