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Posté le 10 mai 2006 dans Vins du Nouveau Monde

Grèce — Un connaisseur qui habite Genève

Grèce — Un connaisseur qui habite Genève

Le coryphée du renouveau habite Genève
Allez donc boire chez les Grecs!
C'est le pays d'Europe qui a la plus longue histoire vinicole. Pourtant, ses vins sont peu connus. Nico Manessis vient de publier un guide précieux.
Jusqu'ici, ce Grec expatrié s'était contenté de faire le tour de son pays et de ses îles tous les deux ou trois ans pour recenser les domaines les plus à la pointe du progrès. On lui doit ainsi trois éditions de The Greek Wine Guide. Toutes utiles au consommateur: l'auteur cote les vins dégustés sur une échelle de une à cinq étoiles.
Son nouveau livre, The Illustrated Greek Wine Book, tiré à 10 000 exemplaires, déjà quasi épuisé, est sorti à la fin de l'année passée (www.greekwineguide.gr). Il reprend le même système (pour 400 vins), mais ajoute des contributions de fond, par exemple de Maggie MacNie, qui a signé le chapitre des vins grecs modernes de l'Encyclopédie du Vin (Hachette). Ou de Christos Carras, un des descendants d'un domaine emblématique, le Château Carras, qui a symbolisé, il y a vingt ans, le vin grec aux normes internationales.
Des AOC en progrès
Disséminés sur tout le territoire — Manessis les recense sur une carte —, les nouveaux domaines se multiplient. La superposition des lois locales — le règlement des 28 «appellations d'origine contrôlées» et d'une septantaine de «vins de pays» — et des lois communautaires de l'Europe — à laquelle la Grèce a adhéré depuis vingt ans — donne au paysage viticole hellène une singulière complexité.
Des 150 000 hectares de vigne recensés (dix fois plus qu'en Suisse!), la moitié seulement sont dévolus «à la cuve». Près de la moitié des 4 millions d'hectolitres produits sont des vins de table courants. Les AOC, en progression, se montent à 11% de la production. L'exportation, elle, représente 15%, surtout en Allemagne – et à peine 100 000 bouteilles en Suisse.
Si la Grèce n'est pas vraiment un pays viticole du Nouveau Monde, elle fait table rase du passé: «On ne fait plus du vin sur des amphores», image Nico Manessis. De Genève, il rayonne en ambassadeur des nouveaux vins grecs, qui connaissent aussi leurs modes. Aujourd'hui, c'est le retour aux cépages autochtones – près de trois cents recensés! – et à une vinification plus pure, après que la barrique a marqué de son goût de chêne nombre de vins rouges «internationaux».
Des cépages autochtones
Passionné, passionnant, Manessis s'en va de par le monde porter la bonne parole: il sera bientôt à Londres devant un cénacle d'oenophiles. Et c'est au bord de la Tamise, où il avait fui la Grèce des colonels, qu'il a appris à aimer le vin. Aujourd'hui, lui qui n'a jamais vendu une goutte de vin grec, bien que courtier en vins (français), ce presque quinquagénaire veut vivre de ses oeuvres. Il vient d'éditer un guide d'ampélographie – eh oui, l'étude des cépages descend tout droit du grec! – en grec. Car la Grèce, sans qui le vin n'aurait pas essaimé autour de la Méditerranée, est à l'aube d'une résurrection qui (re)commence à la vigne avec ses cépages autochtones.

Ses cinq vins préférés
Gaia Estate: un des meilleurs vins rouges grecs (4 **** et demi), de l'appellation Néméa (Péloponnèse), qui vise la dénomination Grand Cru.
Ramnistas Kyr-Yanni: domaine près de Thessalonique. Rouge du cépage xinomavro, «aussi délicat qu'un nebbiolo du Piémont» (****).
Ktima Mercouri: un rouge, grand classique du Péloponnèse, marqué par le mavrodaphni (****).
Mantinia Tselepos: un «vin gris» du cépage (rouge clair) moschophilero, sec et au nez de rose qui rappelle un gewurztraminer (**** et demi).
Samos Grand Cru: un vin doux de muscat à petits grains, fin et subtil (****), de l'Union des coopératives de l'île éponyme.

Ces cinq vins peuvent être dégustés à la brasserie Le Lyrique, rue Beau-Séjour 29, à Lausanne, tél. 021/312 88 87. Le patron, Fotis Stalikas, fait venir ces vins, dont le prix d'importation oscille entre 18 et 28 fr. la bouteille.