Pages Menu
RssFacebook
Categories Menu

Posté le 10 décembre 2017 dans Bonne bouche — encore!

Un merlot (du Tessin) signature

Un merlot (du Tessin) signature

Après un 2014 marqué par la mouche suzukii, qui s’est abattue sur le merlot tessinois comme la petite vérole sur le bas clergé, 2015 marque un grand millésime au Tessin. Seul regret, la production fut basse et les Riserva qui arrivent sur le marché vont s’arracher. Ces grands merlots, à base du cépage importé de Bordeaux il y a plus d’un siècle pour remplacer les variétés locales victimes du terrible phylloxéra, souffrent parfois de surmaturité et d’un élevage sous bois trop marqué.

Voilà deux travers qui ne concernent pas les vins de la Fattoria Moncucchetto, de la famille Lucchini. Dominant la ville de Lugano, la cave a été construite par Mario Botta, et abrite à la fois les locaux d’élaboration et d’élevage des vins du domaine (5,5 ha au total), et un restaurant admis à la Chaîne des rôtisseurs, ouvert sur réservation, avec vue sur les cuves inox… La jeune œnologue Cristina Monico signe les vins depuis 2009. Millésime marquant, au demeurant, avec 2012, «magnifique, mais on s’en est rendu compte après», dit cette membre des «Junge Schweiz – Neue Winzer» (www.jsnw.ch).

Le Merlot Riserva Lugano est à la fois tiré des plus vieilles vignes et d’un tri sévère des grappes. Il bénéficie d’un élevage de 22 mois en barriques neuves. Le 2015 reflète la qualité du millésime, avec son nez de pâtisserie, de moka, sa matière riche et tendre, avec une belle fraîcheur finale et un élevage bien maîtrisé : un merlot tout en élégance, avec une goutte de cabernet sauvignon. Lui aussi élevé en barriques, le Moncucchetto «normal» est digne d’intérêt, mais il y en a très peu en 2015. On peut se rabattre sur le 2014, exemplaire, puisque l’œnologue avait choisi de ne pas élaborer de Riserva et d’incorporer les meilleurs raisins dans la cuvée dite «normale».

L’étiquette Merlot Riserva Lugano 2015

Le prix 40,50 fr./75 cl

L’adresse jean.solis@bluewin.ch

Rubrique «Bonne bouche» du magazine encore! du 10 décembre 2017.

©thomasvino.ch