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Posté le 9 août 2013 dans Actualités

Grand Prix du Vin Suisse   Les Vaudois en force

Grand Prix du Vin Suisse
Les Vaudois en force

Le titre de «vigneron de l’année 2013» va-t-il échoir pour une 3ème fois en 7 éditions à Diego Mathier de Salquenen ? Sa cave a réussi à placer 5 vins parmi les 72 finalistes du Grand Prix du Vin Suisse. Le vin est déjà tiré depuis fin juin, mais il faudra attendre le 29 octobre pour le boire.

Par Pierre Thomas

Car, contrairement à ce que prétend le titre du communiqué de presse de Vinea à Sierre, à propos de la manifestation, «Le palmarès des nominés avant la grande finale», le classement est coulé dans le bronze et il sera simplement révélé le 29 octobre au Gala des vins suisses à Berne. On y désignera aussi le «vigneron de l’année 2013», selon le meilleur résultat d’ensemble du gagnant et quelques autres critères tenus mystérieux.

On y récompensera aussi le meilleur vin blanc et le meilleur vin rouge suisse, et non seulement le meilleur résultat du concours — tout en espérant que si ces vins sont les meilleurs, on quittera l’hypocrisie de ne pas révéler officiellement leur note ! Et aussi le meilleur vin bio.

Tout ce palmarès est bâti sur une dégustation qui a réuni 3100 vins de 600 producteurs de tout le pays, fin juin, à Sierre. Il faut attendre presque la mi-août pour connaître les médaillés (30% des vins), soit 144 d’or en Valais, 81 dans le canton de Vaud, 22 au Tessin, 20 dans les Grisons, 13 à Genève et Zurich, 11 à Neuchâtel, etc. Dans les 12 catégories, les 6 nominés définis par les 6 plus hauts pointages ne reflètent plus cette écrasante mainmise valaisanne, puisque «seuls» 24 viennent du Valais, 20 du canton de Vaud (9 La Côte, 6 Chablais et 5 Lavaux), 13 de Suisse alémanique, 6 du Tessin, 5 des Trois-Lacs (dont 2 du Vully… fribourgeois) et 4 de Genève.

L’intolérable suspense règne encore sur l’ordre des podiums, aux trois premières marches.

La catégorie la plus courue, les cépages blancs purs (autres que le chasselas et le müller – thurgau), soit 621 échantillons, met aux prises trois petites arvines, un païen et un chardonnay (de la Colline de Daval à Sierre), tous valaisans, contre un seul gewurztraminer grison (Enderlin à Maienfeld).

Grosse participation en chasselas (471 vins), où trois vaudois, tous du Chablais (deux Yvornes et le Clos Maijoz 2011 de la Commune d’Aigle), font face à un seul fendant, un genevois (Les Abeilles d’Or, par Schenk SA) et un du Vully (Réserve de l’Hôtel Richard, de Schmutz à Praz).

Principal cépage de Suisse, le pinot noir rassemblait 441 vins, dont, en tête, deux vaudois (Spina Nera d’Etienne et Louis Fonjallaz à Epesses et la Cuvée des Sens du Clos du Châtelard, Hammel, tous deux de 2010), un Neuchâtel (Cuvée Charlotte 2011 – et non le Pur Sang – des Caves de Chambleau), un Grison (Sélection Lampert’s 2011, Weingut Heidelberg, Maienfeld), un zurichois et un saint-gallois.

Valais et Tessin se partagent la majorité des nominés des assemblages rouges (376 vins), avec trois poids lourds valaisans, le Clos Corbassières 2010 de Provins-Valais, le nouvel assemblage Cœur de Domaine 2011 des Domaines Rouvinez et Baroq 2011 de Jean-René Germanier SA, face au Castanar Riserva 2007 (si, si…) de Ferrari à Stabio et le Riserva del Padrone 2011 (le patriarche et vigneron suisse de l’année 2010, Meinrad Perler) d’Agriloro à Arzio, avec un trouble-fête vaudois, le Clos du Rocher 2011, à Yvorne (Obrist SA).

Dans les autres cépages rouges purs (342 vins), les Vaudois se la jouent valaisanne, avec les Grognuz père et fils et leur Syrah de St-Saphorin 2011 face à la syrah Diego Mathier 2011, la rarissime Humagne rouge 2011 de la Cave du Château de Glérolles (VD) face à l’Humagne rouge Soleil d’or 2011 d’Imesch (Rouvinez), une série complétée par deux autres valaisans, le cabernet franc 2011 de Fernand Cina à Salgesch et le Cornalin Réserve 2011, de Jean-René Germanier SA.

Les autres catégories réunissent à peine la moitié des participants de cette dernière… Le merlot (164 vins) oppose deux vaudois (encore le Clos du Châtelard, Apicius 2010, de Hammel et le 2011 de la Cave du Consul à Perroy) à trois tessinois (les petits producteurs Mauro Poli et Cadenazzi et le plus huppé Monti, avec Il canto della terra 2011) et un outsider valaisans, l’incontournable Diego Mathier (Merlot Nadia Mathier 2011).

Avec le même nombre d’échantillons (164), la crème des liquoreux se résume, pour six places, à trois producteurs seulement, et tous valaisans ! Diego Mathier remet ça deux fois, avec l’Ermitage Gemma Smaragd 2010 et le Gemma Topas 2011 ; Provins-Valais fait coup double avec ses grains nobles ConfidenCiels, Domaine Tourbillon 2009 et Grains de Malice 2010 ; et les Vins des Chevaliers, à Salgesch fait encore plus original en plaçant deux fois le même vin, Chevalier d’Or, mais dans deux millésimes, 2010 et 2011.

Originalité encore dans les rosés (163 vins), avec cinq vaudois sur six, tous de 2012, dont trois de producteurs réputés de La Côte, Philippe Bovet, avec le Méditerranée, les Frères Dutruy, avec le Domaine de la Doye et Uvavins, avec Le Rosé, issu de gamaret-garanoir ; le seul contradicteur vient du lac de Bienne, le seul rosé de pinot noir affiché, de la Cave du Klötzli à Douanne.

En gamay (105 vins), les Genevois font honneur à leur réputation, avec le Baron Rouge 2012, du Domaine des Charmes à Peissy, et La Chênaie (en fût de chêne…) 2011, du Domaine Les Perrières à Satigny, face à deux Vaudois, les Frères Dutruy (Grande Réserve, fût de chêne, 2009) et Bolle & Cie (Château de Lully 2012) et, pour faire bonne mesure, deux Valaisans, Rouvinez, avec un 2012 et le Vidomne à Saint-Pierre-de-Clages avec un gamay de Chamoson 2012 également.

En assemblages blancs (90 vins), deux Vaudois encore, le 1807 de 2012 du Domaine des Châbles Martial Neyroud à Blonay et La Céleste 2010 du Domaine Delaharpe à Bursins, un Fribourgeois connu, la Cuvée de l’Arzille 2011 du Domaine Chervet, à Praz (Vully), un valaisan inconnu, In Flagranti 2011 de Chez Violaine, à Salgesch, un tessinois connu, le Granito 2011 de Meinrad Perler (Agriloro) et un zurichois, Cuvée Salomée 2012 de Wetli à Männerdorf.

Enfin, parmi les mousseux (55), le vainqueur neuchâtelois de l’an passé est à nouveau là, le Bouvier Brut des Caves Châtenay et Bouvier à Boudry, en compagnie du Brut de Philippe Bovet (Givrins/VD), de La Genevoise Brut 2009 du Domaine Les Perrières, de la Folie à Deux, de Diego Mathier (encore !), d’un mousseux schaffousois de Stoll à Osterfingen et d’un zurichois, l’Irchelschöpfer 2010 de Gehring à Freienstein.

Sur ces données de juin, le suspense dure jusqu’au 29 octobre 2013 ! Une manière de faire un pied de nez à l’adage qui veut qu’une dégustation reproduite le lendemain, qui plus est dans un autre ordre de passage, donnerait à coup sûr un résultat différent. Pour le GPVS, ce qui fut vrai en juin le sera toujours aux portes de novembre !

©thomasvino.ch