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Posté le 5 décembre 2013 dans Tendance

Chamoson a choisi ses premiers johannis’ d’anthologie

Chamoson a choisi ses premiers johannis’ d’anthologie

Fully a «son» arvine, Leytron, «ses» humagnes (rouge et blanche), Flanthey, «son» cornalin. Chamoson a donc décidé de mettre en avant «son» johanis’. Une journée lui sera dédiée, le samedi 7 décembre prochain, de 10 h. à 18 h., à l’espace Johannis, sous le nom de Johanis…sima. 17 encaveurs présenteront leur johannis, mais pas que… puisque 13 cépages sont annoncés pour les 68 vins proposés en dégustation.

Pierre Thomas

Des 240 hectares de sylvaner, nommé plant du Rhin ou johannisberg en Valais, la plus vaste commune viticole valaisanne (420 ha) en cultive 84 ha. Un jury de spécialistes vient de désigner les deux premiers johannis’ — Chamoson renonce au suffixe berg !— d’une future «collection» : 120 bouteilles seront achetées au deux producteurs et mises de côté pour des dégustations «dans le temps». La démarche est originale ; Dominique Fornage, grand amateur de ce blanc capiteux, réputé bien vieillir, et chef de file du petit jury, l’avait déjà initiée au Château de Villa et la Mémoire du vin suisse, l’encourage. Ce dernier projet ne compte qu’un seul johannisberg, en version surmaturée, la cuvée Saint-Martin du Domaine du Mont-d’Or, à Pont-de-la-Morges.

A Chamoson, on veut encourager un vin blanc de garde, sec. La démarche devrait aussi permettre de «décanter» des terroirs propices au deuxième cépage blanc le plus planté en Valais. Pour son premier verdict, le jury y est allé à l’aveugle et à l’aveuglette : qu’est-ce qu’un blanc de garde ? Et qu’est-ce qu’un «grand terroir», quand les producteurs assemblent le fruit de plusieurs parcelles pour élaborer leur cuvée de base, vendue souvent entre 8 et 15 francs, moins cher donc que la plupart des «spécialités valaisannes» ?

Le jury, de droite à gauche, Jean-Marc Amez-Droz, organisateur, Jacques Perrin, Pierre Thomas, Dominique Fornage, Damien Germanier, Marie Linder, Alexandre Truffer et France Massy.

Le jury, de droite à gauche, Jean-Marc Amez-Droz, organisateur de la dégustation, Jacques Perrin, Pierre Thomas, Dominique Fornage, Damien Germanier, Marie Linder, Alexandre Truffer et France Massy.

Sous la forme d’une coupe, avec 16 vins au départ, tous de 2012, quatre se sont retrouvés en finale. Deux sont sortis vitorieux: le johannis de la cave de La Siseranche et celui de La Petite Vertu. Ces deux domaines familiaux viennent d’être été repris par des jeunes, Xavier Giroud, d’une part, et François Schmaltzried, d’autre part. Ces deux vins ont mené la dégustation de bout en bout : ils l’ont emporté dans leur série préliminaire, dans leur série de demi-finale, puis en finale. Ce qui rend hommage à la cohérence du jury, sinon à sa justesse de vue !

Floral, élégant, bien typé du cépage, avec une acidité suffisante, le johannis de La Siseranche est différent de La Petite Vertu, revêtue déjà d’une étoile d’or, minéral au nez, gras et puissant en bouche. L’arrivée des Grands Crus  de Chamoson pourrait modifier la donne, avec une restriction de rendement à 1 kg au m2 (au lieu de 1,2 kg en AOC). De fait, la constitution de cette «collection», sous l’égide de la Fondation pour l’Homme et le Vin, s’inscrit comme un «work in progress» !

18 vins étoilés d’or

Aux Etoiles d’or du Valais, le Johannisberg est une catégorie. Et c’est le 2012 de la Sankt Jodernkellerei de Visperterminen qui l’a emporté. Parmi les 6 finalistes, un seul provenait de Saint-Pierre-de-Clages, celui de Daniel Magliocco & Fils. 12 autres vins de ce cépage ont décroché une médaille d’or aux deux sessions de la Sélection des vins du Valais, du printemps et de l’automne 2013. Tous sont de 2012, sauf un flétri de Chamoson 2011, des Fils Maye à Riddes. Et s’il n ‘y avait qu’un seul finaliste, cinq médailles d’or reviennent à des encaveurs de Chamoson (La Tourmente, Daniel Magliocco, La Petite Vertu, Cave Ardévaz, Bertrand Gaillard) et quatre à des producteurs de la région de Sierre (La Romaine figure 2 fois, avec le même millésime, avec la Cave Saint-Georges, la Cave du Verseau) et quatre à des caves de Salquenen (Cave du Rhodan, Tobias Mathier, Fernand Cina, Vins des Chevaliers), et les autres du Domaine de l’Etat du Valais à Leytron, de la Cave de l’Adret, à Champlan, de la Sankt-Johanniterkellerei, à Visperterminen et à Coop à Bâle pour sa marque d’acheteur, Fleur du Rhône.

Paru dans Hôtellerie & Gastronomie Hebdo du 5 décembre 2013.

©thomasvino.ch