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Posté le 25 avril 2014 dans Vins suisses

Décrypter le Valais du vin de bas en haut

Décrypter le Valais du vin de bas en haut

L’Interprofession de la vigne et du vin du Valais (IVVs) a donné, en mars, mandat au consultant Yvan Aymon de dresser l’état des lieux de la vitiviniculture valaisanne. Il rendra compte des premiers éléments en novembre à l’assemblée de l’IVVs, avant un rapport final attendu pour le printemps 2015. Rencontre à Sierre.

Par Pierre Thomas

Il y avait eu Viti 2015, et le volumineux rapport (170 pages) du professeur d’économie honoraire à l’Université de Lausanne, Bernard Catry, il y a cinq ans. En route donc pour Viti 2020 ! Au Technopôle de Sierre, où il a son bureau, Yvan Aymon, 52 ans, n’aime pas cette formule de continuité. Diplomatiquement, il dit sa démarche «complémentaire» de celle de l’universitaire. Reçu comme venant «d’en haut», le rapport de Viti 2015 avait été très mal accueilli par les acteurs vitivinicoles et avait fini par déboucher sur le départ du directeur de l’IVVs, Pierre Devanthéry.
Malgré les «affaires» qui secouent le milieu vitivinicole valaisan, l’IVVs paraît avoir retrouvé une certaine sérénité. Et, cette fois, le consultant va partir «du bas» : «Il existe déjà de nombreuses données et je vais prendre mon bâton de pèlerin pour faire la tournée des caves.»

En 2007, près de 600 vignerons-encaveurs et petits négociants, représentant un peu plus de la moitié de l’encavage de valaisan, aux côtés des dix plus grands négociants et de la coopérative Provins. Nouveau directeur général chez Provins, changement de génération chez Rouvinez, départ et nouvelles têtes aussi dans d’autres caves: les hommes changent.
Valais, mais aussi Alsace Excellence
S’il est Valaisan, Yvan Aymon n’est plus «que» du sérail. Il préside certes encore le club des entreprises de la marque Valais Excellence, qu’il a mise en place, mais cet ancien chef de la logistique, puis du marketing de Provins, entre 1988 et 1998, a accompli un large parcours, dans le tourisme et la labellisation, profitant de se former dans le management intégré (normes de qualité, environnement, structures). Ces derniers mois, le Valaisan a développé, avec les acteurs locaux, la «marque Beaujolais», où économie, tourisme et vin sont évidemment mêlés. Et il termine un mandat pour «Alsace Excellence», un label de qualité voulu par la région française, sur le modèle d’un club d’entreprises et de la certification de ses membres, comme en Valais, toutefois, sans toucher à la mise en valeur des vins.
En Valais, Yvan Aymon se félicite d’avoir pu s’entretenir franchement avec le comité de l’IVVs et ses commissions technique et de marketing. Il va poursuivre durant tout l’été ses entretiens sur le terrain, chez les producteurs, et chez les acheteurs et les prescripteurs, afin de «détecter les pistes d’amélioration». Comme son prédécesseur, il va devoir s’atteler à la définition de «la valeur ajoutée» de la viticulture et à la «pyramide des vins valaisans». Et proposer, dans un deuxième temps, un axe de promotion pour «positionner les vins du Valais». «Je constate que l’image des vins valaisans est bonne ! Je vais d’abord écouter les gens qui la font, et pas mal du tout, cette image. Il s’agira ensuite de soutenir une dynamique déjà positive.»

La volonté du conseiller d’Etat en charge de l’économie, Jean-Michel Cina, de profiler le Valais comme «la destination préférée des Suisses», notamment par l’œnotourisme, reste d’actualité. «Il faut que nous montrions comment nous faisons du vin. Il faut créer une fierté des Suisses pour leurs vins, comme les Autrichiens ont très bien su le faire pour les leurs. On parle volontiers des grands thèmes de l’environnement, mais on a oublié une règle fondamentale, celle de la proximité. Il faut convaincre les Suisses qu’il vaut mieux consommer des vins d’ici.»

Paru dans Hôtellerie & Gastronomie Hebdo, le 17 avril 2014.