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Posté le 21 octobre 2014 dans Vins suisses

Grand Prix du Vin Suisse 2014  Une razzia valaisanne

Grand Prix du Vin Suisse 2014
Une razzia valaisanne

Plus que jamais, le huitième Grand Prix du Vin Suisse (GPVS), dégusté à Sierre en juin, a tourné à la démonstration valaisanne. Le titre de «cave de l’année», qui remplace celui de «vigneron de l’année», n’échoit ni à une cave au sens strict du terme, ni à un vigneron, mais à Charles Bonvin SA, à Sion. Parmi les 12 titres de champion par catégorie, sept reviennent aux Valaisans qui, dans deux catégories (le gamay et les vins doux), occupent les trois marches du podium. Revue de détail de ce concours qui a réuni moins de participants que l’année précédente (2800 vins de 520 producteurs).

On a brossé le portrait de Charles Bonvin SA tout récemment, sans divulguer ce titre suprême… qu’on pensait aller à un autre Valaisan, Genevois d’origine, Alexandre Delétraz (Cave des Amandiers), bredouille, malgré deux vins nominés. Mais au classement combiné (au moins 5 vins dans 3 catégories, meilleur ratio entre vins inscrits et vins médaillés or et argent et vins nominés), c’est la maison sédunoise, dont le capital est aux mains de la famille Rouvinez, et les locaux de vinification chez Orsat, à Martigny, qui s’impose. Aucun de ses vins nominés n’a toutefois remporté de titre, une amigne se classant vice-championne des vins doux et deux de ses assemblages blancs figurant au-delà du 3ème rang dans leur catégorie.

Les «meilleurs pointages» sans note divulguée!

Les organisateurs du concours (l’association Vinea et le magazine Vinum) continuent à pratiquer l’hypocrisie de distinguer par le prix Vinissimo les deux vins, blanc et rouge, ayant obtenu le plus haut pointage… sans donner cette note. Ce sont donc deux vins valaisans qui se classent au sommet de la pyramide, les vainqueurs des catégories chasselas, le Fendant Les Mazots 2013 de Maurice Gay SA, à Sion, et gamay, le «…to die for 2013», de Vin d’œuvre, à Loèche ville, qui s’imposent.

Isabella et Stéphane Kellengerger, de Vin d'Oeuvre, les découvertes de cette édition. Tous deux oenologues de Changins, lui a été responsable des vignes de la Cave des Bernunes (Nicolas Zufferey), à Sierre, avant de s'installer ensemble à Loèche-Ville.

Isabella et Stéphane Kellengerger, de Vin d’œuvre, les découvertes de cette édition. Tous deux œnologues de Changins, lui a été responsable des vignes de la Cave des Bernunes (Nicolas Zufferey), à Sierre, avant de s’installer ensemble à Loèche-Ville. (photo GPVS)

Pour le prix bio, le Gamaret barrique 2011, grand cru, du Château de Rochefort, à Allaman, appartenant à la Ville de Lausanne, s’impose, mais il s’est classé deuxième de sa catégorie, les autres cépages rouges purs, derrière un valaisan, l’Humagne rouge de Leytron 2012 de Gilbert Devayes, à Leytron.

En chasselas, Les Mazots 2013, était le seul fendant parmi les 6 nominés. Consolation vaudoise, son producteur, Maurice Gay SA, à Chamoson, fait partie de la galaxie rolloise Schenk, dont les œnologues ont aussi vinifié le dauphin, le Domaine du Petit Cottens 2013, la Réserve du Domaine des Molards, à Russin (GE) se classant 3ème.

Dans la catégorie Müller-Thurgau, victoire d’un Auslese 2013, du Weingut Lindenhof, à Osterfingen (SH), devant un riesling-sylvaner 2013 de la petite coopérative de Spiez (BE), et un riesling-sylvaner 2013 de Lampert’s, Weingut Heidelberg, à Maienfeld (GR).

Victoire valaisanne dans les autres cépages blancs purs, de la Cave Ardévaz à Chamoson, de feu Michel Boven, qui fut le premier vigneron suisse de l’année, ancienne formule, avec un Johannisberg 2013, devant un Pinot gris Les Solistes 2013, des Artisans vignerons d’Ollon (VD), et un Heida 2013 d’Albert Mathier & Fils SA, à Salquenen.

Dans les assemblages blancs, on retrouve un Mathier, Diego , le double meilleur vigneron du pays 2007 et 2011, avec la Cuvée Madame Rosmarie Mathier 2013, devant un autre vin salquenard, le Chevalier blanc 2012, des vins homonymes, et le Grand’Cour blanc 2013, de Jean-Pierre Pellegrin, à Satigny (GE).

Neuchâtelois maître du rosé…

Les Neuchâtelois gardent leur leaderschip du rosé, avec un Œil-de-Perdrix 2013, de Dimitri Engel, à Saint-Blaise, devant deux vins alémaniques, le Wall Bianco 2013, de la Commune de Wallisellen (ZH), et le Pinot Noir Rosé 2013, de la famille Gysel, à Hallau (SH), le seul «petit vigneron» couronné «vigneron de l’année», en 2009.

En pinot noir, c’est le millésime 2011 qui a fait la course en tête, avec, comme vainqueur, le projet ambitieux, collectif et original du Pinot Rhein de Maienfeld, où plusieurs encaveurs se sont mis ensemble pour produire une cuvée, devant un autre ambitieux, le Pur Sang 2011, des Caves de Chambleau, à Colombier (NE), et, deuxième ex-aequo, un Salquenard (encore !), le Pinot Noir Salquenen 2013 de Fernand Cina SA.

En gamay, triplé valaisan: victoire du valaisan «…to die for 2013»,de la cave Vin d’oeuvre, à Loèche-Ville, meilleur pointage du concours en rouge,  devant le vin de la Cave Saint-Georges à Sierre (groupe Schenk) et la Cuvée spéciale 2012 de la Cave Bayard, à Varen.

Valse des millésimes dans les merlots, où c’est (encore) un jeune valaisan, L’Orpailleur 2013, de Frédéric Dumoulin, à Uvrier, qui s’impose devant deux merlots tessinois de 2011, le «’na trona Riserva» de l’Enoteca del Salute, à Massagno, et le Lénéo Riserva, des Fratelli Corti, à Balerna.

Toujours un vainqueur valaisan en autres cépages rouges purs, avec l’Humagne 2012, de Gilbert Devayes, de Leytron, devant le meilleur pointage bio, le Gamaret barriques 2011 du Château Rochefort, Allaman, de la Ville de Lausanne et un troisième, valaisan, le Cornalin de Sion 2012 de la Cave Sainte-Anne.

Tania Gffeller, oenologue, responsable des Domaines viticoles de la Ville de Lausanne, et Aimé Berger, vigneron au Château Rochefort depuis 1977, pionnier de la biodynamie.

Tania Gffeller, œnologue, responsable des Domaines viticoles de la Ville de Lausanne, et Aimé Berger, vigneron au Château Rochefort depuis 1977, pionnier de la biodynamie. (photo GPVS)

… et les Vaudois en assemblages rouges et en mousseux

Dans les assemblages rouges, trio de 2012, avec un vainqueur vaudois: Emile Blum, du Domaine La Combaz, à Ollon, s’impose avec sa cuvée Puissance 5, 2012, devant le Collina d’Oro-Agra 2012 de la Fattoria Moncucchetto, à Lugano (ex-meilleur merlot de Suisse !), devant le Cardona 2012, de Jean-François Neyroud-Fonjallaz, à Chardonne (VD).

Triomphe des 2013 et des amignes parmi les vins doux (+ 8 gr. de sucre résiduel), avec l’Amigne Grand Cru de Vétroz 2013 des Celliers de Vétroz (famille Fontannaz), devant l’amigne Nobles Cépages 2013 de la «cave de l’année», Charles Bonvin SA, et, pour parachever le podium entièrement valaisan, le Viognier de Corin 2013, de la Cave Bretton, de Corin-de-la-Crête (VS).

Enfin, dans la catégorie des mousseux, les Vaudois arrachent un deuxième titre par catégorie, et un podium purement vaudois, grâce à Uvavins, à Tolochenaz. Deux de ses vins en cuve close (même si la fiche technique du producteur ne le précise pas…), Auguste Chevalley non millésimé, un chardonnay, champion, et le Bertrand de Mestral brut non millésimé, encadrant le fer de lance de Daniel Marendaz, le manipulateur de Mathod (VD), avec sa cuvée Brut Marendaz Impérial non millésimé des Côtes-de-l’Orbe, qui sauve l’honneur de la méthode dite traditionnelle !

Ainsi fut-il fait à Berne ce 21 octobre 2014, où, une fois de plus, nous n’avons pas été convié. Vive l’information libre et impartiale, en lieu et place de la communication servile!

©thomasvino.ch