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Posté le 11 janvier 2005 dans Vins suisses

Valais — Grain Noble ConfidenCiel 98 et 99

Valais — Grain Noble ConfidenCiel 98 et 99

Une charte qui vise la qualité absolue
A VINEA, les vins liquoreux respectueux de la Charte Grain Noble Confidentiel ont fait un tabac.
Par Pierre Thomas
Avec ses dégustations thématiques, sa nouvelle ouverture au monde (qui commence aux portes du Vieux-Pays, puisque la Baronnie du Dézaley était le premier invité d'honneur!), VINEA est bien, le premier week-end de septembre, cette “vitrine des vins du Valais” que souhaitent les organisateurs. Dand le cadre idéal du Château Mercier, les dégustations “sérieuses” prennent le pas sur un hédonisme qui, parfois, oblige à jouer des coudes dans la cohue de l'avenue Général-Guisan (dix mille personnes en deux jours…).
Une richesse récente
Le Valais s'est découvert une véritable passion pour les grands vins liquoreux il y a dix ans seulement. Un jeune œnologue enthousiaste, Stéphane Gay, a lancé le mouvement, avec Marie-Thérèse Chappaz. Puis la Charte Grain Noble Confidentiel est née, dans un consensus autour de la qualité. Peuvent y adhérer les producteurs qui respectent des conditions “techniques” précises. Curieusement, les vins ne sont pas sanctionnés par une dégustation; chaque printemps, les vins sont certes soumis à un collège, mais chacun est libre d'apposer le label “Grain Noble Confidentiel” en fonction du respect des qualités du millésime.
Participation record
Un mode de faire assez étonnant, auquel Stéphane Gay tient particulièrement, même si, au fil des années, les conditions ont changé. Les producteurs n'ont jamais été aussi nombreux: trente, de Martigny à Venthône pour trente-quatre vins présentés en mars. Partant, les points de comparaisons se multiplient: “Au début, nos vins nous plongeaient dans l'extase. Aujourd'hui, nous sommes devenus plus critiques. Il est toujours plus difficile de se faire une idée du vin liquoreux que nous voulons promouvoir.” Pour le Parisien Olivier Poussier, meilleur sommelier du monde, de passage à Sierre, où il a été intronisé ambassadeur de VINEA, ce style ne fait pas un pli: “Dans les liquoreux, je recherche la finesse et l'équilibre entre le sucre, l'acidité et l'alcool. Les Valaisans ont fait de grands progrès. On trouve de moins en moins ces clichés de concentration, de sucrosité et d'oxydation. Si un vin est monstrueux, il ne donne pas envie de le boire…”
L'enjeu du millésime
Et puis, s'il faut le talent du vigneron à la vigne, pour choisir les grappes botrytisées ou non — les fameuses “tries” du Sauternais — celui de l'œnologue — qui a l'œil et le nez sur les barriques un an durant —, les aléas de la météo influencent énormément la réussite d'un millésime. “Nous n'avons plus eu d'année exceptionnelle depuis 1994 qui suivait 93 et 90. Seul 97 a été classé très bon, les autres sont bons”, explique Stéphane Gay. 99 n'échappe pas à la règle: “La moyenne est très bonne, la qualité homogène mais pas exceptionnelle”. 2000, encore en barrique, pourrait renouer avec les tout grands… Il garde encore cette part de mystère propre à l'or du Rhône, qui demande du temps, patience et patine.

Eclairage
Une sélection de haut vol

Certains, comme le fantasque et baroque Christophe Abbet ou le très sélectif Benoît Dorsaz, qui ont tous deux leurs vignes à Fully, ne présentent pas leurs vins à la dégustation de sélection de Grain Noble Confidentiel. Parmi deux douzaines de vins dégustés fin août à Sion, pour présenter les meilleurs à VINEA, à Expovina à Zurich et aux sommeliers de l'Ile-de-France, à Paris, dans le fief d'Olivier Poussier, en novembre, plusieurs nous ont impressionné.
Disons-le d'emblée: Marie-Thérèse Chappaz, de Fully, reste la championne, notamment, dans le millésime 99, avec un ermitage à la fois puissant et équilibré. Ce cépage — la marsanne des Côtes du Rhône septentrionales — se distingue dans le dernier millésime arrivé sur le marché avec les belles réussites de Philippe Darioly, de Martigny, d'une extrême finesse aromatique, et du Domaine Cornulus, de Savièse, plus puissant et tirant sur les arômes de confit.
Depuis quelques années, ce trio d'orfèvres-producteurs se signale avec régularité. Parmi les nouveaux venus il y a Fabienne Cottagnoud, de Vétroz, avec une splendide amigne flétrie, et Dominique Rouvinez, dont l'ermitage (sous l'étiquette Orsat) et les Grains Nobles (70% marsanne et 30% pinot gris) ont déjà été primés dans des concours internationaux (médaille d'or pour l'ermitage à Paris et Bruxelles, pour le millésime 98, et à Bruxelles pour les Grains Nobles 99).

Article paru dans Hôtel+Tourismus Revue, Berne, en septembre 2001