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Posté le 2 février 2015 dans Actus - News

Un vin «traçable» que par le papier

Un vin «traçable» que par le papier

Sur le site du média fribourgeois Sept.Info, le journaliste libre Christian Humbert a publié le résultat de la querelle juridico-médiatique de la récusation du procureur général du canton de Vaud par l’avocat valaisan de l’encaveur Dominique Giroud. Au souper du FC Sion, l’«empereur» Christian Constantin a fait monter sur scène l’encaveur (photo Keystone, tirée de Facebook).

Dans une mascarade digne de Carnaval, avec une semaine d’avance, à la traditionnelle choucroute du FC Sion, qui a attiré plus de 7’000 personnes à Martigny, le samedi 7 février, Christian Constantin, déguisé en Napoléon, a fait monter sur scène Dominique Giroud. Dans sa chronique «Le fond de l’air est frais», parue le lundi 9 février dans 24 Heures, le journaliste Philippe Dubath cite l’«empereur» à propos de l’encaveur : «Il a soutenu le FC Sion. Et il a mis du bon vin vaudois dans du bon vin valaisan, je ne dis pas que c’est bien, mais ce n’est pas un péché mortel, quand même !» Et CC m’a précisé : «Début janvier, tout le monde était Charlie, moi ma liberté d’expression, c’est de mettre Giroud sur scène.». Comme le dit le ministre Oskar Freysinger, on nage en pleine «valaisannerie»

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Reste que le jugement vaudois, cité ci-dessous, le confirme, un metteur en bouteilles qui achète 5’000 litres de fendant, 5’000 litres de chasselas vaudois et 2’000 litres de chasselas neuchâtelois, met tout ça dans ses cuves, harmonise le vin, et le ressort en bouteilles équivalant à 5’000 litres étiquetés fendant, 5’000 litres de chasselas vaudois et 2’000 litres de chasselas neuchâtelois, personne ne trouvera à y redire, même si c’est le même vin dans les 20’000 flacons mis sur le marché !

Assemblage-coupage impossible à déterminer

L’avocat du Valaisan réclamait la récusation au prétexte que le procureur général vaudois eût dévoilé des éléments de l’«ordonnance de classement» dans l’affaire dite du Saint-Saphorin, au «Matin-Dimanche». Le 21 janvier 2015, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal vaudois a tranché en affirmant que «les différents griefs soulevés par le requérant à l’encontre du procureur général s’avèrent tous infondés». Les frais de justice de 1’000 francs sont à la charge de D. Giroud et s’ajoutent au 6’000 francs de frais pour l’«ordonnance de classement». Sans compter les honoraires d’avocat et les frais de communication, puisque l’encaveur avait diffusé lui-même la décision de classement et avait déclaré ne pas vouloir rendre public le texte de l’ordonnance.

Au demeurant, l’«affaire du Saint-Saphorin» (100’000 bouteilles, millésime 2006, vendues à Denner) remonte à l’ancienne législation sur les vins vaudois, et du fameux 51% – 49%. Y a-t-il eu du fendant dans le Saint-Saphorin ? «C’est par l’examen des documents qui permettent de suivre le vin dans le cheminement parfois long et sinueux qui conduit du terroir à la mise en bouteilles, et qui peut passer par plusieurs entités qui vendent, respectivement achètent, que le procureur est arrivé à la conclusion rappelée plus haut» (soit pas de fendant dans ce vin vaudois). Et de préciser «D. Giroud n’a pas le monopole de tels circuits suivis par du vin.» Peut-on établir la conformité du vin à une appellation par une analyse chimique ? Réponse: «Selon les experts contactés par le procurer, c’est une idée fausse, et la composition chimique résultant d’une telle analyse ne sera pas différente selon qu’il s’agit de Saint-Saphorin, ou d’une autre appellation, à tout le moins lorsqu’il s’agit du même cépage.»

On le savait déjà, et ce n’est pas de nature à rassurer le consommateur sur les «manipulations» en «grande cave»—car les vignerons-encaveurs sont fortement limités dans leurs achats de vins… — tant que les papiers établissent les entrées et les sorties en rapport, en tenant compte d’un éventuel droit d’assemblage-coupage. Le vin d’un seul cépage, le chasselas en l’espèce, n’est traçable que par les papiers qui l’accompagnent.

©thomasvino.ch