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Posté le 4 décembre 2015 dans Actus - News

Avant la 213ème vente aux enchères  Lausanne veut faire boire local

Avant la 213ème vente aux enchères
Lausanne veut faire boire local

On le sait, Lausanne, plus grand propriétaire viticole de Suisse, a repris l’entier de l’exploitation de son vignoble, de La Côte à Lavaux, de la cave à la vente, en passant par la mise en bouteille. Malgré une baisse de 30% de la production en 2015, samedi 12 décembre, à l’Hôtel-de-Ville, la mise aux enchères publiques concernera 60% du volume de vin produit. Mais surtout, Lausanne veut faire boire local aux Lausannois, affirme Florence Germond, municipale de tutelle.

Par Pierre Thomas

Dès 11 h., samedi 12, 28 «petits lots» de 6 à 24 bouteilles, ainsi qu’une «verticale» de six bouteilles de millésime échelonnés des cinq domaines, seront proposés au public. Seuls les vins «classiques» seront misés auparavant, dès 8 h., non pas en litres, mais en bouteilles (sous-entendu sans pots de 50 cl ou demi-bouteilles).

dez_automne15«Mise à la propriété»… mais pas au domaine

Avant d’acheter une chaîne de mise en bouteilles, installée à l’Abbaye de Mont, à l’extrême ouest, la Ville avait imposé la mise en bouteille d’origine au sens large. Certains, aujourd’hui, estiment qu’elle devrait aller plus loin et mettre en bouteille dans les domaines. L’achat d’une remorque de mise n’est pas à l’ordre du jour, du moins pas avant 2 ou 3 ans, répond Tania Gfeller, ingénieure œnologue, et responsable des vins de la Ville. Tania Gfeller vient, avec son mari, de prendre ses quartiers au Château Rochefort, à Allaman, table d’hôtes, bientôt dotée de trois chambres en fin de rénovation.

Autre nouveauté, présentée à la dégustation réservée aux professionnels et au public, au carnotzet de l’Hôtel-de-Ville du chef-lieu vaudois, les échantillons étaient déjà harmonisés : plus de dégustation cuve après cuve, sachant qu’il s’agissait d’un leurre. Car la plupart des lots étaient, pour des raisons pratiques, assemblés. Reste des différences, même dans un millésime aussi attendu et précoce que le 2015. Elles sont dues au mode de culture des domaines, qui s’acheminent, petit à petit, vers la biodynamie. Le Château Rochefort est déjà labellisé Demeter. L’Abbaye de Mont entrera en reconversion en 2016. A Lavaux, Luc Dubouloz, de responsable de la viticulture de l’ensemble des domaines, parle de traitements «organiques».

Dézaleys pas encore prêts

En cette année 2015, comme à Rochefort, le chasselas de Burignon n’a pas connu de démarrage de fermentation alcoolique avec d’autres levures que les siennes, soit une fermentation spontanée, et pas de SO2 dans la phase de vinification. Ces deux chasselas offrent, si tôt, un très joli profil aromatique. Les autres, Abbaye de Mont, et les deux Dézaleys, étaient encore en phase ingrate, marquée par des notes amyliques. Des deux Dézaleys, le Clos des Abbayes paraissait le plus gras et le plus structuré, avec une belle longueur, tandis que le Clos des Moines conservait, à ce stade, une vivacité supérieure.

Dans les rouges, le 2015, pinot (80%) et gamay (20%) de l’Abbaye de Mont allie structure et fraîcheur, et pinote agréablement. Dans les petits lots, deux nouveautés, un mara (60%)-galotta (40%) 2014, assez souple, malgré un boisé très présent et charmeur, qui marque le vin jusqu’en fin de bouche. Au Burignon, un assemblage de cabernet franc (50%), merlot (30%) et malbec (20%), aux arômes fermentaires et un peu végétaux, dans une année ingrate. Et le «tutti frutti» du Clos des Abbayes 2014, parait vinifié «à l’ancienne», avec une structure moyenne et des notes légèrement fumées.

En 2013, année de la grêle à La Côte, Tania Gfeller a tenu à faire deux vins mutés : un gamaret de Rochefort, «coupé» à l’eau-de-vie de vin des caves de la Ville, assez gras, style porto, et un pinot gris de Lavaux, élevé dans une demi-barrique neuve, marquée par un côté résineux, légèrement oxydatif, dans un style jurassien du macvin, assez chaud en finale. Un one shot ? Non ! L’opération, qui porte sur quelques centaines de litres, a été reconduite en 2015.

Une nouvelle œnologue à La Côte

Si Tania Gfeller est œnologue de formation, deux professionnels de la cave sont en charge des domaines : pour Lavaux, Vincent Liardet, caviste qui a travaillé notamment chez Bernard Cavé, à Aigle, et, pour La Côte, depuis quelques jours, Sophie Bornand, qui fut œnologue chez Patrick Fonjallaz, à Epesses.

L’ensemble des lots mis aux enchères représentent 60% de la vendange 2015. Hormis ces «classiques», dont il sera intéressant de connaître le prix de mise, la Ville de Lausanne propose une gamme étendue de deux douzaines de vins différents, chasselas du Burignon, 1ers Grands Crus compris.

©thomasvino.ch