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Posté le 3 novembre 2016 dans Actus - News

Les «vins du Piémont», invités d’Arvinis 2017 à Montreux

Les «vins du Piémont», invités d’Arvinis 2017 à Montreux

C’est à… Morges que Daniele Manzone, le directeur d’I Vini del Piemonte, l’a annoncé : ce «consortium de promotion», qui réunit sur une base volontaire 180 producteurs de tout le Piémont viticole, sera l’invité d’honneur du premier Arvinis délocalisé au Centre des Congrès (2m2c) de Montreux, du 26 avril au 1er mai 2017.

Par Pierre Thomas

Des vins du Piémont, les Suisses ont une vision plus «bourguignonne» qu’universelle. La «faute» au cépage qui donne, en pureté, les plus grands crus que sont le Barolo et le Barbaresco. Pourtant, le nebbiolo, peu coloré (comme le pinot noir…), astringent, difficile à appréhender dans sa jeunesse et qui ne se révèle au vieilissement que chez les meilleurs vinificateurs, et ne couvre que 9% des 60’000 ha de la région (quatre fois le vignoble suisse). Le barbera (plus de 30%), le muscat (21%) et le dolcetto (12%) sont plus importants en surface entre Asti, Alessandria et Alba, les trois villes du Piémont viticole. Et pour le sommelier Sandro Minella, «Le barbera, c’est le Piémont ! Il représente notre essence et définit toute la région».

Du muscat sec en fût d’accacia

Mais à Morges, où une vingtaine de producteurs faisaient découvrir leurs vins, il y avait d’autres curiosités. En blanc, à côté de l’arneis du Roero (lire notre reportage sur cette région), assez commun, du cortese, cépage en «purezza» à Gavi, plutôt riche en 2015, et remarquable, quoique avec un léger sucre résiduel (3 g.), compensé par une belle acidité, chez Castellari Bergaglio, deux familles qui ne produisent que ce blanc de Gavi, deux muscats secs. L’un chez Vada, l’autre chez Fabrizio Ressia. C’est ce dernier, il y a 14 ans, qui a imaginé son Evien (les lettres de Neive, sa commune d’origine, dans le désordre !). Un muscat cueilli tard, en surmaturité, traité en macération à froid, puis comme vinifié comme un vin rouge, sur ses peaux, longuement, durant 45 jours, puis élevé dans des fûts d’accacia autrichien, à 70%. Un vin au nez explosif de muscat, à la belle complexité, proche en alcool (14%), et sec, avec une acidité élevée, promettant un long vieillissement… Exactement l’inverse de l’aimable moscato d’Asti, fermenté en cuve close, pétillant, doux et peu alcoolisé !

Autre curiosité en blanc, le Rosserto 2014, du cépage Rossese bianco, originaire des Cinqueterre, qui avait disparu des Langhe, avant d’être remis au goût du jour dans les années 1980. Sur les 2 ha recensés au Piémont, Giovanni Manzone, à Monforte d’Alba, en cultive 0,7 ha : assez puissant, élevé sur lies, ce blanc est élevé dix mois en demi-muids et le 2014 ne s’est pas encore défait de ses caractères mentholés et boisés. Une voie ambitieuse pour une curiosité.

Deux cépages sauvés par le goupillon

En rouge, à côté des cépages les plus plantés (barbera, dolcetto, nebbiolo), quelques raretés aussi, comme le Pelaverga de Verduno, qui a droit a sa DOC, redécouvert par le curé de ce bourg et son château-auberge dédié au barolo et produit par une vingtaine de vignerons : celui du Poderi Roset 2014 exhale des arômes entêtants de poivre blanc et de rose. Aucune lourdeur dans ce vin, mais de la fraîcheur aromatique et de la souplesse, sans rusticité.

Autre renaissance récente, le Ruché di Castagnole Monferrato, qui bénéficie, lui, d’une prestigieuse DOCG. Un vin frais, aux arômes à la fois d’abricot mûr, curieux pour un rouge, et de cerise noire, fruité, à boire jeune, sur sa fraîcheur. Une variété clairement aromatique, remise au goût du jour il y a vingt ans par le prêtre du village, qui a convaincu de jeunes producteurs de miser sur ce vin rouge d’abord facile, désormais plus populaire que le grignolino d’Asti. En cinq ans, sa production est passée de 200’000 à 600’000 bouteilles pour un potentiel estimé à 1,5 millions de flacons ces prochaines années. Le plus simple, de Crivelli 2015, est fort intéressant, charmeur, souple, juteux, avec un bel arôme de pêche de vigne en finale, arrondi par la richesse alcoolique (14,5%)…

De quoi déjouer les clichés de grands vins chers de millésimes recherchés, à boire après des années (aléatoires!) de vieillissement en cave. Et Sandro Minella nous avait servi de chaperon dans un de nos plus récents reportage au Piémont (à lire ici).

www.ivinidelpiemonte.com

Vins du Piémont

production des DOC/DOCG (vendanges 2013)

*Moscato d’Asti et Asti Spumante : 9’500 ha – 98 millions de bouteilles

DOC Piémont : 4’100 ha – 32 mios

Barbera d’Asti : 4’000 ha – 21 mios

Barolo : 1’967 ha – 13 mios

Barbera d’Alba : 1660 ha – 11,8 mios

Dolcetto d’Alba (et de Diano d’Alba) : 1654 ha – 9,9 mios

Monferrato : 1200 ha – 5,8 mios

Langhe : 1138 ha – 11,9 mios

*Gavi : 900 ha – 12 mios

Dogliani : 800 ha – 4,8 mios

Barbaresco : 684 ha – 4,3 mios

Nebbiolo d’Alba : 663 ha – 4 mios

*Roero Arneis : 650 ha – 5 mios

Grignolino d’Asti et du Monferrato : 630 ha – 3,5 mios

*Cortese Alto Monferrato : 240 ha – 1 mio

Freisa d’Asti : 240 ha – 620’000 bout.

Nizza : 160 ha – 2,2 mios

Ruché di Castagnole Monferrato : 120 ha – 600’000 bout.

Roero : 100 ha – 600’000 bout.

Ghemme : 100 ha – 500’000 bout.

Malvasia di Castelnuovo Don Bosco : 60 ha – 480’000 bout.

Verduno Pelaverga : 18 ha – 140’000 bout.

Albugnano : 16 ha – 34’000 bout

* cépages blancs

©thomasvino.ch