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Posté le 26 août 2017 dans Actus - News

Les aléas climatiques pèseront de plus en plus sur la vigne

Les aléas climatiques pèseront de plus en plus sur la vigne

La production de vin française devrait chuter de 18% en cette année 2017 par rapport à l’an dernier à cause de la météo, selon les statistiques du ministère français de l’Agriculture publiées vendredi 25 août. En Suisse, le Valais a pris des mesures compensatoires exceptionnelles.

Hervé Quénol, géographe-climatologue, directeur de recherche au CNRS qui travaille sur le changement climatique sur les vignobles, a estimé sur franceinfo que “l’ensemble de la France” est touché par cette baisse de la production. “Les vignerons vont devoir s’adapter” car “ces phénomènes climatiques se répètent plus souvent que dans le passé” a-t-il prévenu. (interview tirée du site Internet de franceinfo)

franceinfo : Cette situation est-elle historique ?

Hervé Quénol : On a eu des conditions similaires en 1991 après de grosses gelées au printemps. C’est relativement rare, mais ça peut arriver. Cette année, fin avril, les gelées se sont généraliséesà  l’ensemble de la France et même à l’ensemble de l’Europe. Il y a une baisse générale [de la production] sur l’ensemble de la France, même si localement certains secteurs sont plus touchés que d’autres (on parle des plus petites vendanges depuis 1945).

Les vignerons vont-ils devoir s’habituer à ces aléas météorologiques ?

Ces phénomènes climatiques se répètent plus souvent que dans le passé. C’est une combinaison de facteurs entre le climat et la vulnérabilité de la vigne. Cette année, on a eu un printemps anormalement chaud après la vague de froid, donc la vigne était en avance et était plus sensible au froid. Cela explique ces forts dégâts. Plus il fait chaud, plus on peut avoir ce phénomène de précocité de la vigne et donc des risques supplémentaires. Il est compliqué d’avoir des méthodes de protection contre les extrêmes climatiques comme le gel ou les vagues de chaleurs. Les vignerons vont devoir s’adapter. Par exemple, le vigneron va adapter ses pratiques en travaillant notamment son sol différemment ou en travaillant sur le feuillage des vignes, pour gérer au jour le jour son exploitation. Si on arrive vraiment dans des conditions extrêmes, peut-être qu’en 2100 il y aura la nécessité de mettre en place des méthodes plus contraignantes comme un changement de cépages.

La quantité ne sera pas au rendez-vous mais la qualité sera-t-elle meilleure ?

Tout va dépendre des conditions climatiques juste avant les vendanges. Une période de pluie juste avant la vendange risque d’engendrer des problèmes, cela va jouer sur les caractéristiques du raisin. Ce qui est certain, c’est qu’il y a une tendance, les vendanges sont plus précoces ces 20 à 30 dernières années.

©thomasvino.ch