Pages Menu
Categories Menu

Posted on 2 juin 2026 in Vins suisses

Neuchâtel se rapproche de la Bourgogne

Neuchâtel se rapproche de la Bourgogne

Petit vignoble au bord de son propre lac, Neuchâtel cultive avec persévérance son pinot noir. Et, avec ses coteaux orientés sud-sud-est, aime bien se comparer à la Bourgogne, à laquelle le Jura et ses sommets à plus de mille mètre d’altitude font barrière, à l’ouest. Tout naturellement, les «climats neuchâtelois» viennent de naître pour «mettre en avant» des cuvées de pinot noir parcellaires de sept domaines. Les membres producteurs ont signé la charte les unissant le 1er juin, au Domaine de Chambleau, sur les hauts de Colombier.

Par Pierre Thomas

Après le Tessin et les Grisons

Comme le Tessin avec son merlot (j’en ai parlé récemment) ou les Grisons avec leur pinot noir et leur chardonnay, Neuchâtel promeut ce qu’il y a de mieux et de plus typé de son vignoble. Le cépage dit bourguignon (mais dont il existe une souche ancienne et fameuse à Cortaillod/NE) couvre 55% des quelque 600 hectares du vignoble neuchâtelois, planté sur des sols calcaires ou marneux, rappelant la Bourgogne. Une bonne partie donne le rosé «œil-de-perdrix» (qui n’est pas une exclusivité neuchâteloise) et la «perdrix blanche», un blanc de (pinot) noir.

Dans la législation des AOC cantonales, il est prévu depuis une dizaine d’années de définir des «premiers crus». Faute d’entente entre les producteurs, la démarche légale ne s’est pas encore concrétisée… Choisie par un comité d’experts de sept personnes, la sélection des «Climats neuchâtelois» va-t-elle débloquer le dossier légal ou, au contraire, le contourner ?

Sept vins sélectionnés par un comité

Photo tirée de «111 vins suisses à ne pas manquer»Sept vins sélectionnés

Toujours est-il qu’elle présente sept sélections parcellaires: le Clos de la Perrière, du Domaine Saint-Sébaste, le Hauterive de la Maison-Carrée, issu de «Les Dazelets», Les Bovardes, du Domaine de Chambleau, Les Gravany, du Château d’Auvernier, Les Landions, du Domaine des Landions, Les Tires du Domaine Bouvet-Jabloir.

Ces six domaines figurent dans mon livre «111 vins suisses à ne pas manquer», et, septième, une exploitation, témoin de la reprise par la jeune génération, les vins de la famille Porret, qui aurait pu être mentionnée avec Les Calames, ici choisi… Il manque le précurseur de cette démarche qualitative : l’investisseur passionné de vin Jacques Tatasciore qui, il y a une vingtaine d’années, a donné le la d’une prémieumisation des pinots neuchâtelois. Sa discrétion est connue : quand GaultMillau suisse l’avait nommé parmi les premières «icônes» du vignoble helvétique, il n’avait pas daigné se déplacer…

Un pinot noir inscrit (presque) dans mes gènes

C’est comme soldat, accomplissant mon école de recrues de fusilier de plaine, en marchant dans les vignes et les forêts autour de la caserne du château de Colombier, que j’ai découvert les pinots noirs neuchâtelois, quand j’avais 22 ans. Et c’est le jour de mon anniversaire, le 23 novembre 2026, à midi, un demi-siècle plus tard, que les vins choisis seront présentés par leurs (tous) jeunes producteurs, lors d’une Paulée, autre clin d’œil à la Bourgogne (et à Meursault).

En novembre aussi, les Climats neuchâtelois mettront en vente entre 80 et 100 caisses numérotées, avec une bouteille par vin sélectionné, du dernier millésime, au prix de 500 francs suisses. Le montant récolté chaque année servira à financer des activités de promotion des pinots noirs parcellaires neuchâtelois en Suisse et à l’étranger.

©thomasvino.ch