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Posté le 20 janvier 2008 dans Vins suisses

Vins suisses — Les vendanges 2007

Vins suisses — Les vendanges 2007

Vendanges suisses en 2007
Le carton plein des Vaudois
Des trois principaux cantons viticoles romands, Valais, Vaud et Genève, ce sont les Vaudois qui ont davantage encavé de raisins en 2007. Le marché va-t-il suivre ?
Pierre Thomas
Ces trois principaux cantons romands produisent les trois quarts du vin suisse. Cumulés, leurs résultats de vendange se montent à 79,4 millions de litres, contre 77,6 en 2006. L’essentiel de cette augmentation, en Pays de Vaud et à Genève, est à mettre sur le compte du chasselas, alors que les Valaisans manquent de fendant. En 2007, le Vieux-Pays n’a pas produit plus de blanc que l’année précédente. A la fin de l’année passée, les Vaudois affirmaient qu’avec 22,3 millions de litres de blancs, la production 2007 est égale à la consommation 2006, et, avec 8,45 millions de litres de rouges, légèrement supérieure. On ne connaîtra les statistiques de consommation 2007 qu’en mars 2008. On verra alors si la consommation des vins indigènes se stabilise autour de 100 millions de litres…
Une législation modifiée et discutée
La publication du résultat des vendanges intervient au moment où la nouvelles ordonnance fédérale sur le vin, découlant de la politique agricole (PA) 2011 entre en vigueur, après une polémique sur le rôle que doit jouer la Confédération. Le Valais, fort de ses 5126 hectares, soit un tiers du vignoble suisse, avait même réclamé d’être considéré comme une région «à part». Finalement, Berne a retenu un système à trois zones, l’une pour la Suisse romande, une autre pour la Suisse alémanique et la troisième, le Tessin.
Si les cantons gardent un pouvoir décisif dans la fixation des règles des vins d’appellations d’origine contrôlée (AOC), les vins de pays et les vins de table sont du ressort de la Confédération.
Des «spécialités» fragilisées
Faute d’entente, les cantons romands n’ont pas réussi jusqu’ici à inscrire des cépages principaux dans la liste des dénominations traditionnelles. D’une part, le problème est valaiso-valaisan: certains producteurs et négociants pourraient être tentés de mettre sur le marché des spécialités en vin de pays, produites selon les critères moins sévères que l’AOC, sans que le consommateur puisse distinguer «le bon vin de l’ivraie». En 2007, la part des spécialités valaisannes a augmenté. Johannisberg compris, elles représentent 28% de la vendange 2007 contre 22% en 2004. D’autre part, les autres cantons pourraient protéger certaines de leurs spécialités, comme le gamaret de Genève. Des parlementaires valaisans devraient intervenir pour reconsidérer ce point délicat.
«Vins de pays» à géométrie variable
La nouvelle législation aura une influence sur le chasselas, par le biais des «vins de pays». Le Valais souligne que ses 9,9 millions de litres de chasselas «sont inférieurs à la demande du marché». Les Vaudois et les Genevois en ont produit davantage (3 millions de litres de plus), ce qui signifie une concurrence accrue en Suisse alémanique. Dès 2008, à condition d’annoncer leurs intentions jusqu’au 31 juillet, les viticulteurs pourront produire du blanc en vin de pays à 1,8 kg au m2 (contre 1,4 kg au m2 en AOC, souvent plus bas selon les cantons) et du rouge à 1,6 kg au m2 (contre 1,2), avec une richesse en sucre moindre que pour les AOC. Sur le marché, ces vins de pays ne se distingueront pas des vins AOC déclassés pour des raisons économiques, une contradiction que certains milieux avaient relevée en consultation, sans succès.

Les chiffres de la production 2007

Valais : 39,5 millions de litres (41,2 en 2006), dont 23,4 mios de rouge (25) et 16 mios de blanc (16).
Vaud
 : 30,3 mios (27,2), dont 22,3 mios de blanc (19,5) et 8,4 mios de rouge (7,7). Genève : 9,6 mios (9,2), dont 5,14 de rouge (5) et 4,26 de blanc (4).
Neuchâtel (en kilos, non en litres):  3,4 mios (3,7), dont 1,77 kg de rouge (1,8) et 1,6 de blanc (1,88).
Paru dans Hôtel Revue du 17 janvier 2008