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Posté le 25 février 2008 dans Actus - News

Changins redécouvre le C 41… 40 ans après!

Changins redécouvre le C 41… 40 ans après!

Près de 40 ans après sa découverte
Changins ressuscite le C 41
Il a fallu 38 ans à la Station de recherche Agroscope Changins-Wädenswil (ACW) pour ressortir de ses collections le troisième frère des jumeaux gamaret et garanoir…
Ces deux cépages avaient été obtenu par feu André Jaquinet en 1970, par croisement d’un raison rouge bien connu dans le Beaujolais, le gamay, avec un raisin blanc allemand, le reichensteiner, lui-même à base de Muller-Thurgau, notamment. En Pays de Vaud, l’œnologue cantonal Denis Jotterand et le vigneron-encaveur Christian Dugon, de Bofflens, y ont toujours cru. Ils avaient notamment remarqué que le C 41 pouvait être plus riche en sucre et en acidité. Désormais, on cherche un nom au frère cadet des jumeaux… Et les pépiniéristes diffuseront le cépage tiré de l’anonymat dès cette année.
Des cépages «médecins»
Pour mesurer les mérites des uns et des autres, il faut se remettre dans l’esprit de l’époque. Au début des années 1970, ni la limitation de récolte, ni le réchauffement climatique n’étaient encore dans l’air du temps. En revanche, les Suisses savaient qu’ils devraient abandonner, un jour ou l’autre, la fâcheuse habitude de donner de la couleur et du muscle à leurs vins rouges avec des vins médecins venus de France ou de Navarre, d’Italie ou d’Espagne… L’interdiction de coupage ne sera effective que dès la vendange 2006.
Utile en monocépage et en assemblage
Au fil des années, les vignerons se sont rendu compte que le gamaret et le garanoir, même en petite quantité, dénaturent le subtil pinot noir, notamment. En revanche, vinifiés en monocépages, le garanoir, plus précoce, et surtout le gamaret, qui peut être attendu jusqu’à la fin des vendanges, car il ne pourrit pas facilement, donnent des vins intéressants. Le gamaret, plus complexe, s’accommode volontiers d’un élevage en barriques. De surcroît, la mode des assemblages rouges a donné une impulsion supplémentaire à ces «nouveaux cépages» de Changins, bientôt quadragénaires… Le réchauffement climatique a permis de récolter à bonne maturité des merlots et des cabernets francs, quand ça n’est pas de la syrah, tant à Genève qu’en Pays de Vaud. Un des archétypes de ces «nouveaux» vins rouges vaudois est l’«Arpège», de Christian Dugon : sa version 2006, dégustée aujourd’hui même (25 février 2008) en est l’exemple, d’un vin rouge fruité, sauvage et original, où la prise de bois reste discrète.
Un essor spectaculaire
Ainsi s’explique, notamment dans le Pays de Vaud, l’essor du gamaret et du garanoir, passés de moins de 3 hectares recensés en 1993 à 119 ha, respectivement 97 ha, soit une progression de plus de 200% en quinze ans. Genève avait déjà donné le ton, tandis que le gamaret progresse aussi en Valais et au Tessin, pour apporter une touche à certains assemblages locaux.
Situé dans sa maturité entre le garanoir et le gamaret, le C 41 — qui devrait trouver un nom plus poétique dès 2009… — élargit la palette et permet ainsi de mieux trouver l’adéquation sol-cépage. Pour sa part, le gamaret a été jugé digne de toutes les régions vaudoises, où une première vinification homogène par Changins devrait permettre de tirer d’utiles conclusions dans la prolongation de «l’étude des terroirs». © Pierre Thomas