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Posté le 23 juin 2010 dans Vins suisses

Vins suisses: retour à l’union nationale

Vins suisses: retour à l’union nationale

Vignerons suisses

Le retour à l’union nationale

A Berne, le 15 avril 2010, la Fédération suisse des vignerons (FSV), présidée par le conseiller national Laurent Favre, est redevenue nationale, avec le retour officiel des Valaisans et des Suisse alémaniques. En attendant une Interprofession que la président de la Confédération et ministre de l’économie Doris Leuthard appelle de ses vœux et (re)fondée en septembre. A cette séance, une grande campagne de pub pour les vins suisses en 2011 sera mise sur orbite. Coût: 2,5 millions, dont la moitié à charge de la Confédération.
Par Pierre Thomas
Le retour des Valaisans, représentés à Berne par Thierry Constantin, président du groupement des organisations viticoles valaisannes (GOV), et de la fédération valaisanne des vignerons-encaveurs, et par Eric Germanier, président de la fédération valaisanne des vignerons et de l’Interprofession de la vigne et du vin (IVV), ne s’est pas fait sans aménagement. Les statuts ont été modifiés et le comité complété. Principal canton viticole suisse, le Valais aura trois délégués (les deux déjà cités et un délégué de la coopérative Provins-Valais), Vaud, deux, comme la Suisse alémanique, qui revient de plein droit dans la FSV. Tessin, Genève et la région des Trois-Lacs occupent chacun un siège, pour un comité à dix.
Interprofession suisse toujours en vue
La Suisse alémanique, organisée en interprofession, posait le problème de la garantie de la représentativité de la «famille» de la production. Car la FSV, dans l’optique d’une Interprofession de la vigne et des vins suisses, qui pourrait se reconstituer avant l’été, ne représente que les intérêts de la production. Le comité de la FSV se prononcera à la majorité des deux tiers, sauf sur les questions d’appellation d’origine contrôlée (AOC), où l’unanimité des membres présents sera nécessaire, pour manifester «un vrai consensus professionnel», comme l’a dit Laurent Favre.
Dans son intervention, la conseillère fédérale Doris Leuthard a rappelé que l’Union européenne entend «restituer les AOP (appellations d’origine protégée, terme généralisé à l’agriculture) et les IGP (indications géographiques protégées) aux interprofessions» et veut étendre le système d’enregistrement, connu dans les produits agricoles, aux vins. En Suisse, les systèmes sont différents, en matière agricole ou viticole : pour le vin, les cantons restent souverains pour les AOC, la Confédération, pour les vins de table et les vins de pays, selon une législation différente des nouvelles dispositions européenne entrées en vigueur en juillet 2009. S’exprimant en français et en allemand, la présidente de la Confédération s’est réjouie de la défense unanime «d’une branche forte sur tout le terroir suisse» — un fort joli lapsus (terroir pour territoire). On peut y voir un appel du pied à une Interprofession suisse de la vigne et du vin…
Un accord avec l’UE inéluctable ?
Dans le vaste débat sur la politique agricole, Doris Leuthard a rappelé qu’une seule solution ne pourra pas être appliquée à tout le secteur agricole. «Vous avez d’autres besoins que le lait ou la viande», une différence dont il faudra tenir compte dans la réorganisation des paiements directs, une mesure de soutien étatique que la Suisse entend maintenir. Doris Leuthard a aussi admis que «le budget de promotion des vins n’est pas très grand». Et la Confédération pourrait «s’engager plus» à titre de «mesure d’accompagnement», dans la perspective d’un Accord de libre-échange agricole (ALEA). La FSV y est opposée et a rejoint l’association (ASSAF-Suisse) constituée contre ce projet, cher à la ministre de l’Economie. Mais pour Doris Leuthard, un tel accord paraît inéluctable, notamment si les Etats-Unis décident d’appliquer le cycle de Doha dans les mois à venir. La Suisse devrait alors réduire de moitié les droits de douane. Dans la balance, faciliter l’exportation des produits suisses vers l’Europe deviendrait indispensable, «il suffirait de convaincre 1% des Européens de la qualité de nos produits.»
Distinguer le vin de l’alcool
…et faire de la pub

Autre chapitre sur lequel la FSV entend qu’on fasse un distingo : la future loi sur l’alcool, qui met sur un pied d’égalité, pour la première fois, le vin et tous les spiritueux. La FSV compte sur le «lobbying» du groupe parlementaire vitivinicole, fort de 76 parlemtaires fédéraux, que préside Laurent Favre, flanqué des conseillers nationaux valaisan Jean-René Germanier et vaudois André Bugnon.





Dans un climat morose de baisse de la consommation, (— 5,4% pour les rouges, à 54 millions de litres, et — 3,8% pour les blancs, à 49 millions de litres), pour que les vins indigènes atteignent «un seuil de perception convenable en Suisse», un montant global de 2,5 millions de francs devrait être débloqué, réparti entre de l’argent public fédéral, fourni par l’Office fédéral de l’agriculture, et une participation des régions viticoles d’un peu moins de 100 francs par hectare de vigne. Décision sur ce principe, début septembre qui se traduira par une campagne de publicité nationale en 2011, confiée à l’agence de communication Grand de Sierre.
©thomasvino.com/avril2010