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Posté le 29 octobre 2010 dans Vins suisses

GPVS 2010 : valeurs sûres consacrées

GPVS 2010 : valeurs sûres consacrées

Grand Prix du Vin Suisse 2010

Un palmarès où le Valais brille

Une fois de plus, le Valais brille au palmarès du Grand Prix du Vin Suisse., édition 2010. 15 des 36 lauréats sur le podium sont issus du Vieux-Pays et 5 Valaisans s’imposent dans l’une ou l’autre des 11 catégories. Les Vaudois sont trois à remporter un prix, en bio et dans les catégories des deux cépages les plus plantés de Suisse, le pinot noir et le chasselas. Et le Tessinois Meinrad Perler est sacré «vigneron suisse de l’année 2010». Revue de détail.
En bio, le Vaudois de Begnins Reynald Parmelin réitère sa victoire de l’an passé, avec son Johanniter 2009 cette fois.
En chasselas (428 échantillons), Jean-Michel Conne, de Chexbres, s’impose avec son Sémillant 2009, devant un autre Lavaux AOC, le Coup de l’Etrier 2009, de Testuz. Le premier est suivi par l’œnologue Philippe Corthay et le second doit beaucoup au Valaisan Tobias Mathier, qui a repris la maison vaudoise. Troisième, un Grand Cru de Vétroz 2009, des Celliers de Vétroz, dont le porte-parole est le même que celui de l’UBS en Suisse romande, l’ex-journaliste Jean-Raphaël Fontannaz.
Podium tout valaisan pour les autres cépages blancs purs, la catégorie la mieux représentée (551 échantillons) : Romain Papilloud, de Vétroz, s’impose avec son Amigne Saveurs Nobles 2007, devant le Heida Grand Métral 2009 de Provins-Valais et le Johannisberg 2009 des frères Bétrisey, à Saint-Léonard.
Carton plein valaisan encore dans les assemblages blancs (90) : le Défi blanc Les Titans 2008 de Luc Sermier pour Provins-Valais s’impose à nouveau, devant la Cuvée Rosmarie Mathier 2009 de Diego Mathier, Nouveau Salquenen, Salgesch et l’Enfer blanc 2008, d’Histoire d’Enfer, la danseuse valaisanne du médecin genevois Patrick Régamey.
Plus petite catégorie (80 vins), celle du müller-thurgau (ex-riesling X sylvaner) est une chasse gardée alémanique 1er, le Räckedorn Gächlingen 2009, GVS Schachenmann AG, à Schaffhouse, 2ème, l’Arenenberger Auslese 2009, BBZ Arenenberg, à Salenstein, et 3ème, le Weinfelden 2009, Weingut Wolfer, Weinfelden.
Prix de consolation pour les Grisons, absent de la catégorie pinot noir, avec le pompon en rosé (130 vins — 2009 de Hansruedi Adank à Fläsch), devant le Château d’Auvernier 2009 du candidat au Château de Neuchâtel Thierry Grosjean (qui vise la première place !) et l’œil-de-perdrix La Matze 2008 de l’omniprésent Diego Mathier (près de trente vins soumis au jury…).
En pinot noir (416 échantillons), Le Satyre 2009 de Noémie et Noé Graff, à Begnins, s’impose (après avoir gagné avec son gamay en 2008), devant deux vins de Suisse orientale, une Sélection barrique 2007 de Saxer à Nussbaumen et une Sélection 2009 de la coopérative Syydebändel, de Tenniken.
En gamay (110 vins), le Corbassière 2009, signé Ludovic Zermatten, à Saillon bat au poteau les frères Dutruy de Founex (VD), avec leur «simple» Domaine de la Treille 2009, et un Gamay de Fully 2009, de la Cave du Chavalard, à Fully (VS). Un tiercé de jeunes producteurs!
En merlot (107 vins), le Costamagna San Zeno 2007 (grand millésime au Tessin !) de Tamborini à Lamone bat Il Querceto Barrique 2008, de Terreni alla Maggia, à Ascona (un récidiviste à ce niveau !) et encore un vin de Diego Mathier, le Nadia Mathier 2008. Le Riserva 2008 de La Prella du vigneron de l’année, Meinrad Perler, est dans les viennent-ensuite… mais c’est dans les assemblages rouges (300 cuvées) que le Fribourgeois d’Arzo forge son succès, grâce au Sottobosco 2008, meilleur pointage du concours. Devant l’Ardévine 2008 de la Cave Ardévaz, de Michel Boven à Chamoson, qui fut le premier vigneron de l’année en 2004-2005 (et qui est décédé brusquement à 53 ans, une semaine après la proclamatioin de ce palmarès, au début novembre 2010), et la Cuvée Cologny 2008 des Meylan père et fille, un habitué des médailles d’or des Sélections de Genève.
En autres cépages rouges purs (310 vins), les Vaudois ne passent pas loin de la victoire, qui revient pourtant à un Cornalin 2009 ( !) de la Cave Nouveau Saint-Clément, à Flanthey. Ce rouge du Vieux-Pays bat la magnifique Syrah de Saint-Saphorin 2008 des Grognuz père et fils, un des meilleurs rouges vaudois, et le Gamaret 2008 de la Collection Bernard Ravet, signée Rodrigo Banto chez Uvavins (VD).
Enfin, en vins doux (192 échantillons), le Miroir des Lumières 2008, une marsanne et roussanne flétries d’Olivier Cosendai, œnologue passé par la Cave de Genève et Badoux SA à Aigle, et qui a repris les Vignes du Potier, à Chamoson, s’impose, devant le vainqueur de l’an passé, le Neuchâtelois Alain Gerber et son chardonnay vendange tardive Prélude 2008. Troisième, un classique du genre, le Merle des Roches 2007, l’ermitage liquoreux du Domaine du Mont-d’Or, à Conthey (VS).
A vue de nez, ce GPVS consacre davantage de vedettes et/ou de valeurs réputées et sûres du vignoble suisse que lors des précédentes éditions, signe d’indubitable maturité, même s’il serait plus réaliste de goûter les vins jeunes en automne et non en juin, voire de limiter l’accès au concours à des vins mis en bouteilles l’année de leur présentation, les bons millésimes faussant la donne. En ratissant le plus large possible, les organisateurs peuvent se prévaloir d’un record de participation. Et il serait intéressant de voir quels sont les vins jeunes n’ayant pas obtenu de médaille à un premier passage, mais récompensé un ou deux ans plus tard: le panachage des millésimes est, à cet égard, éloquent!

Entrave à l’information

Coup de plume

par Pierre Thomas

Ni Vinum, ni VINEA, les deux «parrains» principaux de la manifestation bernoise du 28 octobre, n’ont daigné m’inviter, pour la première fois depuis la création du Grand Prix du Vin Suisse. Sans doute, les deux n’ont-ils pas apprécié que j’insiste sur le fait que les carottes cuites en juin à Sierre sont servies «show» en octobre à Berne. Pour un journaliste qui écrit sur le vin, comme en témoigne le portrait de la reine du pinot noir dans 24 Heures du lendemain de la cérémonie et le dossier sur le vignoble suisse à paraître dans L’Hebdo du 5 novembre, ce mépris est pour le moins contestable.
Il est contraire à toute la législation sur le droit à l’information. Le
Grand Prix du Vin Suisse reçoit de l’argent de la Confédération et peut être considéré comme une manifestation publique. L’accès aux résultats devrait être garanti à tous les journalistes. Ce droit à l’information va très loin : «Il n’est notamment pas admissible de boycotter le journaliste ayant agi de manière répétée contre les règles de la bonne foi», expliquait feu Denis Barrelet dans son traité «Droit suisse des mass media», Staempfli et Cie, Berne, 1980, aux pages 38 à 41.
Encore faut-il parler d’information ! Pour
Vinum, il s’agit de faire mousser une manifestation au profit de ses éditions — celle en langue française serait gravement menacée dans son existence et la rédaction qui a œuvré ces dix dernières années est décimée. Quant à VINEA, son secrétariat confond depuis toujours information et communication : il suffit de lire les textes triomphalistes, littéralement, kremlinesques qui sortent de son officine. A Sierre, on préfère les lèche-botte et les porte-plume au service des relations publiques, plutôt que les journalistes libres. Mais si VINEA lit ce message, l’association serait bien inspirée de retirer mon nom et ma photo de sa liste d’«ambassadeur» sur son site Internet. D’une part, afin qu’elle assume le fait que je ne suis pas ou plus digne de recevoir sa bonne parole. D’autre part, pour respecter que je ne saurais cautionner la sélection des journalistes opérée arbitrairement depuis Sierre. Elle est indigne des valeurs fondamentales d’un pays qui s’enorgueillit de la liberté de (sa) presse.

PS: En date du 7.11.2010, j’ai pu constater, depuis mon ordinateur, à San Francisco (Californie), que VINEA a pris en compte ma requête et a donc supprimé ma photo et mon cv de la liste des ambassadeurs, qui sont désormais onze.
Les exégètes des Saintes Ecritures se souviendront que brièvement, avant le décès du grand journaliste fribourgeois attaché à la liberté d’expression Roger de Diesbach, en septembre 2009, les ambassadeurs avaient été treize…

©thomasvino.com 29.10.10/07.11.10