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Posté le 30 novembre 2011 dans Vins suisses

Renouveau à la tête des vins de la Ville de Lausanne

Renouveau à la tête des vins de la Ville de Lausanne

Vente des vins de la ville de Lausanne

Tradition et nouveautés 2011

Chambardement à la gestion des domaines viticoles de la Ville de Lausanne. On en verra les effets à la vente aux enchères publiques du samedi 10 décembre 2011, dès 9 h., à l’Hôtel-de-Ville, place de la Palud.
Difficile de mesurer déjà ce que les nombreux changements intervenus en 2011 vont engendrer. Désormais, les domaines viticoles (33 hectares, qui fait de Lausanne le plus grand propriétaire public de vignes en Suisse) forment un seul service administratif avec les parcs de la ville et ce service est rattaché à la direction des Finances. Après Silvia Zamora, c’est une autre socialiste, Florence Germond, qui en est la responsable «politique». Au niveau technique, Nicolas Rilliet, en charge pendant près 14 ans, a laissé sa place à une jeune œnologue, Tania Munoz. Elle a déjà lancé un concours pour «relooker» les étiquettes, en principe dès 2012.
La priorité sur les vins
La réorganisation du service l’a libérée de l’entretien des bâtiments des cinq domaines répartis sur La Côte et à Lavaux, où la Ville de Lausanne est le plus important propriétaire dans le Dézaley, de sorte qu’elle peut se consacrer aux vins. Arrivée en août, la jeune femme (32 ans), formée notamment par le l’œnologue valaisan Didier Joris, de Chamoson, après avoir pratiqué le service au restaurant de Georges Wenger, au Noirmont (JU), a donné une nouvelle impulsion à la vente aux enchères. Une publicité accrue met l’accent sur les «portes ouvertes» publiques, dès 10 h., ce samedi 3 décembre, dans les cinq domaines. Des bus navettes permettent de les rejoindre depuis les gares CFF d’Allaman et de Cully et le forfait pour déguster dans les cinq domaines revient à 5 francs.
Une semaine plus tard aura lieu la vente aux enchères, le samedi 10 décembre, dès 9 h., à l’Hôtel-de-Ville de la place de la Palud. La nouvelle responsable assure qu’elle ne va pas dévoiler les prix de départ des enchères (réd.: ils ne figurent plus dans le catalogue des lots), même pas aux acheteurs professionnels: les vins de l’année (donc de 2011) sont vendus par lots, au litre et chaque acheteur, ensuite, peut choisir comment les vins seront mis en bouteilles (fermeture à vis ou à bouchon, bouteille ou 50 cl ou demi-bouteille, etc.).
Des vins rouges décalés
Pour la première fois, seule une moitié des vins rouges, produits dans chaque domaine, soit 20% du volume total, sera misée. A terme, en 2013,  avec le millésime 202, la vente des rouges sera décalée d’une année, pour permettre aux vins de mûrir. Près de 70% du volume de vin (autour de 250’000 litres) est écoulée durant cette mise publique, où un seul enchérisseur, le courtier en vins André Linherr, emporte près de 70% des lots, pour lesquels il reçoit des ordres d’achat de revendeurs de toute la Suisse. Mais Tania Munoz veut aussi attirer les Lausannois: des petits lots de 45 litres (soit 60 bouteilles) pourront être misés par des particuliers. La Ville, qui écoule ses vins lors des apéritifs et banquets officiels, dispose aussi d’un stock de vieux millésimes. Pour la première fois, cette année, des bouteilles du Clos des Abbayes 2000 seront proposées aux enchères.
Dans les années à venir, la nouvelle responsable voudrait faire de cette mise une manifestation de prestige, avec un parrainage, par exemple, comme cela se fait aux Hospices de Beaune, en novembre. Cette année, cette vente, redynamisée par Christie’s, a enregistré, dimanche 20 novembre, une baisse de 12,8 % pour les blancs et de 6,2% pour les rouges. Elle en était à sa 151ème édition dans la capitale des vins de Bourgogne, alors que la manifestation lausannoise en est à sa 209ème édition, sans interruption depuis 1803. Elle sert aussi de baromètre au marché des vins vaudois et les observateurs sont à l’affût des prix qui y seront pratiqués et des éventuels lots invendus, dans une situation économique jugée difficile par la production.
                        
Paru dans Hôtellerie & Gastronomie Hebdo du 30.11.2011.