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Posté le 7 août 2006 dans Conso

12 vins de Sicile et de Sardaigne

12 vins de Sicile et de Sardaigne

TEST (paru dans le magazine Tout Compte Fait d'août 2006)
Des rouges insulaires et solaires
Les deux îles méditerranéennes et italiennes, Sicile et Sardaigne, sont en plein renouveau viticole. Les vins de coopératives et de négociants arrivent jusque dans les supermarchés. Etat des lieux.
Manifestement, les grands distributeurs cherchent la diversité. Et le Sud de l’Europe est à la mode… Pour garder un minimum de cohérence dans cette dégustation, on s’est concentré sur les cépages traditionnels des deux îles. Pour la Sicile, la plus grande île de la Méditerranée, 140'000 hectares pour une production de 10 millions d’hectolitres de vin, le Nero d’Avola. Et pour la Sardaigne, 44'000 hectares pour 1,2 millions d’hl, le Cannonau.
Le premier n’est qu’une indication géographique typique (IGT), alors que le second fait partie des dénominations d’origine contrôlée (DOC, 5% de la production sarde, principalement en blanc). Les deux cépages répondent à des critères organoleptiques proches: des goûts qui évoluent sur le tabac et le cuir, des tanins peu anguleux, qui peuvent être secs. La vinification fait le reste : les vins de supermarchés sortent des cuves des coopératives, poids lourds sur les deux îles.
Du très bon à moins de 10 francs
Premier constat, réjouissant pour le consommateur : pas besoin de mettre plus de 10 francs pour obtenir le meilleur de ces vins aptes à accompagner les grillades d’été et les pâtes à la bonne franquette. Les quatre vins siciliens jugés les meilleurs vont de 7,90 à 9,90 fr. Mention particulière pour le rouge de l’Etna. La couronne de vignoble qui pousse au pied du haut volcan (sommet à 3323 m. d’altitude) est classée en DOC, avec des cépages locaux, une majorité de Nerello mascalese, complété par du Capuccio et du Mentellato. Preuve que la Sicile, où la vigne fut cultivée par les Phéniciens, puis les Grecs, avant les Romains, peut jouer une carte originale de cépages autochtones, sur un sol volcanique (lire l’encadré). Le cas du Cannonau sarde est différent. Le premier classé coûte 15 fr.. Il est le seul «Riserva» de la dégustation, conçu pour être bu sans tarder par un producteur important, Sella & Mosca, et acheté chez un caviste et non dans un supermarché… Mais le suivant est aussi à moins de 10 fr. (le juvénile «Le Bombarde» 2005).
Au contraire de la Sicile, où les Espagnols arrachèrent de la vigne pour y mettre du blé, la Sardaigne viticole a bénéficié de l’occupation, notamment par les Catalans. Ils plantèrent, à partir de la fin du 15ème siècle, le Cannonau, qui n’est autre que le grenache connu sur la terre ferme méditerranéenne, et appelé également Alicante en Italie, le Carignano (carignan, bien sûr) et le Vermentino blanc (rolle en France). Ces anciennes variétés sont toujours cultivées. Car la Sardaigne, au contraire de la Sicile, s’est peu convertie aux cépages internationaux.
Meilleur, mais c’est plus cher !
En queue de classement figurent trois vins, loin de la moyenne. Un Nero d’Avola, vieux cépage connu déjà cinq siècles avant Jésus-Christ, vinifié… à l’ancienne et un Cannonau, au goût oxydatif. Entre les deux, un «Ramione», vin sicilien bien noté en Italie. Le plus cher de la série était aussi le seul entaché d’un défaut, peut-être imputable au bouchon… Pour le reste, les vins se tenaient dans une honnête moyenne. Aucune des vedettes des deux îles n’y figuraient : on ne les trouve pas aux prix des supermarchés !
                                       
Eclairage
Ces très chères vedettes
Donnafugata, Miceli ou Morgante, proposent des vins siciliens de milieu de gamme intéressants. La Sicile a réussi à se profiler, en blanc, avec des chardonnays de Planeta et de Tasca d’Almerita. Le premier est aussi réputé pour sa syrah et le second pour son cabernet sauvignon, ainsi que pour le «Rosso del Conte» (38 fr., 70% de Nero d’Avola et 30% de Perricone), plus rare que le «Regaleali», son cheval de bataille, 7ème de notre dégustation. A Vinitalay, à Vérone, il y a une dizaine d’années, un pur Nero d’Avola élevé en fût de chêne, le «Duca Enrico», avait médusé les dégustateurs. A près de 60 fr. la bouteille, ce haut de gamme de Duca di Salapurta, reste le plus cher de l’île.
En Sardaigne, le «Turriga», de la famille Argiolas (9ème avec son vin d’entrée de gamme), frise les 70 fr.. Avec d’autres vins rares, comme le «Luzzana» et le «Ajana», il marie Cannonau et Carignano, et séjourne un an et demi en barriques de chêne. De même style, le «Terre Brune» (50 fr.), un Carignano del Sulcis de la Cantina sociale di Santadi. «Turriga» et «Terre Brune» ont le même parrain: le brillant œnologue Giacomo Tacchis, qui a contribué au succès du fameux «supertoscan», le «Sassicaia».  

Le classement du jury de TCF
1) Nero d'Avola Montalto 2002, IGT Sicilia, détaillant PAM, 15 sur 20
2) Ulysse 2002, DOC Etna/Sicile, Coop, 14,8
3) Cannonau di Sardegna Riserva 2003, DOC Sardegna, Bindella-Testuz, 14,8
4) Nero d'Avola Notorius 2002, IGT Sicilia, Coop, 14,6
5) Nero d'Avola 2004 Boccantino, IGT Sicilia, Casino, 14
6) Cannonau di Sardegna Bombarde 2005, DOC Sardegna, Aligro, 14
7) Cannonau di Sardegna 2004, Sella & Mosca, DOC Sardegna, Bindella-Testuz, 13,4
8) Nero d'Avola Regaleali 2004, IGT Sicilia, Bindella-Testuz, 13,4
9) Cannonau di Sardegna Costera 2004, Argiolas, DOC Sardegna, Coop, 13,2
10) Nero d'Avola Duca di Camastra 2004, IGT Sicilia, Aligro, 12,2
11) Ramione 2002, IGT Sicilia, Manor, 12
12) Cannonau di Sardegna Teula 2003, DOC Sardegna, détaillant PAM, 10