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Posté le 31 mai 2007 dans Tendance

Un trio de «bordeaux abordables»

Un trio de «bordeaux abordables»

Tiercé gagnant (Cuisine de saison, avril 2007)
Bordeaux, caberlot
Axiome: les bordeaux se ressemblent tous et sont tous chers. La preuve inverse!
Qu’est-ce qui se cache dans un flacon de bordeaux ? Cette année, dans douze pays, des dégustateurs du cru choisissent parmi l’offre de vins (en Suisse, à moins de 20 francs la bouteille), ceux qu’ils estiment les meilleurs. Ce «palmarès» figure sur Internet (www.80bordeaux.ch). Mais surtout, permet de faire un peu de pédagogie… Car, comme toutes les régions vitivinicoles du monde, Bordeaux a beaucoup évolué. Les grands crus du classement de 1855 ne sont que la pointe d’un iceberg de 123'000 hectares (huit fois le vignoble suisse !), qui produit à 90% des vins rouges.
Sous-entendu, plusieurs vins rouges… Car Bordeaux renvoie à la problématique croisée des terroirs, cépages et vinifications. Et ça n’est pas un hasard si le jury suisse a préféré un Bordeaux Supérieur qui n’est pas un Rothschild, mais se nomme Mouton. Un vin d’un millésime chaud et riche, 2003, tiré du raisin qui, aujourd’hui, a colonisé plus de la moitié du vignoble bordelais, le merlot. Ce cépage aux arômes de fruits rouges bien mûrs, suave et agréable, peut être contrebalancé: c’est le secret de l’assemblage, cher aux Bordelais. Dans ce vin, le cabernet franc, primesautier, joue à merveille son rôle d’appoint rafraîchissant.
Le cépage symbole des régions phares du Bordelais que sont le Médoc et le Haut-Médoc reste le cabernet-sauvignon. Un raisin à maturité tardive qui assure aussi la longévité légendaire des grands crus. Certaines années sont davantage merlot que cabernet, d’autres, l’inverse — à nuancer selon les châteaux ! Dans le millésime dit «classique» 2002, sous son étiquette sobre, le Château Sigognac se livre sans complication. A la robe rubis, ce vin de structure moyenne peut accompagner une viande rouge.
Enfin, un heureux compromis. On a claironné que 2005 est, déjà, un millésime d’anthologie à Bordeaux et les prix des grands crus se sont envolés. Le Château Tour de Mirambeau, d’une famille de vignerons résolument modernistes, mettra toute le monde d’accord : déjà facile d’accès, avec ses arômes de cassis, son fruité très plaisant et sa structure sans excès de sucrosité, d’acidité, ou de tanins, voilà un vin moitié-moitié, «caberlot» — cabernet sauvignon et merlot — qui fait plaisir à boire. Et, exploit de l’année, sans se ruiner !                                            
                                                                Pierre Thomas                       
1) Merlot plus/Château Mouton 2003
PRODUCTEUR Château Mouton REGION AOC Bordeaux Supérieur CEPAGE : 80% merlot, 20% cabernet franc TEMPERATURE DE SERVICE: 16° PRIX : 18,30 fr. CHEZ : Vogel Vins SA, 1091 Grandvaux, tél. 021 799 99 66, www.vogel-vins.ch
2) «Caberlot»/ Château Tour de Mirambeau 2005
PRODUCTEUR Vignobles Despagne REGION AOC Bordeaux CEPAGE 50% merlot, 50% cabernet-sauvignon TEMPERATURE DE SERVICE: 15° PRIX 13,50 fr. CHEZ Caves Blavignac SA, 1373 Chavornay, tél. 024 442 93 93, www.blavignac.ch
3) Cabernet plus/Château Sigognac 2002
PRODUCTEUR  Château Sigognac REGION AOC Médoc CEPAGES 80% cabernet-sauvignon, 20% merlot TEMPERATURE DE SERVICE 17° PRIX 17,20 fr. CHEZ Obrist SA, Vevey, tél. 021 925 99 25, www.obrist.ch