Pages Menu
RssFacebook
Categories Menu

Posté le 11 août 2007 dans Vins italiens

Brancaïa, réussite suisse en Toscane

Brancaïa, réussite suisse en Toscane

La Maremma, région viticole en plein essor
Comment un domaine suisse fait recette en Toscane
En quatre ans, «Ilatraia», un vin de la Maremma, la région en pleine effervescence de la Toscane, a presque atteint le prix d’«Il Blu», l’étiquette fétiche de La Brancaia. Martin Kronenberg, copropriétaire du domaine, s’en explique.
On croyait ces vins italiens, couvés depuis vingt-cinq ans par l’homme de publicité connu à Zurich, Bruno Widmer, réservés aux «schiki-micki» de la Goldenküste. Une génération plus tard, tandis que la fille de Brigitte et Bruno Widmer, Barbara, vinifie ces vins depuis bientôt dix ans, avec les conseils de l’œnologue vedette Carlo Ferrini, son mari, Martin Kronenberg, confie que la Suisse ne représente que 7% des ventes.
A la trentaine d’hectares de Brancaia, dans les collines toscanes, entre 250 et 300 m. d’altitude, se sont ajoutés une quarantaine d’hectares, proches de la mer, non loin de Grosseto, entre 20 et 80 m. d’altitude. «Il y a là un climat vraiment différent, beaucoup plus chaud et sec, favorable au petit verdot», s’enthousiasme Martin Kronenberg. L’oncle d’Ernesto Bertarelli, Claudio Tipa, a, lui aussi, planté des vignes dans cette région, à Colle Massari, où il rénove un château  moyenâgeux.
Différents, mais à prix identique
Tandis que Il Blu, la tête de cuvée de Brancaia, a, progressivement, atteint les 50 francs la bouteille (pour 60'000 flacons annuels), Ilatraia caracole déjà au même prix (pour 45'000 flacons en 2005). Gustativement, les deux vins sont différents. Il Blu, assemblage de sangiovese (55%), complété par du merlot (40%) et un peu de cabernet sauvignon (5%), développe des arômes de fumé, de suie, et de boisé toasté, tandis qu’Ilatraia, à majorité de cabernet sauvignon (60%), de sangiovese (30%) et de petit verdot (10%), évolue davantage vers le cuir et des tanins fondus.
Une stratégie commerciale volontariste détermine le prix de ces deux vins. «Si nous en changeons chaque année, il y a un risque de communication négative. Il Blu est resté au même niveau depuis 1999, alors que, d’emblée, nous avons placé la barre très haut avec Ilatraia. Nous avons mis les moyens de tenir ce niveau qualitatif», explique Martin Kronenberg, spécialiste en marketing, diplômé de la Haute école de Saint-Gall.
Aujourd’hui, les Américains se sont entichés de ces deux vins, bien notés par le magazine «Wine Spectator». Les Romands, plus réservés avec les crus italiens, s’y mettent aussi : Il Blu s’est fait une place en restauration à Genève, confirme son importateur Claude Berthaudin, qui vient de présenter une dégustation verticale des deux crus à Lausanne.

Paru dans Hôtel Revue du 9 août 2007.