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Posté le 22 mai 2014 dans Actus - News

Médailles d’or à géographie(s) variable(s)

Médailles d’or à géographie(s) variable(s)

Les Concours internationaux se succèdent. Après les grands rendez-vous internationaux et généralistes (Concours Mondial de Bruxelles, Vinalies de Paris), les plus spécifiques, par cépages (Sauvignons, Syrah, Merlot, bientôt Chasselas et Pinot), en attendant les sélections cantonales, puis le Grand Prix du Vin suisse. Mais aussi les Citadelles du Vin, dans le Bordelais, un «petit» concours international…

Toutes ces compétitions se chevauchent et font appel au bon-vouloir des producteurs, à chaque fois contre espèces sonnantes et trébuchantes. La moisson des médailles d’or suisses au Mondial du Merlot, élargi aux assemblages, puis aux rosés et même à la vinification en blanc, en vogue au Tessin, s’explique par le lieu de dégustation, Sierre. Même si les organisateurs, Vinéa, se félicitent de la participation étrangère, en hausse de 41%. Mais le meilleur merlot du monde, seule grande médaille d’or, n’est pas un Bordelais ou un Toscan — où les crus les plus prestigieux sont de notoriété internationale qu’ils n’entendent pas remettre en jeu ! — mais du Frioul italien. Et d’un millésime relativement ancien et fort coté, 2009 (Masut da Rive, Isonzo del Friuli). A Sierre, il y a même un prix pour les «vieux» millésimes, remporté par le Roumain Michael Rotenberg, avec son merlot 2007 du Dealu Mare.

Le merlot du Clos de la George, meilleur de Suisse

Rayon suisse, les domaines Hammel se taillent la part du lion. Encore vinifiés par Fabio Penta, qui a quitté la cave rolloise depuis lors, trois 2011 du Chablais remportent une médaille d’or (Hypérion, du Clos du Châtelard, à Villeneuve, La Lieue, du Domaine du Montet, à Bex) et le titre de meilleur merlot de Suisse pour le Clos de la George à Yvorne. On sait aussi que Hammel, présidé par Charles Rolaz, est en lice pour les trois premiers 1ers Grands Crus rouges vaudois de l’Histoire, précisément des merlots ! Ce triomphe vaudois est complété par le Merlot Inspiration 2011 d’Uvavins, le Merlaü 2012 du Domaine des Faverges, grand cru de Saint-Saphorin, et le merlot des Côtes-de-l’Orbe 2012 des Poget père et fils, de la Cave Mirabilis, à Agiez.

Ce résultat vaudois (six vins en or) est surpassé par le Tessin, avec 9 médailles d’or, dont deux pour Meinrad Perler, d’Agriloro, avec le merlot Riserva 2011 de La Perla et l’assemblage rouge 2011, Sottobosco. Mieux, le Balin, de la cave d’Anna Barbara Von der Crone et Paolo Visini, remporte le titre de «Gran Maestro du Merlot», soit le vin le mieux noté sur trois millésimes, 2011, 2010 et 2009. Cet assemblage de merlot, de deux terroirs, majoritaire, avec un peu de cabernet sauvignon et d’arinarnoa, figure à la Mémoire des vins suisses. Le Castello di Morcote l’emporte avec un merlot vinifié en blanc, alors que ce magnifique domaine est réputé pour son rouge. Les Valaisans, eux, récoltent 5 médailles d’or, avec André Fontannaz, de Vétroz, et son assemblage «bordelais» Magdalena 2012, et quatre Valaisans d’outre-Raspille, Albert Mathier et fils, avec le Merlot Vinum Lignum 2012, Weine Vouilloz, avec un Côteau de Sierre 2012 et deux médailles d’or pour Adrian Mathier – Nouveau Salquenen, avec le merlot Nadia Mathier 2012 et l’assemblage Folissimo 2010.

La syrah de Diego Mathier, seule en or

Cette dernière cave est la seule de Suisse (et du Valais, puisque les 7 médailles d’argent en sont toutes originaires…) à avoir décroché une médaille d’or à Syrah du Monde, avec une 2012 portant le nom du titulaire, Diego Mathier. Ce concours par cépage a réuni quasi le même nombre d’échantillons que le Mondial du Merlot, soit 450 à Ampuis, pour 430 à Sierre, alors que le Concours Mondial de Bruxelles enregistre vingt fois plus d’échantillons, mais répartis tous azimuts.

Bien qu’organisé dans les Côtes du Rhône septentrionales, Syrah du Monde fait la part belle au vins du Nouveau Monde, qu’il soit de l’hémispère sud ou plus proche, pour des pays en pleine renaissance viticole. Sur les onze vins les mieux notés (où ne figure pas la syrah valaisanne), quatre vins sud-africains, dont deux dans les trois premiers, le dauphin étant de Bulgarie, le quatrième de Macédoine et le cinquième une Shiraz d’Australie. Tous les vins les mieux notés sont de 2011 et 2010, sauf les deux seuls syrahs françaises dans ce «top ten», deux 2013 produites en IGP (et non en DOP-AOC !), en Pays-d’Oc et dans le Var. Le monde à l’envers, quand on sait que la compétition s’est jouée au Château d’Ampuis, fief des somptueuses côtes rôties. Voilà à quoi servent les concours : à faire connaître des valeurs émergentes, plutôt qu’à confirmer des vedettes qui le sont déjà — sauf en Suisse, où les Fontannaz, Mathier, Perler, Rolaz ou Von der Crone sont au sommet depuis longtemps.

Plaqué or et plus de 30% de médailles…

Beaucoup de buzz sur Internet pour les résultats enregistrés par des caves suisses dans la dernière édition: sur 1200 vins de 50 pays, deux médailles d’or et deux médailles d’argent. On est évidemment content pour le Château de Choully, Genève, 1er Cru, merlot et cabernet sauvignon élevé un an en barriques 2011, par la Cave Les Perrières, domaine et négoce, de Bernard Rochaix et l’œnologue Sébastien Schwarz, médaille d’or et même trophée du meilleur vin suisse du concours. Et pour Daniel Dufaux, le président de l’Union suisse des oenologues, qui ramène du Bordelais une médaille d’or pour le viognier 2012, de la ligne haut de gamme Lettres de Noblesse de Badoux à Aigle. En plus, 4 médailles d’argent. Le calcul est vite fait: quand il y a 6 médailles, selon les règles de la Fédération des grands concours internationaux, qui siège à Sierre, il devrait y avoir 3 fois plus d’échantillons, soit une vingtaine de vins. Les Citadelles ne sont pas membres de cette Fédération. Et il y avait très exactement 15 vins suisses en lice… Au Concours mondial de Bruxelles, il y en avait 126, pour 3 grandes médailles d’or et 10 d’or «simple». La règle est simple et imparable: moins il y a de médailles, moins il y avait de vins (suisses) en compétition. Mais pour le producteur, une médaille d’or reste une médaille d’or!

©thomasvino.ch