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Posté le 10 avril 2018 dans Tendance

Concours Mondial de Bruxelles (CMB) à Pékin — La Chine booste le nombre d’échantillons

Concours Mondial de Bruxelles (CMB) à Pékin — La Chine booste le nombre d’échantillons

Avec une participation presque doublée chacune de ces deux dernières années, la Chine tire le nombre d’échantillons vers le haut. 330 dégustateurs, professionnels du vin, apprécieront ces 9180 vins du 10 au 13 mai au Nirvana Resort, dans le district d’Haidian, dans le grand Pékin, lors de la 25èmeédition du Concours Mondial de Bruxelles. La Suisse, qui pointe au 7èmerang, avec 166 échantillons est bien représentée.

Il n’y a que six pays qui fournissent plus d’échantillons au CMB que la Suisse. Les trois «bigs» que sont la France (2342 vins), l’Espagne (1810) et l’Italie (1382). En embuscade, trois autres producteurs réputés, le Portugal (1062), la Chine (485), qui pointe pour la première fois dans les cinq plus gros participants, et le Chili (312). La Suisse emmène le troisième peloton, des outsiders, avec 166 vins en compétition, de peu devant la Grèce, 163, le Mexique, 146 et l’Afrique du Sud, 131. Allemagne, Autriche et Argentine sont moins assidus…

Pour la première fois, des vins d’Albanie et du Kazakhstan sont présents, tandis que derrière la Bulgarie, premier pays de l’Est, la Moldavie, la Russie, l’Ukraine, l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont présents, parmi les 48 pays producteurs qui envoient des échantillons. Depuis l’an passé («révélation bio» tout pays : un vin turc, le Selendi Sarnic Shiraz 2013), les vins bios sont distingués, aussi par mention par grands pays. Les vins bios chinois arrivent du reste en force, puisqu’un tiers des 485 vins à juger revendiquent une culture biologiques ou biodynamiques ! Les prétendants bios sont en croissance de 60% cette année.

Le poids réel de la Chine

En général, le pays organisateur, pour autant qu’il dispose d’une taille suffisante (!), draine naturellement un nombre considérable d’échantillons. Pour le Belge Thomas Costenoble, directeur général du CMB, «les consommateurs chinois attachent une grande importance aux médailles (…). Les détaillants recherchent les vins primés (…), tandis que les producteurs considèrent les récompenses comme une opportunité pour pénétrer de nouveaux marchés.»

Mais quel poids a la Chine sur la scène internationale ? L’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin a publié, à la fin 2017, son «focus» sur l’évolution de la taille des vignobles et l’importance des cépages. Avec 830’000 hectares, la Chine paraît être le 2èmevignoble mondial par la taille, derrière l’Espagne. En réalité, 61% de cette surface est plantée en raisin de table rouge, le Kyoho (365’000 ha) et le Red Globe (146’000 ha). Sur les 319’000 ha restants, 233’000 ha sont plantés de cépages divers et variés, dont certains servent aussi au raisin de table. Le cabernet sauvignon, avec 60’000 ha (soit autant que la France, 40’000 ha, et l’Espagne, 20’000 ha, réunies !), est le cépage de cuve le plus planté. La carmenère (nommée Cabernet Gernischt en Chine) suit avec 8’000 ha, devant le merlot 7’000 ha, le cabernet franc, 3’000 ha, puis le premier cépage blanc, le chardonnay, 3’000 ha, précédant le riesling, 2’000 ha, tandis que la syrah et le pinot noir ne sont plantés que sur 1’000 ha.

La surreprésentation du cabernet sauvignon fait que la Chine ne figure qu’au 15èmerang des grands vignobles (de plus de 65’000 ha — la Suisse et ses 15’000 ha n’y figure donc pas !) les plus diversifiés par leur encépagement. Le classement, un peu biaisé, est emmené par la Roumanie, avec une quarantaine de cépages sur 46% de la surface, devant la Grèce, l’Italie, la Hongrie et le Portugal.

Les Chinois, 1ers clients de bordeaux!

On sait par ailleurs que les Chinois boivent leurs vins, très peu exportés, malgré la présence de nombreux restaurants chinois dans le monde — et qui pourraient jouer potentiellement le même rôle que les pizzerias et autres ristorante pour les vins italiens dans la diffusion de crus locaux…

Ils sont, par contre, au 5ème rang des plus importants importateurs au monde. Selon des chiffres communiqués par le CMB, en 2017, les Chinois ont importés 746 millions de litres de vin en vrac et en bouteilles d’une valeur de près de 2,8 milliards USD. Soit une augmentation de 16,9% en volume et de 18% en valeur par rapport à l’année précédente. Le volume de vins importés en Chine a doublé depuis 2013 (377 millions de litres). Rappel: la Suisse importe 170 millions de litres de vin (mousseux compris).

Les Chinois jouent un rôle crucial pour Bordeaux, dont ils sont les principaux clients : ils ont importé 30% (62 millions de litres) des 210 millions de litres de bordeaux exportés durant la campagne commerciale 2017 (1.8.2016 – 31.7.2017), soit une hausse de près de 25% de la demande chinoise. Sur ces dix dernières années, la moyenne annuelle de la production à Bordeaux est de 550 millions de litres, péjorée par trois petites récoltes, 2008 (480 mios), 2013 (384 mios) et surtout 2017 (350 mios, plus bas niveau depuis 1991, à cause du gel printanier des vignes, dans les deux cas…).

La demande chinoise est une des clé de la pression exercée sur les prix à Bordeaux en 2018. On sait aussi que des Chinois ont acheté quelque 130 propriété, représentent 3’500 ha, dans le Bordelais. Peter Kwok, homme d’affaires de Hong-Kong, premier acheteur chinois d’un château bordelais (Haut-Brisson, en 1997) a marqué le coup, 30 ans plus tard, en acquérant, via sa société Vignobles K,  Bellefont-Belcier, 13,5 ha à Saint-Emilion à fin 2017.

©thomasvino.ch