Vins suisses : + 2 points à l’arrache !
Après l’alarmisme, la résistance ! Selon les chiffres de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), la part des vins suisses dans la consommation totale de l’année 2025 est remontée de 2 points, à 37,5%. Les vins importés, eux, trinquent : – 6,4%. Toutes provenances confondues, la consommation de vin en Suisse a reculé de 3,3%, soit – 7,2 millions de litres pour un total qui s’inscrit à 211,2 millions de litres. Chiffres et analyse à chaud.
Par Pierre Thomas
Premier constat : nonobstant des stocks restants des années précédentes, la consommation des vins suisses si elle reste en-dessous des 80 millions de litres (79,2 mios) est presque équivalente à la production de 82 millions de litres en 2025. La moyenne décennale de la vendange est de 90 millions de litres. Mais comme l’année 2024 avait été particulièrement chiche en vin, la hausse de la vendange s’affiche à 9,3%.
Vin blanc et rouge suisses à parts presque égales ! La consommation de rouges indigènes a progressé de 4,1%, à 39,2 mios de litres et celle des blancs de 0,6%, à 40 mios de litres.
La surface du vignoble suisse a continué à diminuer, de 53 hectares, se fixant ainsi à 14 431 ha. Les cépages rouges (55% de la surface) ont reculé de 1,3%, alors que les blancs (45% de la surface) ont progressé de 0,8% (soit 50 ha).
Le vignoble romand s’est maintenu, à 10 656 ha, soit près des trois quarts de la surface suisse, ne perdant que 4 ha. La surface perdue par le Valais (– 38 ha) est compensée par Genève (qui gagne 35 ha) et Vaud (+ 2 ha). Ce dernier canton, pourtant, mise sur l’arrachage… La Suisse italienne perd 31 ha et la Suisse alémanique, 18 ha.
Le pinot noir et le chasselas reculent. Les deux principaux cépages de Suisse ont perdu 55 ha, respectivement 28 ha. En rouge, les trois principaux cépages (pinot, merlot, gamay) reculent, de même que le résistant Divico (– 11%, 92 ha). En blanc, derrière le chasselas, le chardonnay (+ 5 ha) passe pour la première fois devant le müller-thurgau (– 8 ha), chacun autour de 400 ha, contre huit fois pour le chasselas (3416 ha).
Les rouges étrangers sont en forte diminution. Ils perdent 9,1% et leur consommation s’établit à 91,2 mios de litres. Désormais, les vins blancs étrangers font jeu égal avec les vins suisses, autour de 40,7 mios de litres (+ 0,4%). Si la consommation des vins étrangers en Suisse dépasse de peu les 130 mios de litres, les importations, en 2025, ont atteint 155 mios de litres, soit 4,9% de moins qu’en 2024. Le contingent tarifaire de 170 mios de litres, négocié dans les années 2000, n’a pas été atteint, puisque 127 mios de litres importés en ont profité.
L’Italie reste en tête des vins importés (68 mios de litres, soit une baisse limitée de – 3%), devant la France (36 mios) et l’Espagne (23 mios), puis le Portugal (8 mios).
Enfin, les grandes surfaces, marché analysé par l’Observatoire des vins suisses, ne vendent que 29,1% des vins suisses, écoulés principalement par la vente directe et les hôtels et restaurants (Horeca).
©thomasvino.ch/21.04.2026