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Posted on 14 mai 2026 in Tendance

Vin mondial en chute relative

Vin mondial en chute relative

Chute libre ou relative ? Certes tous les indicateurs, sur la planète du vin, sont à la baisse. Notamment la consommation globale, à moins 2,7% par rapport à 2024. Mais les chiffres pourraient-ils rebondir ?

Installée à Dijon, l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), qui tient ces statistiques, observe : «Cette baisse reflète l’effet combiné des mutations structurelles de long terme dans les marchés matures, de l’évolution du comportement des consommateurs (réd : en France, pour la première fois, on a bu un peu plus de bière que de vin !) et des récentes pressions économiques sur le pouvoir d’achat.» Ces chiffres s’affichent «à des niveaux supérieurs à ceux d’avant COVID» : les vins qui circulent dans le monde représentent 46% de la production, au-dessous des 100 millions d’hectolitres (94,8, en baisse de 4,7%) et pour une valeur de 34 milliards d’euros (en baisse de 6,7%).

Cent millions d’hl perdus en 40 ans !

La consommation descend lentement mais sûrement vers les 200 mios d’hl (208 mios) d’hl, alors qu’elle était à 300 mios d’hl en 1985. Il faut remonter à 1957 pour un chiffre aussi bas… Elle était de 180 mios d’hl au milieu des années 1930 et avait chuté à 140 mios d’hl durant les années de guerre.

Les Etats-Unis sont toujours les plus gros consommateurs (32 mios d’hl, devant la France, 22 mios d’hl, et l’Italie, 20,2 mios d’hl), mais leur consommation a baissé de 4% en 2025, comme en Allemagne, et en Suisse. Celle-ci pointe au 19èmerang des plus gros consommateurs (2,3 mios d’hl), coincée entre deux pays où la consommation est à la hausse, l’Autriche (2,4 mios d’hl, + 6%) et la Tchéquie (2 mios d’hl, + 5%).

Les Suisses, 4èmes consommateurs au monde par tête

Par tête d’habitant, les Portugais caracolent à 62 litres, loin devant les Français, un peu moins de 40 litres, les Italiens, 38,6 litres et les Suisses, à 30,7 litres, devant les Autrichiens, à 30,4 litres. Tous les autres pays sont en-dessous de 25 litres par habitant et par an.

Les dix plus grands pays exportateurs ont tous régressé en 2025, sauf la Nouvelle-Zélande (+18%) et le Portugal (+ 1%). En volume, l’Italie est le plus gros exportateur (21 mios d’hl), devant l’Espagne (19,6 mios d’hl) et la France (12,5 mios d’hl). Ce trio européen est inversé quant à la valeur des vins exportés, avec la France devant l’Italie et l’Espagne. La valeur des vins exportés est en baisse partout, de 0,5% pour la Nouvelle-Zélande, jusqu’à 36% pour les Etats-Unis, qui paient cash les décisions de leur président sur les droits de douane infligés aux autres pays. Parmi les pays importateurs, les Américains sont devancés par les Allemands, en volume, alors qu’en valeur, les Américains précèdent les Anglais et les Allemands.

La Suisse, 8ème importateur en valeur

La Suisse ne figure plus parmi les dix plus gros importateurs, mais pointe au 8ème rang pour la valeur, entre la Chine et la Belgique et est la seule à afficher une valeur supérieure d’1% par rapport à 2024, avec l’Allemagne (+ 4%).

La surface des vignes dans le monde a légèrement baissé à 7 millions d’ha (– 0,8%). L’Espagne qui frisait le million a arraché près de 100’000 ha (919.000 ha), la France (740.000 ha) devance de peu l’Italie (726.000 ha). La Chine figure entre les deux à 735’000 ha, mais l’OIV cite les surfaces de raisin de cuve et de table, puisque la Turquie, l’Inde, l’Iran, l’Ouzbékistan et l’Afghanistan figurent parmi les vingt plus importants vignobles…

Quant à la production, elle a légèrement progressé à 227 mios d’hl (+ 0,6%), soit 10% de plus que la consommation mondiale, un léger «gap» par rapport à 2004, 2014 et 2017, où l’excédent de production frisait les 50 mios d’hl par an. Cela eût été pire et même récemment !

©thomasvino.ch