Guy Parmelin : un dernier coup d’épée dans le vin
Une nuit avant d’informer ses collègues du Conseil fédéral qu’il tirera la prise le 31 décembre 2026, l’ex-viticulteur vaudois Guy Parmelin a tenu à dire aux acteurs de la branche que son projet de lier l’importation de vins à la production de raisin en Suisse était abandonné, faute de soutien suffisant.
Les cantons romands, producteurs de raisin, soutenait le projet (déjà rejeté par le Conseil fédéral quand Parmelin siégeait encore au Parlement), comme certaines organisations viticoles, souvent avec des réticences importantes. Selon Radio-Rhône, le conseiller d’Etat valaisan et chasseur Christophe Darbellay n’a pas manqué de sortir son fusil à deux coups : «Guy Parmelin a sacrifié la viticulture suisse sur l’autel du libre-échange et du Mercosur». En guise de testament pour le grand chef de la vitiviniculture suisse, amen !
Le contingent actuel pour des droits de douane très bas, qui est supérieur à la demande, sera mis aux enchères. Le conseiller aux États radical vaudois Pascal Broulis propose de son côté, par motion, que 80% soit lié à la production indigène et 20% mis aux enchères. Le sénateur ne fait que reprendre la proposition des quatre principaux cantons viticoles romands. Le Conseil fédéral devra prendre position.
Avec l’encouragement fédéral à l’arrachage de ceps, la Berne de Parmelin a mis la charrue devant les bœufs, relayée par certains cantons (Vaud de Dittli mais pas le Valais de Darbellay). Car jamais jusqu’ici le vin suisse n’a reçu autant d’argent pour sa promotion, par Berne et par les cantons. Et ce qui est en jeu, c’est la faible part des vins indigènes (autour de 36%) dans la consommation totale.
Le bon exemple de l’Autriche
Pour mémoire, selon les derniers chiffres de l’OIV, la Suisse pointe au 19ème rang des plus gros consommateurs de vins du monde, avec 231 millions de litres consommés en 2025, en recul de 3,6 % par rapport à 2024. En 2025, elle s’est fait passer devant pour la première fois par l’Autriche, 18ème, avec 237,5 millions de litres consommés, soit une progression de 6% et le record européen de consommation de vins indigènes.
En Europe, seuls le Portugal (9ème, + 5,6%) et la Tchéquie progressent. Ce dernier pays talonne la Suisse et a passé la barre des 200 millions de litres consommés (203 mois, + 5,4%).
Le Brésil est recordman absolu, avec une progression de près de 42% en un an, soit à 130 millions de litres sur 440 mios qui le placent au 12ème rang des consommateurs. Le Mexique fait très bien aussi à + 24%. Mention bien au Japon, + 6,8%, à la Roumanie, + 11%, et à la Grèce, + 13,6%, mais aussi à la Géorgie, + 28% et même à l’Ukraine, + 6,3%. Ce sont les seuls pays qui progressent sur les 30 premiers classés représentant 95% de la consommation mondiale. Tous les autres, notamment les grands acteurs, affichent une consommation à la baisse, entre 2,4% pour le Royaume Uni et 9,4% pour l’Italie. La Chine fait pire, avec moins 13%, et pointe au 11ème rang des pays consommateurs alors que certains la voyaient avant le COVID se rapprocher du trio tête. Celui-ci est formé des Etats-Unis, devant la France et l’Italie.
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