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Posté le 21 décembre 2007 dans Actus - News

Comment l’Europe veut résister aux vins du Nouveau Monde

Comment l’Europe veut résister aux vins du Nouveau Monde

Réforme du vignoble
Comment l’Europe veut faire pièce
aux vins du Nouveau Monde

D’une part, l'arrachage «volontaire» de 175'000 hectares (douze fois le vignoble suisse !), d’autre part, la libéralisation des droits de plantation, soit, une première mesure pour assainir les vignobles qui ont de la peine à vendre, et une seconde pour favoriser ceux qui s’en sortent, tel est l’un des compromis, obtenu, entre le 17 et le 19 novembre 2007, par les vingt-sept ministres européens de l’agriculture, réunis à Bruxelles. Toutefois les pays qui refusent de libéraliser leurs droits de plantation, comme la France, peuvent maintenir le statu quo jusqu’à fin 2018.
L’enrichissement du moût par du sucre, la chaptalisation, est maintenue, mais, dès 2009, limitée à la proportion dégressive de 3% à 1,5%, de la zone la plus froide A à la plus chaude, C, en passant par la B (2%). L’Allemagne a obtenu que la chaptalisation, comme aujourd’hui, ne figure pas sur l’étiquette. La France s’est battue pour pouvoir à la fois désalcooliser et chaptaliser… Les pays du Sud (Italie, Grèce et Espagne) bénéficieront d’aide au moût concentré pendant quatre ans, mais ce moût ne remplacera pas l’ajout de sucre de betteraves.
Pendant quatre ans également, les pays pourront, sur l’argent obtenu de l’Europe à titre d’enveloppe nationale, subventionner la distillation, et même la rendre obligatoire dans certains cas. L’arrachage, que la commissaire européenne Mariann Fischer Boel avait préconisé à hauteur de 400'000 hectares, se limitera, finalement, à 175'000 ha, mais sur une base volontaire. Les pays pourront le limiter à 8% de leur surface nationale et à 10% d’une surface régionale concernée.
Pour les «vins de table», de moindre qualité, afin d’appliquer les mêmes règles que le Nouveau Monde, il sera désormais possible d’indiquer le cépage et le millésime, pour des vins sans indication géographique (non AOC, IGT ou VdP), donc pour des vins dits «variétaux» d’entrée de gamme. Mais les pays pourront limiter la liste des cépages mentionnés (réservant les autres aux AOC).
Le même débat a lieu en Suisse, entre AOC et vins de pays. Si la nouvelle ordonnance sur le vin — très libérale, faute d'entente entre les cantons et les milieux vitivinicoles! — que vient de publiér Berne, n’exclut aucun cépage des vins de pays, des parlementaires (valaisans) vont intervenir pour «protéger» certains cépages, par une liste positive réservées aux seules AOC, et éviter ainsi une concurrence entre vins de haut de gamme et de bas de gamme, sans que le consommateur puisse remarquer sur l'étiquette clairement quels sont les uns et les autres.
© Pierre Thomas, 21.12.07