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Posté le 16 avril 2009 dans Tendance

La France s’engouffre dans l’œnotourisme

La France s’engouffre dans l’œnotourisme

Conseil national, Salon à Lyon…
La France s'engouffre
dans l'œnotourisme

Si le vin colle à l'image de la France, celle-ci mise — enfin — sur l'œnotourisme… comme les autres pays d'Europe.
Par Pierre Thomas
Le ministre français de l’agriculture, Michel Barnier, l’a annoncé fin mars 2009: Paris entend mettre en place un Conseil national de l’œnotourisme. Et c’est une personnalité du monde hôtelier qui le présidera, l’ex-séanateur Paul Dubrule. Diplômé de l’institut des hautes études commerciales de l’université de Genève, il a cofondé Novotel, en 1963. A bientôt 75 ans, il préside toujours le conseil de surveillance du groupe Accor, dont il fut le numéro un durant treize ans, jusqu’en 1996.
Mais dès 1973, il s’est aussi offert un vignoble de 60 hectares, le Domaine de la Cavale, à Cucuron, dont l’AOC Luberon fête, cette année, ses vingt ans. C’est donc un homme à la croisée du tourisme et de la vigne qui prendra les choses en mains. Il l’a dit au quotidien le Figaro : «J’ai l’intention de mettre tout en réseau avec le vin, les paysages, le territoire, la culture, le sport et le tourisme. Je veux multiplier les initiatives du style vin et culture, vin et églises romanes, etc.».
Une route des vins réactivée
Cette démarche n’est pas nouvelle. Dans plusieurs régions viticoles, la «mise en réseau» existe déjà. Ainsi, la région de Lavaux, classée au patrimoine mondial par l’UNESCO, se cherche un coordinateur, en liaison avec les autorités locales et supralocales, capable d’orchestrer la promotion et des événements ponctuels.
Mais souvent, le concept de «route de vins» se limite à poser des panneaux au bord des chemins et le touriste n’a qu’à se débrouiller… Au premier salon international de l’œnotourisme (SILOT), à Lyon (lire ci-dessous), le Beaujolais sera de la partie. A double titre. D’abord, s’il est proche de Genève, le Beaujolais l’est davantage de l’ancienne capitale de la Gaule qui reste son débouché naturel, sur la même rivière, la Saône.
Le Beaujolais se structure
Ensuite, en crise économique et identitaire, ce vignoble et son interprofession ont engagé Fabien Vignal pour structurer l’offre touristique liée aux vignerons. Ce jeune Ardèchois s’attelle, depuis un an et demi, à fédérer une centaine d’acteurs de la filière viticole. Un guide, tiré à 25'000 exemplaires, sort de presses, ces jours, et sera mis en ligne sur le site www.beaujolais.com en mai. Au menu, 40% d’hébergement chez l’habitant et 50% de restauration, du «mâchon» (le casse-croûte) à la table d’hôtes et au service traiteur. Recensés aussi, musées — du Hameau du vin, du négociant Georges Dubœuf, précurseur en la matière, au «chemin des vignes» à Vauxrenard —, et fêtes, comme la «tournante» des crus, cette année à Chénas, le dimanche 26 avril.
L’art de vivre dépasse le produit
«Il faut considérer le vin comme un art de vivre et plus seulement comme un produit», explique le chargé de mission d’Inter-Beaujolais, dans son bureau de Villefranche-sur-Saône. «On se sert du Beaujolais-Nouveau, qui sort de cave le troisième jeudi de novembre, comme d’un tremplin. Mais j’aimerais que l’apprentissage de la dégustation remplace l’image du caveau où l’on va boire son canon.»
Sur les 4 millions d’euros (6 millions de francs suisses) dégagés pour la promotion par l’interprofession du beaujolais, 120'000 euros (180'000 francs suisses) ont été misés sur le projet œnotourisme. «C’est un peu plus que la Bourgogne», relève Fabien Vignal. S’y ajoute une aide publique de l’Union européenne, liée à un projet précis, comme la route des vins. Les acteurs viti-vinicoles n’ont rien à payer, en revanche. «Mais ils doivent s’engager à respecter une charte de qualité de 70 points. On a reçu 104 candidatures et 10 n’ont pas été retenues cette année», détaille le responsable. Chaque partenaire sera contrôlé tous les deux ans, au moins : «Seul le suivi garanti la réussite d’une route des vins», insiste Fabien Vignal.
Augmenter la durée de séjour
Le but de l’opération est non seulement d’attirer davantage de touristes dans le Beaujolais, mais aussi d’allonger le séjour, actuellement de 1,8 nuits en moyenne. «On devrait passer rapidement à deux nuits. Nous allons aussi démarcher les excursionnistes à la journée. Car il ne faut pas se leurrer, personne ne vient passer une semaine dans une région pour du vin, sauf les œnophiles déjà motivés.». Même si l’accueil des gens du Beaujolais est chaleureux : «Son caractère ressemble davantage à l’Alsacien qu’au Bourguignon. Mais aussi à l’Ardéchois», sourit ce chargé de mission au cœur fidèle, quoique marié à une Haut-Valaisanne d’origine.

Eclairage
Le premier Salon
de l’œnotourisme à Lyon

Actif dans le vin par l’organisation de foires régionales, dans l’édition et sur Internet (www.vinomedia.fr), Benoît Escoffier organise, du 15 au 17 mai 2009, à l’Espace Tête d’Or à Lyon, le premier Salon international de l’Oenotourisme (SILOT). La manifestation est ouverte aux professionnels comme au grand public et plus de 15'000 visiteurs (dont mille journalistes…) sont attendus par une centaine d’exposants. En pluis de «toutes les régions vitivinicoles françaises», la Suisse et l’Italie sont annoncées, la première avec Giroud Vins qui, après avoir inauguré une cave ultramoderne à Sion, développe des points de vente (l’un doit s’ouvrir à côté de la place Saint-François à Lausanne). Parmi les conférences, le vignoble de Cahors et la région de Cognac viendront parler de leurs expériences, en plus du Beaujolais, de l’Alsace, du Jura, etc. En mai 2010, le salon migrera à Paris et en 2011, il est annoncé à Bruxelles. Site Internet: www.silot.fr.

Paru dans Hôtel Revue du 16 avril 2009.