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Posté le 14 mai 2009 dans Vins suisses

Interprofession du Vin suisse, le retour!

Interprofession du Vin suisse, le retour!

L’Interprofession
du Vin Suisse
refait surface

Engloutie dans la faillite de Swiss Wine Communication, l’Interprofession du vin suisse (IVS) refait surface. Mais producteurs et négociants ne sont pas d’accord sur sa forme.Pierre Thomas
L’IVS s’était mise en veilleuse fin août 2007. Elle n’avait pas résisté au naufrage de Swiss Wine Communication, sa structure de promotion, qui a jeté, en un peu plus d’un an, de l’argent par les fenêtres, sans contrôle suffisant.
Le vin sous deux ailes
L’Association suisse du commerce des vins, qui tenait son assemblée annuelle jeudi passé (14 mai 2009) au Lausanne-Palace & Spa, a confirmé qu’elle adhère au schéma que son comité, présidé par le Vaudois Henri Olivier Badoux, a proposé aux partenaires potentiels.
La construction envisagée par les négociants est à deux ailes. L’une, sous le nom d’Interprofession du vin suisse (IVS), s’occuperait des problèmes spécifiques au vin indigène. L’autre, dénommée Conférence suisse du vin, regrouperait les producteurs, les négociants, les importateurs et les distributeurs. «L’interprofession se battrait pour le vin suisse, tandis que la conférence défendrait le produit vin en général. Pour nous, c’est la meilleure et la seule solution !», s’est exclamé Henri Olivier Badoux.
Une histoire de familles
Toutefois, cette construction est loin d’être sous toit. Si la Conférence ne pose pas de problème à priori, la réactivation de l’IVS ravive des tensions. Dans l’atmosphère feutrée du palace lausannois, elles ont été exprimées à demi-mots. Ainsi, le Neuchâtelois Laurent Favre, directeur de la Chambre d’agriculture de son canton, est, depuis quelques semaines, le nouveau président de la Fédération suisse des vignerons. Il a dit aux négociants qu’un «compromis» devrait permettre aux deux «familles» (production et transformation) de siéger équitablement, selon les statuts de l’IVS toujours existante sur le papier, car «moribonde, mais pas morte».
L’Association suisse du commerce des vins préférerait voir dans cette interprofession une superstructure émanant des interprofessions constituées dans les six régions viticoles. La «famille» de la production — viticulteurs qui livrent du raisin et vignerons-encaveurs — craint d’être lésée, au moment où des regroupements d’entreprises (comme Badoux, à Aigle, qui fait désormais partie du groupe Schenk à Rolle, via Obrist à Vevey) ont des positions renforcées.
Eviter les débats sans issue

Les coopératives, formées de viticulteurs, mais qui transforment le produit, penchent du côté du négoce, comme l’a dit le patron de Provins-Valais, Roland Vergères. Pour lui, la «représentativité indirecte» de la production à travers les interprofessions régionales devrait permettre d’éviter des débats sans issue au niveau national, pour cause d’«intérêts divergents». Mais la Genevoise Claude Bocquet-Thonney, présidente de l’Association des vignerons-encaveurs suisses a insisté sur l’importance des «familles» : «Il serait étonnant que la Suisse n’arrive pas à faire ce que toute l’Europe peut réaliser», a-t-elle plaidé.
Pour l’ensemble de la branche viti-vinicole suisse, la réactivation d’un organisme qui se positionne clairement face aux pouvoirs publics — à Berne, en l’occurrence — est importante. Mais encore faut-il «que les politiques puissent se fier aux avis émis par l’IVS», a insisté le président des vignerons, Laurent Favre, qui est aussi conseiller national. Dans sa volonté de libéraliser le marché du vin, dont l’entrée en vigueur est agendée à août 2012, l’Union Européenne confirme, du reste, le rôle prépondérant des interprofessions. Une mission d’équilibrage qui va au-delà de celle, limitée à la promotion en Suisse et à l’étranger, et à la surveillance des marchés, que Berne octroie très chichement à l’IVS. Mais les déboires de l’IVS ont donné raison, jusqu’ici, à la méfiance de l’Etat, dans un pays au fédéralisme exacerbé.
Paru dans Hôtel Revue du 20 mai 2008.