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Posté le 14 octobre 2009 dans Vins suisses

En 2010, des caves ouvertes «à la vaudoise» aussi

En 2010, des caves ouvertes «à la vaudoise» aussi

Derniers à s’y mettre…

Les Vaudois auront
leurs «caves ouvertes»

Derniers des Romands à s’y mettre, les Vaudois auront leurs «caves ouvertes» à la Pentecôte 2010. L’esprit de clocher s’est effacé derrière les arguments rassembleurs de l’Office des vins vaudois (OVV).
Par Pierre Thomas
Ils s’y sont tous mis pour attirer des consommateurs dans leurs caves, les vignerons genevois, les premiers, puis les Neuchâtelois, et plus récemment, les Valaisans, enfin, les Vaudois. Il faut dire que chaque village organise sa propre manifestation. Le calendrier est riche, repris sur le site www.ovv.ch. Les «Journées vaudoises du vin» proposeront sur deux jours, vendredi et samedi 21 et 22 mai 2010, trois cents lieux à découvrir. «Tous les cantons ont leurs caves ouvertes en mai, mais nous devrions être les seuls sur le week-end de Pentecôte», assure Nicolas Schorderet, secrétaire général de l’OVV.
La Suisse alémanique en point de mire
Reste à savoir si cette opération à grande échelle sonnera le glas des autres animations locales : «Il est bon de découvrir les vins à leur sortie de cave, en mai, puis quelques mois plus tard, en automne», explique M. Schorderet. L’OVV investira au moins un demi-million de francs, pour attirer des amateurs, mais aussi des professionnels, des Vaudois, en bons voisins, mais aussi des Alémaniques.
Car la Suisse alémanique, où 75% des vins vaudois sont bus, reste la cible privilégiée des vignerons vaudois et de leur organisme de promotion. Après une campagne publicitaire, cet hiver, les «caves ouvertes» seront annoncées dans des feuilles gratuites des grandes agglomérations (Zurich, Bâle, Berne, Lucerne) et les radios locales. Les mêmes canaux ont été choisis en Suisse romande.
Collaborer avec le tourisme et l’Horeca
L’OVV veut davantage travailler avec des partenaires, comme les milieux touristiques et de l’Horeca (hôtellerie vaudoise et Gastro Vaud). A l’image d’«Art de vivre», au budget de 300’000 francs, en partie financés par le canton, qui réunit trois filières vaudoises, le tourisme, les vins et les produits du terroir. Créée en 2004, l’association se fixe des objectifs à trois ans. «Nous avons renoncé aux Grüne Woche de Berlin après deux ans, cette année : cela ne correspondait pas à notre marché. Et nous ne retournerons pas à Zurich, où la situation est compliquée», confie Danielle Richard, secrétaire générale. Par contre, le Pays de Vaud, après avoir été hôte d’honneur en 2008, est retourné cette année à l’OLMA, à Saint-Gall (qui se tient jusqu’au 18 octobre), avec un kiosque de produits du terroir, dont les vins, et une pinte. Les Vaudois côtoient Suisse Tourisme et à l’Union suisse des paysans, unis dans le «tourisme vert». Saint-Gall sera à nouveau au programme en 2010, comme la MUBA, à Bâle, et le Marché concours de Saignelégier, où les Vaudois seront hôtes d’honneur.
Et s’ils se mobilisent outre-Sarine, les Vaudois ne délaissent pas leur fief : à l’occasion du festival de musiques modernes Metropop, à Lausanne, du 12 au 14 novembre 2009, six jeunes vignerons iront à la rencontre d’un public de leur âge, plus habitué à la bière et aux cocktails qu’au chasselas, qui représente près de 95% du vin blanc vaudois.
 

Eclairage

La vendange 2009 ?
«Du jamais vu»

Président de la Communauté interprofessionnelle du vin vaudois (CIVV), Gilles Cornut, en est tout retourné: «Que rêver de mieux que le millésime 2009? C’est du jamais vu, avec des chasselas à près de 80° Oechslé de moyenne et des pinots noirs à 100°. On a connu des conditions plus proches de la Californie ou de l’Afrique du Sud, avec beaucoup de sucre, mais une maturité phénolique qu’il a fallu attendre. Les vins blancs seront charpentés, avec une attaque douce, comme les consommateurs l’aiment actuellement. Les rouges seront très colorés, avec des tanins fermes, dans le style des Côtes-du-Rhône. 2009 ressemble à 1945, un millésime chaud, comme 1959 et, plus près de nous, 1990 ou 2000.» En 2008, le chasselas sondait 72° Oechslé et le pinot noir, presque 90° Oechslé, en moyenne vaudoise. Quant aux volumes encavés, ils devraient être légèrement supérieurs à 2008 en blanc, avec 22 millions de litres (contre 21,86), et un peu inférieurs en rouge, avec 8 à 8,5 millions de litres (contre 9). Les derniers raisins de gamaret et de merlot ont été cueillis cette semaine encore… (pts)

Paru dans Hôtel Revue du 15 octobre 2009.