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Posté le 20 septembre 2011 dans Actus - News

La grande loterie du blanc vaudois

La grande loterie du blanc vaudois

Le Concours Jean-Louis a 70 ans

Grande loterie de blanc vaudois

Je suis allé faire le Concours Jean-Louis, 70ème du nom, le lundi du Jeûne Fédéral, au Comptoir (suisse), à Lausanne. Nous étions plus de 400 participants individuels, ce jour-là, et 5 seulement ont trouvé la combinaison gagnante des 5 verres de chasselas «remis» dans le bon ordre de leur région, donc leur AOC, d’origine.
D’emblée, la dégustation m’est parue mission impossible, en toute honnêteté. Dans le verre no 1, un vin avec des notes anisées, de la fraîcheur, mais aussi de l’amertume finale. Dans le verre no 2, un neu un peu lactique, un vin assez rond, avec, déjà, des notes miellées. Dans le verre no 3, un vin tendre, mûr, comme coupé avec un autre cépage (doral, charmont, chardonnay?), finale aigre-douce et amère. Dans le verre no 4, un vin légèrement amylique, mais gras et ample. Dans le verre no 5, un vin presque transparent, avec beaucoup de CO2, souple, et une finale amère.
Le vinificateur et le millésime
Premier constat : les cinq vins étaient marqués par une patte œnologique, jusqu’au défaut, plus que par le terroir, parfaitement non identifiable. Affiché sur la paroi du boxe de dégustation, le guide-âne sur les qualités organoleptiques supposées de chaque région s’avérait d’une totale inutilité.
Deuxième constat, lié au millésime 2010, l’amertume finale de la plupart des vins. Dans ces conditions, bravo aux valeureux dégustateurs qui ont trouvé la bonne combinaison : verre no 1, un Calamin ; no 2, un Aigle/Chablais ; no 3, un Féchy/La Côte ; no 4, un Dézaley ; no 5, un Côtes-de-l’Orbe — je n’ai placé que le no 3 au bon endroit. Le fait est que, malgré tous les discours sur la capacité du chasselas de révéler le terroir, réputé propre à chaque village (qui peut être noyé dans une AOC régionale), c’est l’hétérogénéité de chaque producteur qui ressort.
6 vins confirmés sur 99 médailles d’or
On en veut pour preuve les deux principaux concours où les chasselas vaudois se sont distingués cette année : 64 médailles d’or (entre 89 et 92 points/100) à la Sélection des Vins Vaudois et 41 médailles d’or au Grand Prix du Vin Suisse, à Sierre. Soit 105 médailles d’or pour les chasselas vaudois — un résultat formidable ! Eh bien, alors que souvent (mais pas obligatoirement), les mêmes producteurs participent aux deux compétitions, il n’y a, selon mon pointage, que 6 vins qui ont obtenu la double médaille d’or (millésime 2010) : le Féchy Grand Cru, Domaine de Fischer (91 points OVV), un des six nominés au GPVS (parmi les meilleurs pointages, donc), vinifié par Hammel, le Calamin Grand Cru, Hegg & Fils, Epesses (89.2), également un des six nominés au GPVS, puis le Saint-Saphorin Pré-Lyre de Jean-Luc Blondel, Cully (90.6), deux vins présentés par Obrist à Vevey, le Domaine de Autecour à Mont-sur-Rolle (90.6) et le Clos du Rocher, Grand Cru d’Yvorne (90), ainsi que le Féchy Grand Cru du Domaine de la Vignarde, dont la Réserve de l’Ambassadeur a été notée 90.2 à l’OVV.
6 vins placés dans l’élite de part et d’autre et 99 vins primés ici ou là : la dispersion est énorme… comme au Jean-Louis! Quelques autres producteurs, il est vrai, figurent sur les deux tableaux, mais pour des vins différents.
Le Mondial du Chasselas, à Aigle, le printemps prochain devrait y ajouter son grain de sel. Mais, c’est sûr, on s’amuse beaucoup à déguster des blancs vaudois, à Lausanne, Sierre ou ailleurs…
©thomavino.ch