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Posté le 14 janvier 2005 dans Adresses, Restos

Oron (VD) — Table d’hôtes

Oron (VD) — Table d’hôtes

Table d'hôtes des Planche du Pont, à Oron (VD)
Là où le cochon est garanti maison
Carricaturons. La Confédération les a assistés pendant un siècle. Et soudain, on a dit aux paysans: débrouillez-vous! Certains baissent les bras. D'autres imaginent des solutions. Voilà dix-huit mois, deux jeunes, Olivier Pasche, 31 ans, paysan sur 37 hectares, avec son père et un stagiaire, et son amie Carine Etter, 26 ans, ont ouvert une «table d'hôtes» à Oron.
En arrivant de Châtillens, on voit, de loin, une guirlande de lucioles, devant une belle maison paysanne. On pousse la porte. La salle à manger n'a rien d'un coin cuisine misérabiliste où l'on ferait découvrir à «ceusses» de la ville une «réalité paysanne» digne d'un «Mayen 1903». Ici, on est de son temps: l'extracteur de fumée prend de la place et on distingue, par la porte ouverte, l'inox rutilant d'une cuisine professionnelle. Sur un carrelage de pierre lavée, de solides table de bois… exotique, en teck huilé du Bénin.
Ce soir-là, il n'y avait qu'une grande tablée et nous, quatre convives. Les plats se succèdent au rythme de la cuisine: tout le monde mange la même chose, c'est la formule! Voici, posée sur la table, une bonne soupe à la courge au curry doux, suivie d'une fricassée de cochon de la ferme. Vous avez dit traçabilité? L'omnivore a été nourri tout à côté, abattu la veille et débité… Son souvenir nourrira l'hiver de saucisses en boucles. Pour l'instant, la viande, goûteuse, régale les hôtes, selon une recette du terroir romand. La viande doit être longuement cuite à découvert dans du vin blanc, puis rôtie dans sa propre graisse jusqu'à coloration. Elle est servie dans son jus réduit: un authentique mets d'hiver! Ensuite, un strudel aux pommes et petits raisins et glace vanille maison, puis des bricelets en guise de pousse-café. Un menu, certes imposé, facturé 29 francs (sans le vin, à 25 fr. la bouteille, lire ci-contre). L'idée est de viser une cible entre 30 et 40 francs, pour un maximum de vingt couverts.
Les deux tenanciers ne se sont pas improvisés hôtes. Olivier Pasche a suivi un cours de «cuisinier en tourisme rural», dans le Vercors (France). Aide-soignante au CHUV, Carine Etter a bouclé son cours de cafetier et obtenu une patente, sous l'ancienne loi vaudoise. Aujourd'hui, sous certaines conditions, un tel papier n'est plus indispensable. Les viandes (du porc, mais aussi du veau et du bœuf) viennent de la ferme, les légumes du potager, en été, sinon d'un maraîcher. Carine Etter résume: «Les gens viennent pour le cadre et notre cuisine traditionnelle toute simple qu'on ne mange nulle part ailleurs».

La bonne adresse
Table d'hôtes, Les Planches du Pont, rte du Flon 21, Oron-la-Ville
Ouvert midi et soir, du jeudi au dimanche midi. Sur réservation, dès deux personnes.
Tél. 021 907 83 05, www.tabledhotes.ch
 
Le vin qui va avec…
Une dôle historique

Dôle? Vin rouge valaisan! La coopérative Provins, en 1957, le croyait aussi lorsqu'elle en appela au Tribunal fédéral. Verdict: le seul propriétaire à Lavaux qui nommait son rouge «Dôle d'Epesses» depuis 1890, a conservé son bon droit. Voilà pourquoi la famille Blondel-Duboux, vignerons à Cully depuis 1453, embouteille, sous une étiquette enluminée, cet assemblage rouge, de deux tiers de pinot noir, et un tiers de gamay-gamaret-garanoir, tous cuvés ensemble. Ce vin a obtenu le label Terravin. Si on le trouve à la table d'hôtes d'Oron, c'est que le vigneron est un cousin. Ce lien ne diminue en rien les mérites de ce rouge bien fait, signé Jean-Luc Blondel, 42 ans, troisième de la Coupe Chasselas, cette année, avec son Villette Champ Noé 2002. Jusqu'ici, les 7 hectares du domaine étaient plantés à 90% en chasselas, faisant de la «dôle d'Epesses» son seul rouge. Tout cela va évoluer. L'avenir s'annonce prometteur: on pourra en juger sur place le samedi 6 décembre, lors d'une journée «portes ouvertes».

Chronique de Pierre Thomas, parue dans Le Matin-Dimanche, novembre 2003.