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Posté le 7 novembre 2005 dans Vins suisses

Du fendant et des clichés

Du fendant et des clichés

Vins suisses — Débat à Martigny
Du fendant et des clichés

Quel avenir pour le fendant ? A l’occasion de la «journée du 75ème anniversaire» de Provins, au Comptoir de Martigny, un débat a fait le point, il y a dix jours, retransmis en direct par Rhône FM. Le moins que l’on puisse constater, c’est que vu de Bordeaux ou de Sierre, le point de vue est loin d’être identique…
Ainsi, la coopérative valaisanne avait invité le professeur Nicolas Vivas, de l’Université de Bordeaux. Cet intervenant a répété ce que l’on entend depuis toujours. D’abord, que le chasselas n’est pas un cépage de cuve, mais un raisin de table, rengaine des œnologues hexagonaux. Ensuite, que le Valais devrait se concentrer «sur des vins beaucoup plus expressifs». Enfin, «que le prix (actuel) du fendant ne passera jamais sur le marché international». Et encore que la Suisse, et notamment le Valais, devrait resserrer son offre de vins par trop diffuse…
Le seul vin suisse (re)connu
Bref, l’universitaire français qui, au passage, a complimenté les Valaisans sur la qualité intrinsèque de leurs vins, n’a pas poussé le bouchon au-delà des clichés, donnant raison aux viticulteurs valaisans qui ont arraché 433 hectares de chasselas en dix ans, pour une surface restante de 1339 ha, soit 26% du vignoble. L’espoir, lui, est venu des Suisses au micro. Le Sierrois Dominique Fornage, gérant du Château de Villa à Sierre, a plaidé pour une diversité d’origine du fendant, «le vin de base du Valais». Revendiquant son statut de Vaudoise, Marie-Hélène Miauton, directrice de l’institut MIS-Trend, a cité ses enquêtes, confirmant que le fendant «est le seul vin suisse qui a de la notoriété, clairement identifiée au Valais».
Comparaison helvético-planétaire
Selon l’analyste, les consommateurs suisses réclament une grande diversité de leurs vins, «car ils les comparent à l’ensemble des vins du monde». Donc, il serait «dommage de limiter leur choix». Selon Mme Miauton, ce qui manque aux vins suisses, c’est une image et «de la communication, qui n’est pas encore sortie des limbes». Et de rappeler qu’un tiers des consommateurs s’approvisionnent chez le vigneron, 50% achètent en grandes surfaces et 25%, quand il y a une dégustation, s’en vont, convaincus, avec quelques bouteilles. (PT)

Paru dans Hôtel + Tourismus Revue, 13 octobre 2005.