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Posté le 7 janvier 2005 dans Tendance

Vins suisses — Humeur: un guide comme un verre à moitié vide

Vins suisses — Humeur: un guide comme un verre à moitié vide

Vins suisses
Guide des vins suisses: un verre à moitié vide

Grâce à l’argent de la Confédération, pour la première fois, les vins suisses peuvent faire leur pub en Suisse. Jusque-là, cette propagande officielle était réservée à l’exportation. Avec le succès que l’on sait : moins d’1% de la production trouve preneur hors de Suisse !
Non seulement les vignerons ont eu leur gala à Berne (lire en page X), mais leur Interprofession publie ce qu’elle nomme un «guide». A tort ! Car il s’agit d’un répertoire d’adresses de bonnes et de moins bonnes caves. Choisies selon quels critères ? L’amateur averti sera étonné de ne pas trouver d’excellents vignerons comme les Genevois Jean-Michel Novelle et Nicolas Bonnet, le Tessinois Christian Zündel, le Grison Daniel Gantenbein ou le Vaudois Christian Dugon, qui font plus pour la réputation des vins suisses que la masse des viticulteurs.
La «sélection» s’est faite sur une base volontaire : certains vignerons n’ont pas présenté de vins ; d’autres ont été «repêchés» parce qu’ils sont des acteurs économiques incontournables de leur région. Certains figurent dans une liste de 291 vins jugés très bons, d’autres parmi 974 vins un cran en-dessous. Mais, pour éviter toute polémique, l’annuaire ne publie aucune cotation : il est l’anti-Parker (américain), l’anti-Bettane-Desseauve (français) ou l’anti-Gambero Rosso (italien), autant de «guides» qui sont des points de repère pour les œnophiles.
Bref, c’est comme si on invitait les touristes à découvrir les Alpes suisses, sans publier une photo du Cervin sous prétexte qu’il est déjà connu. Ou qu’on montrait ce même Cervin — symbole d’un socle de vins courants pour une extrémité de vins d’exception — sans son sommet.

Billet de Pierre Thomas paru dans le 24 octobre 2004 dans Le Matin-Dimanche