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Posté le 11 décembre 2005 dans Vins suisses

Vaud — Le rare Dézaley 2005 sauve la mise des vins de la Ville de Lausanne

Vaud — Le rare Dézaley 2005 sauve la mise des vins de la Ville de Lausanne

Vente des vins de la Ville de Lausanne 2005
Le rare Dézaley sauve la mise

Le 10 décembre, pour la première fois depuis 202 ans, la vente aux enchères de la Ville de Lausanne a eu lieu un samedi matin et non le deuxième jeudi de décembre. «C’est bon pour les 200 prochaines années!», a assuré, péremptoire, l’ex-syndic Jean-Jacques Schilt, pour qui c’était la dernière mise en tant que municipal (membre de l’exécutif), responsable des domaines communaux.
Pierre Thomas
La vente à la criée de 129'000 litres de vin du millésime 2005, pour un peu moins d’un million de francs (998'000 fr., au prix moyen du litre de 7,73 fr.) ne permettra pas de limiter la «casse» de la grêle du 18 juillet à Lavaux. La Ville de Lausanne essuie donc un manque à gagner d’un million de francs, équivalant au produit de la mise. Mais la manifestation a été positive sur plusieurs points. D’abord, les intéressés, certes masculins et d’âge mûr, ont été une septantaine à y participer, à l’Hôtel de Ville. Ensuite, les prix se sont bien tenus, juste sous le niveau des 2004, pour les vins de La Côte (Château de Rochefort et Abbaye de Mont).
Six fois moins de Lavaux
Comme prévu, le seul vin de Lavaux, le Dézaley du Clos des Moines, a vu son prix s’envoler : à 16,60 fr. en moyenne le litre de blanc et 19,93 fr. le litre de rouge, soit la meilleure performance de ces dix dernières années (à l’exception de 1998). Le dernier lot a même été misé à 18 fr. ! Mais la quantité proposée de vin entre Epesses et Saint-Saphorin s’était réduite comme peau de chagrin: 17'670 litres contre 126'600 en 2004.
7'600 litres de rouge sur le carreau
Dans les mauvais points, l’absence d’une clientèle privée jeune et le désintérêt pour le vin rouge de l’Abbaye de Mont-sur-Rolle, dont 7600 litres n’ont pas trouvé preneur. Cette frilosité s’explique par la redistribution des cartes parmi les gros acheteurs du marché suisse: Coop et Denner, après le rachat de PickPay, ne sont plus que deux. Dernier enchérisseur des trois quarts des lots, le courtier en vins vaudois André Linherr observe : «La mise lausannoise est bien le thermomètre du marché. Elle reflète la tendance du millésime. Les crus de la Ville de Lausanne restent des vins de haut de gamme, qui ont une bonne cote en Suisse romande.» (paru dans Le Matin-Dimanche du 11.12.2005)

Eclairage
Lausanne se met au tourisme viticole

La Ville de Lausanne vient de mettre en place un «projet accueil» sur deux de ses domaines viticoles. «Le jour où notre vigneron-tâcheron du Château de Rochefort, à Allaman, Aimé Berger, est venu nous dire que son épouse devait aller chercher un travail à l’extérieur, nous avons réfléchi pour compléter leur revenu», explique Michel Reichard, chef du service des forêts, domaines et vignobles du chef-lieu vaudois.
Quelques mois plus tard, les Berger, qui cuisinent tous les deux, tiennent table d’hôtes au-dessus de la cave, où ils vendent du vin à la clientèle de passage, et s’apprêtent à accueillir leurs premiers hôtes, dans deux chambres. Le domaine est déjà inscrit à la «Route du vignoble de La Côte» et a participé, avec grand succès, à la dernière «Semaine du goût», avec un pêcheur d’Allaman. A l’Abbaye de Mont-sur-Rolle, la grande salle peut également recevoir des banquets.
Six chambres à Saint-Saph’
Outre ces 18 ha de vignobles sur la Côte, la Ville dispose encore de 10 ha en Dézaley (Clos des Abbayes et Clos des Moines) et de 6 ha au Domaine du Burignon, en appellation Saint-Saphorin. C’est sur ce dernier domaine que Marc-Henri Mayor, nouveau vigneron-tâcheron, et son épouse Vanessa, une Australienne ex-marchande de vins à Saint-Saphorin, accueilleront des hôtes dans une maisonnette. En attendant la rénovation de la résidence principale, ce sont eux qui occupent ces six chambres, libérées dès cet été. Pas question, toutefois, de faire de l’hôtellerie de séjour : «Ces chambres ne sont pas dotées d’installations sanitaires individuelles. Nous ne servirons que le petit-déjeuner. Pour les tarifs, nous nous alignerons sur les directives du tourisme vert de Prométerre», précise Laurence Mayor, chef du projet «accueil» à la Ville de Lausanne. Autre établissement public du patrimoine communal remis dans le circuit cette année, après rénovation : le Chalet des Enfants, dans les bois du Chalet-à-Gobet. Le patron, Romano Hassenauer, cuisinier qui a suivi un cours de management à l’Ecole hôtelière voisine, a redonné du tonus à cette buvette d’alpage aux portes de la ville, à la fois pinte à fondue et bonne adresse de brunch dominical. (PTs — paru dans Hotel+Tourismus Revue du 1.12.05)