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Posté le 26 novembre 2014 dans Vins suisses

Vitiviniculture valaisanne  Viti 2020  des pistes pour l’avenir

Vitiviniculture valaisanne Viti 2020
des pistes pour l’avenir

Le 2 novembre 2014, le président du Conseil d’Etat, Jean-Michel Cina, avait coupé l’herbe sous les pieds de l’Interprofession de la vigne et du vin du Valais (IVVS), en rendant public un rapport de l’administration sur les dysfonctionnements de la vitiviniculture valaisanne et des remèdes à soumettre à la profession. Approuvé par l’IVVS, le «rapport intermédiaire» sur le processus Viti 2020 reprend l’essentiel des mesures préconisées par l’Etat. Et en propose quelques autres, comme l’élargissement de l’AOC, à débattre d’ici le printemps 2015.

Par Pierre Thomas

A terme, les discussions devraient conduire à «réformer les structures de la branche». Et à clarifier «un mélange des rôles entre les pouvoirs publics et les acteurs de la branche».

Le document, préparé par le consultant valaisan Yvan Aymon, avalisé le 26 novembre par l’IVVS, paraît davantage un catalogue d’intentions parfois contradictoires qu’un programme cohérent à appliquer.

Pour des contrôles «sérieux et efficaces»

Tombant au moment où des «affaires» sont révélées quasi au petit bonheur la chance, le texte réaffirme que la «la branche souhaite que les contrôles soient sérieux et efficaces. Elle veut protéger son AOC et préserver un marché sain». Encore faut-il «mieux définir les niveaux de gravité pour les infractions et les sanctions qui en découlent» (…) en «prenant en compte la notion de proportionnalité et la volonté de fauter intentionnellement.»

On observera que ce dernier point est fort ardu à prouver et que c’est davantage la publicité à géométrie variable assurée (ou non) à ces affaires qui pose un problème d’égalité de traitement.

Une tolérance de 5% partout

Sur les sujets délicats, le texte propose d’«introduite une tolérance de 5% dans les limites de rendement de l’AOC Valais dans le respect des limites de rendement fédérales». Cette même tolérance de 5% porterait sur la notion de cépage et «sur les critères liés à des éléments naturels qui ne sont pas totalement maîtrisables». Pour rappel, actuellement, un droit de coupage dit fédéral de 10% s’applique aux vins valaisans, blancs et rouges, avec du vin valaisan de même couleur.

Comme le proposait l’Etat, l’IVVS est pour «un concept permettant d’assurer la traçabilité». Le rapport de l’Etat avait mis au grand jour le hiatus et l’absence d’information entre les données liées à la surface et celles des vendanges, ne permettant dès lors pas d’appliquer des limites de rendement crédibles. L’IVVS propose de «définir des droits de production/commercialisation sur la base du registre des vignes» et de travailller «avec une seule base de données» gérée par un seul acteur.

Comme l’Etat le préconisait, le rapport propose d’«abandonner les droits de production globalisés — talon d’Achille du système valaisan ! — au profit de droits de production par cépage, parcelle et/ou appellation». Pour simplifier, les propriétaires pourraient créer des «lots de parcelle» dans le périmètre d’une commune et/ou d’une appellation.

Label Marque Valais et AOC élargie

A propos de l’AOC, le rapport remarque que «la législation fédérale pour les vins indique que ce sont les cantons qui sont compétents pour fixer les règles AOC (ou AOP) et pas les branches. Or pour les autres produits agricoles, c’est exactement le contraire», sans préciser si la vitiviniculture (suisse) devrait accepter de céder tout ou partie de son fédéralisme sur ce point… au profit de règles du jeu communes aux 15’000 ha suisses et compréhensibles par les consommateurs suisses (98% des vins bus le sont en Suisse!).

Le rapport dit vouloir «revoir les critères de l’AOC Valais» pour «offrir un vrai choix aux consommateurs entre des vins authentiques et des vins plus créatifs». Et donc, élargir le périmètre des AOC…. Les vins «authentiques» bénéficieraient d’un Label Marque Valais, assorti d’un cahier des charges (production limitée et droit de coupage à la seule tolérance 5%), attesté par un macaron avec hologramme et QR code ; les autres, réputés «créatifs», et cités comme «AOC de base» pourraient utiliser «les instruments œnologiques reconnus au plan international, tels que le coupage ou l’utilisation du MCR (moût concentré rectifié), afin de répondre aux besoins des consommateurs et de mettre les vins valaisans sur un pied d’égalité avec leurs concurrents.»

On rappellera qu’en UE, chaque AOC détermine son propre cahier des charges, très détaillé, dans les limites du droit européen (et souvent plus restrictif). Le rapport valaisan n’évoque pas les «vins de pays», dont les conditions sont définies par la Confédération, comme si l’entier du vignoble du Valais méritait l’AOC, qui devrait être étendue aux cépages rouges que sont certaines «curiosités» actuellement.

Favoriser les vins du Label Marque Valais

Seuls les vins Label Marque Valais pourraient concourir aux Etoiles du Valais et ces vins répondraient à des «valeurs d’éthique et d’authenticité», seraient certifiés Vitiswiss (qui recouvre la durabilité), «traçables», et garants de la rétribution «juste» du producteur, en «valorisant les avantages du Valais, l’environnement, la proximité et le social». «L’essentiel de la communication devrait se focaliser sur des vins Marque Valais». On sait qu’un projet dans ce sens a déjà existé pour le fendant et pour une «nouvelle» dôle. Enfin, il s’agirait de mettre de l’ordre dans la dénomination de Grand Cru, mi-cantonale, mi-communale.

Au niveau des «outils», le rapport plaide pour la création

— d’un centre de compétences mixte Etat/branche,

— d’une base de données vitivinicole centralisée,

— d’une «banque viticole» pour financer le renouvellement du vignoble, la mécanisation, l’entretien des murs de pierres de sèches et les infrastructures,

— d’un observatoire du marché (déjà en route au niveau suisse) élargi à des données sur le prix de la vendange et du vrac.

La suite ? En mars 2015, un «rapport final» devrait tomber, suivi d’une mise en œuvre des mesures dès 2015 et jusqu’en 2020.

©thomasvino.ch