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Posté le 7 février 2013 dans Vins suisses

Vins de la Ville de Lausanne: 2ème gamme en vue

Vins de la Ville de Lausanne: 2ème gamme en vue

Les nouvelles étiquettes des vins de la Ville de Lausanne (18 nouveaux!) présentés le 13 mai 2013.

Le deuxième samedi de décembre (soit le 8.12.2012), la traditionnelle vente aux enchères des vins de la Ville de Lausanne, 210ème de rang, a permis au chef-lieu vaudois d’engranger plus de 1,5 million de francs, en vendant à l’encan 150’000 litres de vins, durant près de sept heures de temps! Pour 2013 le plus grand propriétaire public de vignoble de Suisse (33 ha) annonce plusieurs changements.

Par Pierre Thomas

Nouveauté : par la mise de trois coffrets de «vieux millésimes» de chasselas, choisis par Georges Wenger, le restaurateur du Noirmont (JU), le nouveau directeur de l’Office des vins vaudois, Nicolas Joss, et le «baron» du Dézaley, Louis-Philippe Bovard, se sont tiré la bourre, pour arracher cinq bouteilles de millésimes remontant à 1957, à plus de 120 francs la bouteille.C’était aussi l’occasion de se procurer des étiquettes «collector» : les vins de la Ville de Lausanne ont été «relookées» avec des vignettes au graphisme modernisé et épuré, où le logo des deux lions, symboles de la Ville, apparaît juste sous l’étiquette principale. Autre nouveauté, les vins rouges 2011 de Lavaux avaient, pour la moitié du volume, été vendus à la mise 2011, tandis que l’autre moitié a été élevée un an dans un chai modernisé du Domaine du Burignon, et vendus non pas en vrac, mais en bouteilles, un sort réservé jusqu’ici au seul chardonnay (vinifié en cuve) du Dézaley.

L’abondance de petits lots, jusqu’à 6 bouteilles, de même qu’un prix de départ très bas, sont deux facteurs qui ont engendré un allongement du temps de la mise, à coup de 10 centimes de surenchères. «En 2013, nous proposerons un prix de départ plus haut, et nous supprimerons les petits lots, en-dessous de 60 bouteilles», annonce Yann Jeannin, le chef de la division logistique au service des parcs et promenades de la Ville de Lausanne.

Nouvelle équipe, nouvel élan!

«Nous avons une nouvelle équipe, avec la municipale Florence Germond (réd. : également «ministre» des finances du chef-lieu vaudois), la responsable des vignobles, Tania Munoz, et moi-même. Et une nouvelle dynamique et une volonté d’aller de l’avant. Les vignobles de la Ville sont importants pour Lausanne qui, souvent, est connue outre-Sarine par cette seule carte de visite! Lausanne doit donner le la et, en tant que capitale, porter l’image des vins vaudois», revendique le fonctionnaire.

Les 33 ha des domaines, tous grands crus, de La Côte, (Abbaye de Mont, sur Rolle, Château Rochefort, à Allaman) et de Lavaux (les Clos des Moines et des Abbayes, qui font de Lausanne le plus important propriétaire viticole du Dézaley, photo ci-dessous, et le Domaine du Burignon, sur Saint-Saphorin) sont plantés à plus de 80% en chasselas. Lausanne entend revaloriser ce cépage emblématique du vignoble vaudois (60,88% de la surface, mais 68,87% de la production en 2012).

Pour ce faire, elle lancera une deuxième gamme de vins, juste avant les «caves ouvertes» vaudoises de la prochaine Pentecôte (18 – 19 mai 2013). Chaque domaine devrait proposer un chasselas «parcellaire». Ce sera particulièrement vrai pour le Domaine du Burignon, qui va obtenir, avec un de ses vins, le classement en 1er Grand Cru, dès le millésime 2012. (Les 18 vins, sous leurs nouvelles étiquettes jouant sur un L majuscule ont été présentés officiellement le lundi 13 mai 2013).

Une deuxième gamme «exclusive»

Chaque domaine propose déjà assemblage rouge et cette deuxième gamme offrira des «spécialités» comme un merlot, un gamaret-garanoir, un œil-de-perdrix (rosé) et un mousseux, désormais élaboré en méthode traditionnelle, dès le millésime 2011. Une dizaine de vins (quelque 20’000 bouteilles au total) devraient être mis sur le marché, vendus de 11 à 28 francs, dans les domaines eux-mêmes, à la Ville de Lausanne, et aussi par Internet.

Ces vins ne seront pas proposés en grande distribution. Cela signifie que les vins «traditionnels» ne seront, eux, disponibles que par le biais de la vente aux enchères publiques. Les plus gros clients des vins de la Ville, Coop et Denner, devront donc s’approvisionner par ce biais, via le courtier André Linherr. «Nous voulons essayer d’intéresser de nouveaux clients, plus jeunes, plus citadins, plus curieux des vins», explique Yann Jeannin. «Nous désirons aussi être plus présents en ville. La commune est propriétaire d’une quarantaine d’établissements publics, loués à des particuliers. Mais ceux-ci n’ont aucune obligation de proposer à leurs clients des vins de la Ville de Lausanne. On aimerait que ça change!»

Le développement durable passe par le boire local!

Reste à savoir si, politiquement, la Ville de Lausanne a un intérêt à conserver ses vignobles. Yann Jeannin en est persuadé : «La Ville est fière de ses propres produits. Elle met l’accent sur le développement durable, le marché de proximité. Les vignobles sont en cohérence avec ces objectifs. Mais ils sont soumis aux mêmes contraintes économiques usuelles : le but n’est pas de faire du vin et de perdre de l’argent. Et la Municipalité est consciente qu’il faut améliorer le fonctionnement des vignobles pour faire progresser la rentabilité. Nous devons augmenter la qualité des vins sans que cela coûte plus cher.»

Cela passe aussi par la redéfinition du cahier des charges des vignerons-tâcherons: dans quatre des cinq domaines, ils vont prendre leur retraite d’ici 2016. Mais pas en 2013, «année du renouveau et de la réflexion».

Paru dans Hôtellerie & Gastronomie Hebdo du 7 février 2013.