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Posté le 13 novembre 2015 dans Actus - News

Vendange vaudoise 2015  Quantité jamais vue depuis 35 ans, qualité depuis 70 ans

Vendange vaudoise 2015
Quantité jamais vue depuis 35 ans, qualité depuis 70 ans

En matière de vin, les deux extrêmes sont les vendanges pléthoriques de piètre qualité et celles, chiches, mais de grande qualité. La Suisse, et le vignoble vaudois, en 2015, vivent le second scénario. La récolte devrait à peine dépasser 20 millions de litres (dont 14,5 de blanc).

Par Pierre Thomas

Faut-il croire le président de la Commission interprofessionnelle du vin vaudois (CIVV), Gilles Cornut, quand il lance aux vignerons réunis à Coppet, «vin et lait, même combat !» et qu’un porte-parole de l’Union suisse des paysans en appelle à la solidarité paysanne pour aller manifester (pacifiquement) à Berne le 27 novembre? Après trois petites années, qui rétrécissent le marché pour les vins suisses, faute de «matière première», «toutes les analyses techniques et financières se recoupent, il y va vraiment de notre survie», assure Gilles Cornut.

Le retour à la fin des années 1970?

Jusqu’ici, 2013 était la plue petite récolte depuis 1981, avec 21 mios de litres (15 de blanc), soit 8 mios de litres de moins que la moyenne de 2003 à 2012. L’année 2014 redressait un tantinet la barre à 25 mios de litres (17,6 de blanc), tandis que 2012 (28,5 mios) et 2010 (28,6 mios) n’atteignaient pas la moyenne juste sous 30 millions de litres (atteints en 2011). Ce qui signifie par exemple qu’en 2015, les vignerons vaudois auront produit une peu moins que le seul vin blanc de 2011, alors que ce chiffre contient 6 millions de litres de rouge.

Si on pousse l’analyse plus loin, on constate que durant une décennie, de 1982 à 1991, le vignoble vaudois a produit 5 fois plus de 40 millions de litres de vin clair, avec les records des années pléthoriques 1982 (54,7 milllions) et 1989 (51,1 millions). Dans le même laps de temps, quatre années (1984, 88, 93 et 97) passaient péniblement la barre des 30 mios de litres. Mais surtout, dans les cinq années au tournant des années 1980, les récoltes furent catastrophiques : 13,7 millions de litres en 1978, 27 mios en 1979, 19,4 mios en 1980 et 19 mios en 1981, à laquelle on fait référence en comparaison avec 2015.

Léman en Languedoc?

Pour la qualité, le vignoble vaudois pourrait-il se réclamer du Languedoc? Les températures de 2015 ont mis Lausanne à la latitude de Montpellier! Davantage qu’à la canicule de 2003, le millésime se rapproche du légendaire 1945, et la vigne ne s’est jamais aussi bien portée que par ce temps chaud, commente Olivier Viret, d’Agroscope Changins. Si le débourrement fut normal au printemps, la floraison avait 7 jours d’avance sur la moyenne de 1925 à 2014, puis tous les stades suivants, près de deux semaines d’avance, et les vendanges, 95 jours après la floraison, 22 jours d’avance, au 16 septembre, selon les statistiques sur le chasselas du domaine expérimental de Pully. Un soleil évidemment bénéfique à la richesse en sucre : 85,7° Oechslé pour une moyenne sur 90 ans de 68,8° Oechslé. Ces sondages du chasselas sont proches de 1945 et 1947, légèrement plus élevés. «Le pH des moûts est resté assez bas avec une consommation presque intégrale de l’acide malique», constate Olivier Viret.

Et 2015 risque fort d’être l’année la plus chaude sur la Terre depuis les premiers relevés météo, sauf pour l’Europe du Nord. Toutefois, ni en jours tropicaux (30 au lieu de 33), ni en jours estivaux (61 au lieu de 81), la météo en Suisse romande n’a atteint les maximas de la canicule de 2003.

©thomasvino.ch