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Posté le 1 décembre 2016 dans Tendance

Vins valaisans et vaudois — Les vedettes se profilent

Vins valaisans et vaudois — Les vedettes se profilent

Le palmarès des Etoiles du Valais 2016, onzième édition, est particulièrement remarquable, cette année. Quelques unes des meilleures caves du Vieux-Pays sont honorées.

Par Pierre Thomas

La proclamation officielle du palmarès a eu lieu à Zurich, le jeudi 1er décembre : l’Interprofession de la vigne et du vin du Valais en a profité pour décerner une étoile d’honneur à Nicolas Bideau, le directeur de Présence Suisse.

Une nouvelle distinction est née cette année : le Prix Swiss Wine. Il couronne le vin qui a obtenu le meilleur pointage de la sélection cantonale des vins du Valais. En effet, ce sont les vins qui ont été les mieux notés lors de ce concours, en septembre, qui réunit plus de 1’000 vins, qui deviennent automatiquement «étoiles». Le plus haut pointage a donc été obtenu par la Petite Arvine 2015 de Gilbert Devayes, à Leytron, un vin que je suis depuis une dizaine d’années et qui, chaque millésime, exprime la plus belle typicité du cépage valaisan.

Autre belle récompense, pour la Syrah 2015 de la famille Boven, Cave Ardévaz, à Chamoson : rappelons que le regretté Michel Boven fut le premier vigneron de l’année de Suisse, avant que Vinea co-organise le Grand prix du vin suisse. Là encore, des vins près de l’authenticité du cépage. Même remarque pour Joël et Edith Briguet, de la Cave de la Romaine, à Flanthey : non contents d’avoir remporté plusieurs fois le titre pour leur humagne rouge, ils décrochent celui du Cornalin, avec Les Empereurs Grande Réserve 2014, un millésime frais et plus difficile à négocier que 2015…

Autre 2014, témoignant de la richesse du patrimoine viticole valaisan, le païen de la collection Les Serpentines, d’une cave souvent citée parmi les dix meilleures du Valais, celle de Gérald, et désormais de sa fille Sarah, Besse, à Martigny-Croix.

Titre pour une cave discrète, mais qui a signé de nombreux vins de haut de gamme comme «de base», la Cave du Vidomne, de Meinrad et Catherine Gaillard, à Saint-Pierre-de-Clages, distinguée par leur dôle Mélograno 2015, assemblage traditionnel revisité, composé des classiques pinot noir (dominant, légalement) et gamay, complétés par un peu de diolinoir et de gamaret.

La réccompense, pour l’humagne rouge, revient à une «grande cave», appartenant à la famille Rouvinez, les Caves Orsat, à Martigny, et leur Primus Classicus 2015, signé Christian Salamin.

Deux blancs «historiques» complètent le tableau. D’abord, le fendant du Domaine du Grand-Brûlé 2015, de l’Etat du Valais, à Leytron, un chasselas classique, et le Johannisberg Goldtropfen 2015, cultivé amoureusement par des passionnés de Salquenen, Reinhard et Christian Schmid, entre Salgesch et Varen : c’est la deuxième fois que ce vin obtient le titre suprême.

Palmarès à Zurich pour les rouges vaudois

Et pour les Vaudois ? Le journaliste Martin Kilchmann, une des références du vin en Suisse alémanique, rédacteur en chef de l’édition suisse du magazine autrichien Falstaff, et collaborateur régulier de la SonntagsZeitung, vient de publier les résultats de ses dégustations de vins rouges vaudois. Là encore, les noms les plus cités du vingoble vaudois arrivent en tête.

Certes, il ne s’agit pas d’un concours à base large, comme les Etoiles du Valais, mais d’une dégustation à partir d’une sélection. On ne peut pas exclure que des producteurs émergents (comme l’invisible et original Christian Dugon…) passent les mailles du filet. Pourtant, dans le numéro de décembre 2016 de Falstaff, près de 50 vins vaudois sont notés et cités.

Le «best off» du pays de Vaud rouge place, à 93 points, deux vins du président d’Hammel, Charles Rolaz, le merlot Apicius 2013, du Clos du Châtelard, à Villeneuve, et la Syrah 2014, du Clos de la George, à Yvorne et le Pinot noir La Girarde 2012, du Domaine La Colombe, Raymond Paccot, à Féchy.

A 92 points, un trio formé de la Cuvée Charles-Auguste 2012, du Domaine de Crochet, de Charles Rolaz/Hammel, la Syrah, cuvée S 2013, de Saint-Saphorin, des Grognuz père et fils, Marco et François, et la Cuvée d’Entreroches 2013, du Château d’Eclépens, de François de Coulon, en Côtes-de-l’Orbe.

Troisième trio à 91 points, avec le merlot Le Bernardin 2014, collection Bernard Ravet, Cidis, signé Rodrigo Banto, encore un vin de Charles Rolaz/Hammel, la Côte Rousse 2013, du Domaine du Montet, à Bex, et le pinot noir Cuvée Prestige 2014, du Domaine de la Croix, de Bernard Cavé, à Ollon.

Plus loin dans la même édition, le seul vin noté à 91/100, est le Merlotissimo Mythologie, Domaine La Pierre Latine, à Yvorne, de Philippe Gex et Bernard Cavé. L’œnologue chablaisien place encore sous son nom une Syrah d’Ollon 2015, en vin de pays, à 90 + et, à 90, son Gamaret 2015, en vin de pays aussi, même s’il est désormais vaudois, et son assemblage Mouvement à Trois Temps 2014, à l’étiquette dessinée par le hockeyeur Eric Walsky, ainsi que l’alter ego en Mythologie du merlot, le Pinottisimo 2015.

A 90 +, on trouve le Gamaret 2014 du Domaine H. Cruchon, à Echichens, La Réserve Rouge 2014 de La Colombe, de Raymond Paccot, à Féchy, et le Distinguo 2014 de Cidis, signé Rodrigo Banto.

A 90, le Servagnin 2014 du Domaine H. Cruchon, à Echichens, l’Anthology 2014, assemblage de Saint-Saphorin, des Grognuz père et fils, Marco et François, deux vins de Hammel et de son président, Charles Rolaz, Anthologie 2013, du Clos du Châtelard sur Villeneuse, et le Quintessencia 2013, du Domaine du Montet, ainsi que la Cuvée Unique 2014 de Bolle & Cie à Morges et le Merlot Lettres de Noblesse 2014 de Badoux Vins.

Les mêmes vins, à quelques nuances près, sont cités dans la Sonntagszeitung, en trois classes de prix : économy à moins de 20 francs (Gamaret 2014, Cruchon, devant le Château de Châgnéréaz rouge 2015 et le Gamay Noire Agathe 2015 de Bernard Cavé), business entre 20 et 30 francs (La Colombe Rouge Réserve, devant Distinguo et le Servagnin de Cruchon), enfin, first, à plus de 30 francs (Merlot Apicius/Hammel, devant La Girarde/Paccot, la Syrah du Clos de la George/Hammel, la Syrah S de Grognuz et le merlot Le Bernardin de Cidis/Banto), le moins cher des plus onéreux, à 33.80 fr., pour 42 fr. pour la syrah du Clos de la George. Et 50 fr. pour les Mythologies de Gex-Cavé et 52 fr. pour Quintessencia/Hammel et 55 fr. pour la Syrah 2015 vin de pays de Bernard Cavé. La notoriété et la rareté du vin, en Valais comme en Pays de Vaud, tire, naturellement, les prix vers le haut…

Et on regrettera au passage que la santé précaire de la presse romande ne permette plus de se livrer à ce genre d’exercice d’envergure, alors que trois magazines suisses «papier» sur le vin se tirent la bourre chaque mois outre-Sarine, le WeinZeitung (dont on attend le classement annuel des 100 meilleurs vins suisses), Falstaff et Vinum, le seul à disposer (encore…) d’une édition romande.

©thomasvino.ch