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Posté le 21 décembre 2016 dans Vins français

Janvier: faire son marché en Côte-Rôtie

Janvier: faire son marché en Côte-Rôtie

C’est une des premières dégustations-ventes de l’année : le 89ème marché aux vins d’Ampuis, au cœur de l’AOC Côte-Rôtie, au sud de Lyon, se tiendra du vendredi 20 à 11 h. au lundi 23 janvier 2017 à 19 h. L’an passé, 15’000 visiteurs s’y sont pressés, dont de nombreux Suisses.

Auparavant, dans le style de la Paulée de Meursault, une «tablée» réunira, pour la deuxième fois, au Château d’Ampuis les invités triés sur le volet d’une trentaine de vignerons. Ils partageront les accords mets et vins signés de deux grands chefs, Régis Marcon et Emmanuel Renaut, triples étoilés Michelin tous deux. Au Marché, on retrouvera 60 vignerons et maisons de négoce qui feront déguster (et vendront à emporter) 200 vins des AOC Côte-Rôtie, Condrieu, Saint-Joseph, Cornas, Hermitage, Saint-Péray et Crozes-Hermitage.

Avec les co-présidents du syndicat des Côtes-Rôties, Michel Gérin et Christophe Semaska, une escouade de vignerons est venu présenter le tout, avec une dégustation des millésimes 2012, 2013, 2014 et 2015, à l’Hôtel Beau-Rivage, à Genève.

Les producteurs ont beau jeu de présenter les trois premiers millésimes comme «grands, mais tous différents». Disons qu’ils sont avant tout différents et que leur éventuelle grandeur se révélera, pour les meilleurs, dans le temps.

Dans une petite appellation (275 ha et 70 metteurs en marché) qui mise sur la syrah avec un peu de viognier (toléré à hauteur de 20% dans l’assemblage), le 2012 est réputé fruité et léger, le 2013, structuré et tannique, avec peu d’expression de fruit, le 2014, plus épicé et expressif, mais aux tanins bien présents, en attendant le 2015 solaire, donc riche et opulent.

Malgré une dégustation à étiquette découverte, les vignerons les plus connus de l’appellation s’en sont le mieux tirés. A noter que la plupart des domaines proposent deux ou trois cuvées : une première autour de 35 euros et une seconde ou une troisième, parfois parcellaires, à 70 euros et davantage. L’élevage joue un grand rôle et des cuvées luxuriantes, élevées en bois neuf dépassent les 150 euros.

Ci-dessous, quelques uns des vins appréciés ce jour-là :

*** Fortis 2013, Domaine du Monteillet, Stéphane Montez

Beau nez, belle structure ; de la fraîcheur, du fruit, finale sapide ; long en bouche.

*** Viallière 2013, Domaine Clusel-Roch

Nez goudronné, attaque fraîche, arômes mûrs ; un vin extrait, long et complexe.

** Patrick Jasmin 2013

Nez de cuir, de tabac ; attaque sur le gras ; bonne structure ; un vin déjà équilibré, à l’élégance classique.

** Pierre Gaillard 2013

Nez un peu vieux style, avec un léger boisé ; jolie concentration ; attaque fraîche, long, poivré, avec une pointe de végétal…

** Fructis Voluptis 2013, Jean-Paul Jamet

Nez goudronné ; attaque puissante, sur le fruité, notes de café vert ; bien construit.

** Côte Rozier 2013, Bonnefond

Beau nez, avec des notes boisées et vanillées luxuriantes ; joli fruit en bouche ; un peu trop extrait peut-être…

** Serine Noire 2013, Gangloff

Nez discret, avec des notes de violette ; attaque assez tendre ; bien balancée entre fraîcheur et acidité ; finale un peu végétale et amère.

** Terres Sombres 2013, Yves Cuilleron

Nez encore marqué par le bois ; attaque sur le fruité ; du gras et une rétro agréablement fruitée ; paraît moins tannique que d’autres 2013…

** La Porchette 2015, Julien Pilon

Un des deux 2015 : joli sujet, au nez épicé, à l’attaque grasse, à la fois souple et tannique, avec des arômes floraux de violette, bien typé syrah en rétro.

** Domaine de Corps de Loup 2012

Nez floral, de violette ; tannique, mentholé ; finale un peu végétale, mais (un peu plus) réussi que les autres 2012 présentés, un millésime assez vert et court.

*Promesse 2014, Christophe Pichon

Nez un peu fermé, puis du fruité, de la fraîcheur, avec des notes un peu végétales et une impression de réduction en bouche (laine mouillée), qui devrait disparaître avec le temps…

©thomasvino.ch