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Posté le 23 mars 2017 dans Vins suisses

Tous les vins de La Côte sous un même toit

Tous les vins de La Côte sous un même toit

Le cœur de la Côte : c’est ainsi que le village éclaté de Mont-sur-Rolle se présente. Et c’est là que devrait s’ouvrir une Maison des vins, regroupant tous les crus de la Versoix à la Venoge, les deux rivières qui marquent la frontière avec Genève, à l’ouest, et l’agglomération lausannoise, à l’est. «La Côte représente en surface la moitié du vignoble vaudois», rappelle Luc Pellet, vigneron-encaveur à Mont-sur-Rolle, et président du comité qui pilote ce projet.

Par Pierre Thomas

A l’ouverture, en automne 2019, il aura fallu près de dix ans pour que cette idée rassembleuse se concrétise. A ce jour, le tour de table financier n’est pas terminé. Défini comme un «projet de développement régional agricole», cette maison devrait obtenir un subventionnement de la Confédération, du Canton et de la région. Elle associera les vins et les produits du terroir, comme les fromages du Jura, les charcuteries et les produits du lac Léman. «Tout ce qui est de qualité : un verre de chasselas et une terrine de féra, c’est le top !», s’enthousiasme Luc Pellet.

«Il faut que les vignerons adhèrent au projet», commente le président. Appel a été lancé pour qu’ils occupent, avec leurs vins, une centaine de casiers. Ticket d’entrée : 2’500 francs à fond perdu. Quatre cinquièmes des casiers avaient trouvé preneurs à fin 2016. Pour le reste, en attendant une décision des pouvoirs publics (Confédération, canton, région) en septembre prochain, il n’y a pas (encore) eu d’autre recherche de fonds, de sponsors ou d’appel de dons, pour un projet devisé à quelque 4,5 millions de francs.

Dans le terrain, les choses avancent. Le paysage de Mont-sur-Rolle est sous contrôle : on ne peut pas y construire ce qu’on veut et où on veut ! D’où l’idée de lancer un concours d’architecture, à fin 2015. Bonne surprise : cent dossiers ont été rendus par des bureaux d’architectes. Siégeant sous la présidence du professeur de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, Bruno Marchand, le jury est «tombé amoureux» du projet placé au premier rang, du bureau Archi-DT à Montreux (images de synthèse de cet atelier). Epousant le terrain déjà délimité dans son environnement immédiat par des murs de vigne, il propose de jouer sur deux rampes inversées, parallèles à la route, avec une vaste terrasse publique. Car l’endroit est un véritable mirador, qui embrasse le Léman dans sa plus grande longueur, avec le Mont-Blanc en face.

A l’intérieur, les locaux sont modulables : accueil, bar à vins, casiers des vignerons, puis un espace lounge et deux salles, l’une multi-usage, l’autre pour des séminaires. Les locaux doivent pouvoir accueillir autant le touriste attiré par la dégustation des vins du coin que des œnophiles avertis, tout en proposant des mets simples du terroir ou accueillir un traiteur pour des repas à thème, des cours mets et vins et des repas de mariage.

Dès le feu vert financier, le comité de pilotage souhaite associer le (ou la) futur(e) gérant(e) : «Le plus imaginatif ne pourra pas faire vivre le lieu tout seul: il faudra savoir adapter l’offre à la demande. Ce sera un gros défi», explique Luc Pellet, 58 ans, qui espère bien voir l’achèvement de ce projet de longue haleine pour ses 60 ans : «On offrira la plus belle collection au monde des vins de La Côte et on entend faire partie des incontournables entre Genève et Lausanne.»

Paru dans Vaud Oenotourisme de mars 2017

©thomasvino.ch