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Posté le 15 mai 2017 dans Vins suisses

Lauriers de Platine Terravin rouge 2017 : double coup de Bol(le)

Lauriers de Platine Terravin rouge 2017 : double coup de Bol(le)

Dans un concours, surtout quand une vingtaine de dégustateurs se prononcent, il faut de la chance pour décrocher le titre de meilleur vin. A Soleure, lors des premiers Lauriers de Platine rouges du label vaudois Terravin, la Maison Bolle, à Morges, en a eu, du… bol. Deux de ses vins, évidemment dégustés à l’aveugle, sont arrivés en finale.

Et c’est un pinot noir 2015 qui s’est imposé, notamment grâce à la constance des dégustateurs suisses alémaniques, journalistes et personnalités locales, dont le restaurateur Andy Zaugg, promu au grade de «commandeur des vins vaudois», huitième de son rang, par le président de l’Office des vins vaudois, Pierre Keller.

Ce concours était une double première. D’abord pour les vins rouges vaudois, qui n’avaient jamais eu l’honneur d’une telle finale des «coqs» de Terravin. Ensuite pour le lieu de compétition hors Pays de Vaud : les Lauriers de Platine réservés au seul chasselas vaudois se déroulent depuis neuf ans à Crissier.

Le choix entre l’ancien et le moderne

L’an passé, le label Terravin, initié par la Fédération vaudoise des vignerons et présidé par Pierre Monachon, a vendu 2,5 millions de vignettes, apposées sur les bouteilles (dont 405’000 de rouge). C’est moins de 10% des vins vaudois AOC. Le chasselas émarge au label à 66%, le vin rouge à 23%. C’est à peu près identique à la production, tandis que, selon la surface, le chasselas occupe 60% du vignoble vaudois, pour 13% dévolus au pinot noir, 10% au gamay et 7% partagés entre le gamaret (4%) et le garanoir, souvent assemblés.

Tous deux vinifiés par le maître caviste Jean-François Crausaz, responsable technique chez Bolle & Cie SA à Morges (qui fait partie du groupe Schenk, à Rolle), les finalistes représentaient bien deux des aspects des vins rouges vaudois. Le vainqueur, un pinot noir 2015, Grand Cru de La Côte, du Domaine de Sarraux-Dessous, avec une aromatique de fruits rouges et de cerises reconnaissable et une agréable finesse. Il a triomphé, en duel ultime, du gamaret-garanoir Les Dioscures 2015, de la même maison, mais en AOC Vaud, un vin plus technique, plus puissant, avec une belle densité de fruits noirs en milieu de bouche, et une touche de boisé. En fait, les raisins des deux vins viennent du même Domaine de Sarraux-Dessous, de 18 hectares, situé à Luins, appartenant au pépinériste rollois Rosset, allié aux familles Schenk et Bolle, devenue une fondation. Ce grand domaine, cultivé par Eric Barbay, membre de l’association Clos, Domaines et Châteaux, est aussi réputé pour son gamay.

A g., le maître caviste JF Crausaz, à droite le directeur Blaise Hermann, de Bolle & Cie SA à Morges.

Champions du chasselas, aussi!

Au troisième rang, figure un autre gamaret-garanoir 2015, La Vaudoise des Quatre Vents Grand Cru, des jeunes frères Laurent et Nicolas Martin, à Perroy, devant un Chardonne Grand Cru 2015, Cardona (gamaret, garanoir, gamay), de Jean-François Neyroud. Les trois domaines sont également réputés pour leur chasselas : Bolle a remporté les Lauriers de Platine avec un Féchy Filet d’or en 2015 (millésime 2014) et les frères Martin en 2007 déjà (ex-aequo avec Les Blassinges, de Pierre-Luc Leyvraz).

Les 16 vins rouges sélectionnés pour cette finale l’avaient été parmi 32, choisis au fil des dégustations du label, tout au long de l’année. Sur ces 16 finalistes, 12 provenaient des pieds du Jura, répartis entre La Côte (8) et les Côtes-de-l’Orbe (4), pour 3 Lavaux et 1 Dézaley. Mais aucun Bonvillars, aucun Chablais et aucun Vully… La plupart des vins étaient des assemblages et l’unique pinot noir a tenu bon jusqu’au bout !

Les plus gros contributeurs et bénéficiaires du label Terravin sont les Artisans-vignerons d’Yvorne (270’000 vignettes), Patrick Fonjallaz, à Epesses (178’000), la Cave de la Côte à Tolochenaz (126’000), Obrist à Vevey (groupe Schenk, 124’000) et la Cave de Bonvillars (122’000).

©thomasvino.ch